Syrie: le régime a repris 10% d'une enclave rebelle proche de Damas

Les forces syriennes et leurs alliés ont repris le contrôle de 10% de l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, à la faveur de combats au sol qui se sont intensifiés après une campagne aérienne dévastatrice et meurtrière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Soutenu par son allié russe, le régime de Bachar al-Assad a accentué ces derniers jours les attaques au sol contre les rebelles dans les secteurs périphériques de l'enclave, aux portes de Damas. Après avoir reconquis plusieurs localités, le régime a repris le contrôle de 10% du secteur tenu par les insurgés, a rapporté samedi l'ONG. Ces nouveaux territoires conquis forment un croissant allant de l'est au sud-est de l'enclave rebelle.

"Les forces du régime ont repris le contrôle du sud-est de l'enclave rebelle, le secteur d'Al-Marj, où se trouvent notamment les localités de Nachabiyé et de Hazarma", selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Cette progression rapide est due au fait qu'il s'agit principalement de zones agricoles", a précisé à l'AFP M. Abdel Rahmane.

Le pouvoir syrien ne cache pas son intention de reconquérir l'ensemble de la Ghouta orientale après avoir dépêché des renforts mi-février autour de l'enclave rebelle, où quelque 400.000 civils sont assiégés depuis 2013. Les prorégime contrôlent déjà les deux tiers de la Ghouta, et les rebelles un tiers.

642 civils tués

Évoquant "la progression de l'armée dans la Ghouta orientale", le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Ayman Soussane a assuré que "les terroristes goûteront à la défaite prochainement dans la Ghouta, comme ils l'ont connue à Alep", deuxième ville du pays.

"La superficie de la Ghouta (rebelle) se rétrécit", assure le quotidien pro-étatique al-Watan sur son site Internet.

Avec l'intensification des combats au sol, les raids aériens ont diminué à la faveur d'une trêve quotidienne de cinq heures entrée en vigueur mardi, à l'initiative de Moscou.

Samedi, six civils ont péri, selon l'OSDH. Au total, 642 civils dont 152 enfants ont été tués dans la campagne aérienne d'une rare intensité lancée par le régime le 18 février.

Un couloir humanitaire censé permettre l'évacuation des civils, des malades ou des blessés de la Ghouta et l'entrée de convois d'aides, est resté néanmoins vide. Au grand dam des habitants assiégés qui souffrent de pénuries de nourriture et de médicaments.

Goutha orientale : une tragédie humanitaire JT du 23/02

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