Syrie : le régime s'empare d'une ville stratégique dans la province d'Idleb, selon une ONG

Un homme dans une rue de Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie le 3 août 2019
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Un homme dans une rue de Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie le 3 août 2019 - © Omar HAJ KADOUR

Les forces du régime syrien ont pris le contrôle de la totalité de la ville stratégique de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb (nord-ouest) où elles luttent contre jihadistes et rebelles, a indiqué mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

"Les forces du régime mènent des opérations de déminage" à Khan Cheikhoun, cité située dans le sud de la province d’Idleb, a indiqué le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

La majeure partie de la province d’Idleb et des segments de celles voisines d’Alep, Hama et Lattaquié échappent toujours au contrôle du président syrien Bachar al-Assad, après huit années de conflit et malgré la reconquête de la majeure partie du territoire par le régime.

Cette région, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et abritant des groupes rebelles pro turcs, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens de Damas et de son allié russe, qui ont tué près de 890 civils selon l’OSDH.

Trois civils ont encore été tués par les bombardements aériens mercredi alors que 21 rebelles ou jihadistes ont péri dans les combats ainsi que 10 membres des forces pro régime, a indiqué l’Observatoire.

Mardi, jihadistes et rebelles s’étaient retirés de Khan Cheikhoun ainsi que de secteurs voisins dans le nord de la province de Hama face à l’avancée des troupes du régime, soutenues par Moscou, avait indiqué l’OSDH.

Celles-ci tentent notamment de reprendre le contrôle de l’autoroute Alep-Damas qui traverse la province d’Idleb et Khan Cheikhoun.

Elles sont désormais déployées, selon le directeur de l’OSDH, sur les routes tout autour de Khan Cheikhoun, encerclant ainsi une zone allant du sud de la ville au nord de la province voisine de Hama et fermant les accès à un important poste d’observation turc dans la ville de Morek (dix km au sud de Khan Cheikhoun).

La Turquie, qui soutient certains groupes rebelles, dispose de plusieurs postes d’observation à Idleb et dans ses environs, en vertu d’accords conclus par le passé avec Moscou qui devaient garantir une zone démilitarisée et un cessez-le-feu.

Importants déplacements

Les soldats turcs ne peuvent se retirer qu’à travers des routes sous contrôle gouvernemental, selon M. Abdel Rahmane.

Mais le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a exclu "pour le moment" tout retrait de Morek.

Lundi, les tensions étaient montées entre le régime syrien et Ankara. La Turquie avait dépêché un convoi militaire d’environ 50 véhicules, après l’entrée des forces pro régime dans Khan Cheikhoun.

Mais celui-ci avait dû s’arrêter après des bombardements russes et syriens qui ont tué trois civils, selon Ankara. Les trois morts sont des combattants rebelles pro turcs, selon l’OSDH.

Ankara avait "fermement" condamné l’attaque, exhortant Damas à ne pas "jouer avec le feu".

Le président syrien avait répliqué en affirmant que "les derniers combats à Idleb ont révélé […] le soutien clair et illimité d’Ankara aux terroristes".

Depuis fin avril, plus de 400.000 personnes ont été déplacées par les violences, d’après l’ONU.

Un correspondant de l’AFP a pu voir mercredi des dizaines de camions transportant des personnes fuyant les combats se dirigeant vers le nord de la province d’Idleb, encore à l’abri de la récente escalade des violences.

"Nous continuons à recevoir des informations faisant état d’importants déplacements ayant lieu dans le nord-ouest de la Syrie", a déclaré mercredi David Swanson, porte-parole régional de l’ONU pour la crise en Syrie.

Déclenchée en 2011 après la répression par le régime de manifestations pro démocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes.

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