Syrie: premiers combats entre l'EI et les Kurdes à l'entrée de Kobané

"La guérilla urbaine a commencé et des combats se déroulent pour la première fois dans des quartiers à l'entrée Est de Kobané, Maqtala al-Jadida et Kani Arabane. Les djihadistes et les Kurdes s'affrontent dans les rues, entre les immeubles", a déclaré à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. "Plusieurs centaines de civils résidant dans les quartiers est ont fui vers la Turquie voisine face à la progression des jihadistes", a-t-il indiqué.

Quelques heures auparavant, les djihadistes de l'EI avaient planté les drapeaux noirs de l'organisation extrémiste à une centaine de mètres à l'est et au sud-est de Kobané, troisième ville kurde de Syrie connue également sous le nom d'Aïn al-Arab. "Par la suite, les djihadistes ont avancé davantage vers l'intérieur de la ville et les affrontements ont éclaté dans ces deux quartiers", a précisé Rami Abdel Rahmane.

L'EI tente depuis trois semaines de conquérir cette ville clé pour s'assurer le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque, mais faisait face à une défense kurde farouche. La ville revêt une grande importance pour les Kurdes, qui ont mobilisé les combattants de l'YPG (Unités de protection du peuple kurde) pour la défendre mais ceux-ci sont moins nombreux et moins bien armés que les djihadistes, équipés notamment de chars.

Dimanche, une combattante kurde de 20 ans a mené un attentat suicide contre une position de l'EI à l'est de la ville, provoquant la mort de "dizaines" de djihadistes, selon des sources kurdes.

Les frappes aériennes conduites par la coalition américano-arabe ces derniers jours n'ont pas empêché la progression de l'EI qui sème la terreur dans territoires qu'il contrôle en Syrie et en Irak. Craignant un "massacre", les Kurdes ont réclamé à la communauté internationale davantage d'armes pour faire face à ces djihadistes qui n'hésitent pas à décapiter, lapider ou crucifier leurs ennemis.

L'OTAN prête à soutenir la Turquie

L'OTAN s'est dit prête à soutenir la Turquie en cas de menace de la part du groupe terroriste État islamique (EI), a déclaré lundi à Varsovie le nouveau secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg.

"La Turquie est une alliée de l'OTAN et notre première responsabilité est de protéger l'intégrité et les frontières de la Turquie. C'est la raison pour laquelle nous y avons déployé des missiles Patriot : afin d'améliorer, de renforcer sa défense aérienne", a-t-il indiqué à la presse dans la capitale polonaise où il effectue sa première visite à l'étranger depuis l'entrée en fonctions le 1er octobre.

"La Turquie devrait savoir que l'OTAN sera là s'il y a un débordement, une attaque (...) en conséquence des violences que nous voyons en Syrie", a-t-il insisté. Le secrétaire général de l'OTAN a déploré "la situation très très sérieuse" dans ce dernier pays.

"Nous sommes bien sûr très concernés par la violence en Syrie. Nous sommes choqués par les atrocités terrifiantes commises par l'organisation terroriste EI", a déclaré Jens Stoltenberg avant de saluer les opérations engagées contre l'EI par les États-Unis, des alliés de l'Otan et des partenaires régionaux.

Au moins 20 djihadistes tués la nuit en tentant d'entrer à Kobané

Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins 20 "djihadistes ont péri dans une embuscade des YPG (Unités de protection du peuple kurde) après avoir pénétré (...) dans le secteur est de Kobané", à quelques kilomètres de la frontière turque, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"C'est la première fois que l'EI tente de pénétrer à Kobané" depuis l'offensive lancée le 16 septembre par les djihadistes contre cette troisième ville kurde de Syrie, farouchement défendue par les combattants des Unités de protection du peuple (YPG). "Les Kurdes, qui sont préparés à une guérilla urbaine, les ont attaqués avec des balles et des bombes", a précisé M. Abdel Rahmane.

L'infiltration intervient dans le cadre d'une offensive à l'est et à l'ouest de Kobané, repoussée par les combattants kurdes. L'EI veut conquérir cette ville clé pour s'assurer le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque, selon l'OSDH. Mais, après près de trois semaines d'offensive, ils n'ont pas réussi à faire tomber la troisième ville kurde de Syrie.

Les djihadistes contrôlent cependant "de larges parts de Machtanour", une colline stratégique aux portes Est de la ville, et qui, s'ils la prenaient entièrement, placerait Kobané dans la ligne de mire des djihadistes.

L'armée turque évacue sa zone frontière face à Kobané

Les forces de sécurité turques ont utilisé lundi des gaz lacrymogènes pour éloigner de la frontière turco-syrienne des dizaines de journalistes et de civils, pour l'essentiel kurdes, qui suivent le siège de la ville syrienne de Kobané, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Partez ou nous interviendrons", ont sommé par haut-parleur les forces de sécurité avant de noyer la zone sous un nuage de gaz.

Les médias et les civils qui assistent tous les jours aux violents combats qui opposent les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) aux combattants kurdes pour le contrôle de Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe) ont été repoussés à près de 700 m de la ligne qui sépare la Syrie et de la Turquie.

Dimanche déjà, les forces de sécurité avaient eu recours aux gaz lacrymogènes pour éloigner les curieux de la zone frontière, où plusieurs obus de mortiers d'origine inconnue sont tombés ces derniers jours à l'intérieur du territoire turc.

L'armée d'Ankara a procédé dimanche à l'évacuation de deux petits villages frontaliers après la chute d'un obus sur une maison des faubourgs de la ville de Suruç (sud) qui a fait cinq blessés.

Un nouveau groupe islamiste se joint à l'EI

Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, groupe islamiste lié à Al-Qaïda et actif en Afghanistan et dans les zones tribales pakistanaises, a par ailleurs annoncé son soutien au groupe terroriste État islamique (EI), qui s'est récemment emparé de larges pans de territoires en Irak et en Syrie.

"Au nom de tous les membres de notre mouvement et en accord avec nos devoirs sacrés, je déclare que nous sommes dans les mêmes rangs que le (groupe) État islamique dans cette guerre entre l'Islam et les kufr (les mécréants, ndlr)", a déclaré un dirigeant du Mouvement islamique d'Ouzbékistan, Ousman Gazi, dans un récent communiqué.

Le dirigeant du Mouvement islamique d'Ouzbékistan ne parle toutefois pas d'allégeance à l'organisation État islamique.

Ousman Gazi salue le refus du groupe terroriste État islamique de reconnaître les frontières entre États et a indiqué espérer que le groupe prendrait bientôt le contrôle de la Palestine et des lieux saints de La Mecque et Médine.

Créé dans les années 1990, le Mouvement islamique d'Ouzbékistan est considéré comme une organisation terroriste notamment par les États-Unis. Selon l'ONU, plusieurs de ses dirigeants ont occupé de hauts rangs au sein d'Al-Qaïda. Le groupe a affirmé que ses combattants ont été impliqués dans une attaque sur l'aéroport international de Karachi (sud du Pakistan), qui a fait 37 morts en juin.

RTBF avec Belga

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