Syrie: les violences contre les manifestants se poursuivent

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Au moins 48 civils ont été tués vendredi en Syrie lors des manifestations contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, la plupart à Deraa dans le sud du pays, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. L'Union européenne va sanctionner le régime syrien.

L'Observatoire a fait état de 32 morts dans la province de Deraa (sud), 15 dans celle de Homs (centre) et un à Lattaquié (nord-ouest). Des dizaines de milliers de Syriens ont manifesté vendredi contre le régime dans l'ensemble du pays.

Six semaines après le début du mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Bachar al-Assad, "les jeunes de la révolution syrienne" avaient appelé sur Facebook à un "vendredi de la colère" en solidarité avec Deraa, berceau de la révolte, assiégé depuis lundi par l'armée.

Dans la ville industrielle de Homs (centre), des milliers de personnes ont crié "à bas le régime", d'après des vidéos filmées par des militants et diffusées pour la première fois en temps réel sur internet. A Deir Ez-Zor, à 460 km au nord-est de Damas, un millier de protestataires sortis des mosquées Al-Farouk et Al-Othman ont été dispersés "à coups de bâtons et de câbles électriques" par les forces de sécurité, a affirmé à l'AFP Nawaf al-Bachir, un militant des droits de l'Homme. Et à Ar Raqqa, à 540 km au nord-est de la capitale, 300 à 400 personnes ont crié "Dieu tout-puissant, faites que le siège à Deraa soit levé", selon Abdallah al-Khalil, membre d'une association de défense de droits de l'Homme.

Manifestations interdites

Les autorités avaient cependant rappelé l'interdiction de manifester: "Dans les circonstances actuelles, le ministère de l'Intérieur appelle les citoyens à s'abstenir de mener des manifestations ou des sit-in sous n'importe quel slogan, sans autorisation officielle", selon un communiqué diffusé par l'agence officielle Sana. "Les lois en vigueur seront appliquées afin de préserver la sécurité des citoyens et la stabilité du pays", avait ajouté le ministère. Le 19 avril, M. Assad avait promulgué un décret obligeant les organisateurs de manifestations à obtenir au préalable une autorisation officielle dans ce pays dirigé d'une main de fer par un parti unique, le Baas, depuis 1963.

L'armée a affirmé que quatre soldats syriens ont été tués et deux autres enlevés vendredi à l'aube lors d'une attaque contre un poste militaire à Deraa (sud) par un "groupe terroriste armé". Plus tôt dans la journée, un militant à Deraa, Abdallah Abazid, avait déclaré à l'AFP que quatre soldats avaient "été tués en défendant les habitants". "Nous sommes des gens pacifistes, à aucun moment nous n'avons porté les armes ni contre l'armée ni contre les services de sécurité", a affirmé M. Abazid.

L'Europe va sanctionner le régime syrien 

L'Union européenne a l'intention de décréter un embargo sur les armes et de préparer d'autres sanctions contre le régime syrien en réponse à la répression sanglante des manifestations dans le pays, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques à Bruxelles. "L'UE entame dès maintenant les travaux en vue d'un embargo sur les armes et d'autres sanctions", a indiqué un diplomate européen à l'AFP.

L'UE lance les préparatifs en vue d'un embargo sur les armes et le matériel de répression et va également préparer urgemment des mesures additionnelles appropriées, a indiqué un autre diplomate.

Les ambassadeurs des 27 Etats européens, réunis à Bruxelles, ont chargé vendredi leurs experts de plancher sur l'élaboration de ces sanctions, une procédure qui peut se dérouler assez rapidement, selon des diplomates. Outre l'embargo sur les armes, il pourrait s'agir de gels d'avoirs et d'interdictions de visa à l'encontre des responsables de la répression. Une liste des personnes visées par ces sanctions devrait encore être établie.

Parmi les autres options discutées vendredi par les ambassadeurs européens figuraient le principe d'une suspension de la coopération avec les autorités syriennes ainsi que le retrait de l'offre de signer un accord d'association qui accorderait d'importants avantages commerciaux à Damas.

Le régime fait état de huit soldats tués par les "terroristes"

Huit soldats et un policier syriens auraient été tués au total vendredi dans des attaques de "groupes terroristes", a annoncé un porte-parole militaire cité par l'agence officielle Sana.

L'armée avait annoncé vendredi matin la mort de quatre soldats à Deraa (sud), foyer de la contestation contre le régime du président Bachar al-Assad.

En soirée, le porte-parole militaire avait annoncé qu'un cinquième soldat avait été tué et deux autres blessés dans la région de Deraa, lorsque des "groupes terroristes armés" ont attaqué "en grand nombre" les maisons de familles de militaires dans les villages de Seïda et Tafas.

"Des dizaines de personnes ont été tuées et blessées parmi ces groupes, et 156 ont été arrêtées", a-t-il précisé.

Par ailleurs, trois autres soldats ont été tués lorsqu'un "autre groupe terroriste a tenté de bloquer la route principale entre Homs et Hama (nord de Damas), près des villages de Talbissi et d'El Rustun", selon le porte-parole militaire, qui fait état de "blessés et de tués" dans les rangs du "groupe terroriste".


AFP
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