Syrie: "les pires bombardements" depuis plus d'un an dans les provinces d'Idleb et de Hama

De la fumée au dessus du village syrien de Qasabiye, au sud de la province d'Idlib, le 1er mai 2019.
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De la fumée au dessus du village syrien de Qasabiye, au sud de la province d'Idlib, le 1er mai 2019. - © ANAS AL-DYAB - AFP

Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés russes ont intensifié leurs bombardements des dernières positions rebelles, dans le nord de la province de Hama et le sud de celle d'Idleb, a appris l'agence Reuters jeudi auprès de plusieurs sources.

Les positions visées se trouvent dans la "zone de désescalade" instaurée l'an dernier à la suite d'un accord entre la Russie et la Turquie.

Les derniers éléments de la rébellion qui a lancé il y a huit ans un mouvement armé de contestation du régime de Bachar al Assad sont désormais confinés dans cette enclave située près de la frontière turque et où vivent près de quatre millions d'habitants, dont plusieurs centaines de milliers d'opposants.

Washington a adressé cette semaine des mises en garde aux belligérants, estimant que le retour de la violence déstabiliserait la région.

Les "pires bombardements" depuis plus d'un an 

Le coordinateur régional de l'Onu pour l'aide humanitaire, Panos Moumtzis, a déclaré à Reuters que ces bombardements étaient les pires qu'il ait vu au cours des 15 derniers mois.

Selon lui, 300.000 personnes vivent dans la zone visée par les bombardements.

Près de 140.000 déplacés dans le nord-ouest de la Syrie

L'offensive des forces russes et syriennes a contraint des milliers de personnes à fuir vers des camps situés près de la frontière turque. Selon la défense civile d'Idleb, quatre infrastructures médicales ont été endommagées.

"Depuis février, plus de 138.500 femmes, enfants et hommes ont été déplacés du nord de la province de Hama et du sud d'Idleb", a indiqué mercredi à l'AFP un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), David Swanson.

"Les sites médicaux ont été évacuées, si bien que les plus fragiles n'ont aucun accès aux soins. Nous sommes tout proches d'une catastrophe humanitaire", a commenté Khaula Sawah, vice-présidente de l'Union of Medical Care and Relief Organizations -USA (UOSSM US), une ONG basée aux Etats-Unis.

Selon des secouristes, l'armée syrienne a largué des barils d'explosifs, tuant au moins 15 civils et en blessant des dizaines d'autres.

Selon l'Etat syrien, l'offensive ne vise que des "groupes terroristes" 

La presse d'Etat syrienne, qui cite des sources militaires, accuse les rebelles d'être responsables des combats. Selon les mêmes sources, l'offensive ne vise que des "groupes terroristes" retranchés dans les environs d'Hama.

Les rebelles ont de leur côté annoncé avoir attaqué plusieurs positions tenues par l'armée syrienne, la base de Breideej, notamment, faisant au moins quatre victimes russes.

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