Syrie: les rebelles auraient abattu un chasseur de l'armée

Syrie: les rebelles abattent un chasseur de l'armée
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Syrie: les rebelles abattent un chasseur de l'armée - © Tous droits réservés

Les rebelles affirment avoir abattu un avion de combat. L'armée syrienne a bombardé lundi des quartiers de la capitale et mené pour la première fois une campagne de perquisitions de grande envergure dans la vieille ville de Damas. L'armée est aussi entrée à Seif al-Dawla, un quartier tenu par les rebelles dans l'ouest d'Alep. Des vidéos montrant des atrocités circulent sur internet.

Des affrontements ont eu lieu dans la ville rebelle de Harasta, au nord-est de la capitale, de même qu'à Deir Ezzor (est) et dans plusieurs localités tenues par les rebelles dans cette région proche de l'Irak. Alors que les violences ont fait plus de 21 000 morts depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le président Bachar al-Assad, rebelles et armée se sont livrés à de nouvelles atrocités ces derniers jours.

Des vidéos particulièrement horribles montrant des rebelles syriens jetant des corps du toit d'un bâtiment ou égorgeant sauvagement un homme ont circulé lundi sur internet et suscité l'indignation des ONG des droits de l'Homme et de militants. Ces trois vidéos postées sur Youtube, qui n'ont pu être ni authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région septentrionale d'Alep, montrent aussi un homme assassiné froidement.

A Homs (centre), des soldats aidés de miliciens ont "exécuté" dimanche dix jeunes choisis parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place du quartier de Chamas, selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition. Cette information n'a pas été confirmée par l'OSDH qui a parlé d'échange de tirs.

Un journaliste de l'agence officielle Sana, Ali Abbas, a été assassiné samedi soir à son domicile dans la province de Damas, ont indiqué l'agence et l'OSDH.

La rébellion affirme avoir abattu un avion de combat, une première

Les rebelles syriens ont affirmé lundi avoir abattu un avion de combat MiG 21 dans l'est de la Syrie à l'aide d'armes de défense anti-aériennes, une perte confirmée par une source militaire qui l'a attribuée cependant à une panne technique. Le porte-parole de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) Kassem Saadeddine, a affirmé que l'ASL avait abattu l'avion de combat de l'armée régulière dans la région orientale de Deir Ezzor, "avec une balle de 14,5 mm tirée par une mitrailleuse anti-aérienne".

Une vidéo amateur mise en ligne par des militants sur Youtube avec le logo "jeunesse révolutionnaire du pays de l'Euphrate" montre un appareil apparemment touché, sur fond de tirs nourris. "Un Mig a été touché dans la ville de Mouhassan", 400 km à l'est de Damas, crie un homme non identifié. Une boule de feu s'achappe de l'avion suivie par une traînée de fumée grise.

Une source militaire citée par l'agence officielle Sana a attribué la chute de l'appareil à une "panne technique" qui a paralysé les instruments de pilotage, obligeant le pilote à s'éjecter. Les insurgés affirment avoir capturé le pilote. Une vidéo mise en ligne sur internet montre un homme barbu portant une chemise bleue, assis devant une table et entouré de trois hommes en arme. Il affirme : " Je suis le colonel pilote Moufid Mohammad Souleimane. Ma mission était de bombarder la ville de Mouhassane ", à 400 km à l’est de Deir Ezzor (est).

Perquisitions à Damas

A Alep, l'armée syrienne est entrée avec des chars dans un quartier tenu par les rebelles dans l'ouest de la ville, a affirmé l'OSDH, faisant état d'affontements dans ce quartier, Seif al-Dawla.

L'armée avait lancé la semaine dernière une première offensive terrestre sur un autre quartier de l'ouest d'Alep, Salaheddine, le premier pris par la rébellion. Elle le contrôle en grande partie même s'il subsiste des poches de résistance.

L'OSDH a mentionné des bombardements sur certaines zones de Saladeddine lundi.

A Damas, l'armée syrienne a bombardé certains quartiers et mené pour la première fois une campagne de perquisitions de grande envergure dans la vieille ville.

Les obus se sont abattus au petit matin sur des quartiers du sud de Damas, ainsi que dans la banlieue sud, a affirmé l'OSDH.

Dans le vieux Damas, les services de sécurité ont arrêté 22 personnes et fouillé un cimetière à la recherche d'armes. Des tirs nourris étaient entendus, selon l'organisation basée en Grande-Bretagne, qui se base sur un réseau de militants et de témoins.

La Commission générale de la révolution syrienne a indiqué qu'à Chaghour, "les forces de sécurité ont brisé les portes des magasins qui étaient fermés" pour les contraindre à interrompre leur grève de protestation contre le régime.

Des affrontements avaient lieu également dans la ville rebelle de Harasta, au nord-est de la capitale, de même qu'à Deir Ezzor (est) et dans plusieurs localités tenues par les rebelles dans cette région proche de l'Irak.

A Palmyre, dans le centre du pays, l'armée, appuyée par des hélicoptères, menait des bombardements et affrontait les rebelles de l'ASL.

Selon un premier bilan provisoire de l'OSDH, 5O personnes sont mortes lundi, dont 28 civils.

La veille, les violences en Syrie avaient causé la mort de 146 personnes, d'après la même source.

Assassinat Alors que les violences ont fait plus de 21.000 morts depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le président Bachar al-Assad, rebelles et armée se sont livrés à de nouvelles atrocités ces derniers jours.

Trois vidéos mises en ligne sur Youtube, qui n'ont pu être ni authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région d'Alep, montrent des rebelles syriens jetant des corps du toit d'un bâtiment, égorgeant sauvagement un homme ou en assassinant froidement un autre.

Régime et rebelles sont accusés par des ONG de violations des droits de l'Homme et de meurtres.

Le 8 août pourtant, des activistes et des membres de l'ASL avaient redigé un "code de conduite", s'engageant notamment à respecter les droits de l'Homme.

Malgré l'escalade de la violence et de la répression, la communauté internationale peine à s'accorder sur un règlement de la crise en Syrie.

Sommet islamique

Malgré l'escalade de la violence et de la répression, la communauté internationale peine à s'accorder sur un règlement de la crise en Syrie.

Dans une nouvelle tentative diplomatique, à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite, un sommet réunissant des dirigeants des 57 pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI) doit aborder mardi à La Mecque la question syrienne, qui divise profondément les nations musulmanes.

L'Iran chiite, qui va dépêcher son président Mahmoud Ahmadinejad, affiche un soutien sans faille à Damas, alors que l'Arabie saoudite, sunnite, appuie les rebelles.

"J'espère que le sommet va se focaliser sur le renforcement de l'unité et l'affaiblissement des haines" parmi les pays musulmans, a affirmé M. Ahmadinejad avant son départ.


AFP

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