Syrie: quel rôle pour Bachar al-Assad à l'avenir?

Syrie: quel rôle pour Bachar al-Assad à l'avenir?
Syrie: quel rôle pour Bachar al-Assad à l'avenir? - © LOUAI BESHARA - AFP

Les réunions internationales à propos de la Syrie se succèdent. Les ministres des Affaires étrangères du G7, réunis lundi et mardi en Toscane, optent pour un départ de Bachar al-Assad. Les ministres russe, iranien et syrien des Affaires étrangères doivent se rencontrer à Moscou en fin de semaine.

Hasni Abidi, politologue, spécialiste du monde arabe, directeur du CERMAM, le Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen basé à Genève, explique pourquoi on a l’impression que chacun discute dans son coin : "Il y a une quête de vérité de part et d’autre, d’abord des pays européens. Avec les Américains, la réunion du G7 a permis de lever le doute sur le positionnement, et surtout la position de la nouvelle administration, quant à la crise syrienne, et surtout quant au sort. C’est pour ça que cette réunion a scellé le sort de Bachar al-Assad puisqu’on avait des doutes sur son avenir au terme de la transition."

"Le deuxième élément important, c’est bien sûr que cette réunion a permis en tout cas aux Européens de convaincre les Américains de les soutenir dans cette série de sanctions contre le régime syrien. C’est un élément important à la fois sur le plan pédagogique, mais sur le plan du contenu, cela confirme que le président syrien est au pouvoir parce qu’il est soutenu par Moscou. C’est un élément très positif."

Qu'est-il possible de faire sans Bachar al-Assad ?

"La question, c’est est-ce qu’on a avancé avec Bachar al-Assad ? Ni sur la lutte contre l’État islamique ni sur la question des autres mouvements terroristes, comme Front al-Nosra ou les autres, ils sont un des groupes terroristes. Est-ce que Bachar al-Assad a la capacité de consolider ce qu’il a acquis maintenant sur le plan militaire ? Est-ce qu’aujourd’hui il est légitime pour se présenter encore une fois dans une nouvelle élection présidentielle, ou même proposer une nouvelle constitution, c’est son objectif ? C’est difficile", explique Hasni Abidi.

"En revanche, le rôle de son régime dans la phase de transition, comme le disaient la résolution 2254 ou Genève 1 et Genève 2, qui restent les deux cas de référence importants dans la crise syrienne, est important. On peut négocier avec Bachar al-Assad pour son départ, mais on ne peut pas négocier pour son maintien parce qu’on sait qu’il fait désormais partie de la problématique en Syrie."

Ces dernières heures, il y a eu une grande polémique aux États-Unis après des déclarations du porte-parole de la Maison Blanche qui a affirmé que Bachar était pire qu’Hitler. Est-ce que ça a du sens ? Comment expliquer ces propos dans la politique actuelle des États-Unis ? "Évidemment, ça n’a pas de sens. Je crois que la Syrie a besoin plutôt d’une approche cohérente de la part de la communauté internationale, de la part des Européens et des Américains, et on sait très bien le blocage qui va probablement aussi avoir lieu avec cette nouvelle résolution".

"Il faut rappeler une chose, c’est que les Français et les Britanniques ont essayé de faire adopter des résolutions qui demandent la sécurisation du couloir humanitaire. La dernière résolution ne demande pas autre chose qu’une commission d’enquête. Si Moscou a des doutes sur l’origine de l’usage des armes chimiques, il faut laisser la Commission internationale enquêter sur place, aller jusqu’à Damas. Ça n’a pas été fait. Même la quête de vérité de la part des Nations unies, elle est bloquée par Moscou, ce qui a encouragé bien sûr ces déclarations. On sait très bien que le fonctionnement américain quand les États-Unis sont engagés dans une guerre, après la frappe aérienne, malheureusement, ça amène à ce genre de dérapages qui ne vont pas dans le bon sens."

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