Syrie: situation explosive selon une journaliste RTBF sur place

Manifestation de soutien à Bachar al-Assad à Damas
Manifestation de soutien à Bachar al-Assad à Damas - © LOUAI BESHARA (AFP)

La Ligue arabe a rejeté dimanche une demande de Damas de modifier son plan d'envoi d'une mission de 500 observateurs en Syrie, où le président Bachar al-Assad promet de réprimer les troubles et de ne pas céder aux pressions de l'étranger.

Des religieuses catholiques qui vivent dans un monastère près de Homs ont invité une journaliste de la RTBF à se rendre compte de la situation sur place. Les Chrétiens sont très inquiets de la chute éventuelle du régime, qui a toujours protégé les minorités religieuses.

C'est donc un voyage "accepté" par le régime syrien, mais qui n'en demeure pas moins exceptionnel, vu l'absence presque totale de journalistes étrangers en Syrie. Seuls des clandestins ont pu rentrer depuis le début de la crise il y a 8 mois.

Contrairement à ce que l'on imagine, Homs n'est pas une ville en état de siège. A part quelques barrages policiers la circulation est normale et les magasins sont ouverts.

La mosquée côtoie l'église catholique, à l'image de cette ville multi-confessionnelle.

Les insurgés, des terroristes ?

Seul le quartier sunnite de Bab Amr est concerné par la violence, et pour le gouverneur de la ville, un sunnite, les insurgés sont des terroristes qui prennent la population en otage.

Le patriarche grec orthodoxe renchérit et se demande d'où viennent les armes qu'utilisent désormais les contestataires.

Le jour, tout semble normal, mais la nuit la situation devient extrêmement dangereuse dans certains quartiers.

A l'hôpital de Zahara, les gens se pressent, affolés. Ils montrent des scènes de décapitation qui circulent sur les téléphones portables. Nous saurons plus tard que ces images proviennent de l'agence de presse officielle syrienne.

Dans quel but ? Semer la terreur ? Discréditer l'opposition ?

Ce qui est sûr, c'est que cette opposition , jusqu'ici pacifique, a désormais pris les armes.

A la morgue de l'hôpital, on montre les cadavres de deux abattus par balles et mutilés. Le médecin légiste confirme une escalade de la violence.

Ce qui est sûr, c'est que l'on assiste à une escalade. Les opposants sont passés à la lutte armée, sans doute soutenus par des pays extérieurs, et la Syrie est au bord de la guerre civile, une situation explosive qui risque de déstabiliser toute la région.

Françoise Wallemacq à Homs, un des foyers de la révolte syrienne

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