Syrie: la Russie envoie des navires de guerre dans le port de Tartous

Le navire de débarquement Novotcherkassk, transportant une unité d'infanterie et du matériel militaire, est attendu au cours de la première décade de janvier à la base russe de Tartous, a précisé une source au sein de l'état-major de l'armée russe. Deux autres navires de débarquement, l'Azov et le Nikolaï Filtchenkov, ont également quitté leur port d'attache pour la Syrie, selon la même source.

Les trois navires participeront, selon des médias russes, à des exercices au large des côtes syriennes impliquant des unités des flottes de trois pays.

Début décembre, le Novotcherkassk et un autre navire de débarquement, le Saratov, avaient effectué une escale au port de Tartous, seule implantation navale russe en Méditerranée. Les détail de cette mission n'avaient pas été communiqués.

La base de Tartous, située à 220 kilomètres au nord-ouest de Damas, a été créée en vertu d'un accord conclu en 1971, à l'époque soviétique. Elle est équipée de casernes, de bâtiments de stockage, de docks flottants, d'un bateau pour effectuer des réparations, et emploie une cinquantaine de marins russes, selon les médias officiels russes. Des responsables russes ont indiqué que des préparatifs étaient en cours pour une éventuelle évacuation des ressortissants russes en Syrie, dans l'hypothèse d'une chute du régime du président Bachar al-Assad.

Des combats dans tout le pays

Par ailleurs, l'armée syrienne a bombardé dimanche deux quartiers assiégés de Homs (centre), après avoir repris la veille un autre secteur dans un assaut ayant fait des dizaines de morts, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ces violences interviennent au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière avec 180 morts, dont au moins 23 enfants dans les seules régions d'Alep (nord) et de Damas, selon l'OSDH.

L'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins en Syrie, n'était toutefois pas en mesure de fournir un bilan précis des victimes du violent assaut qui a permis à l'armée de reprendre le quartier de Deir Baalbeh à Homs samedi, en raison de problèmes de communications dans la zone.

Une vidéo mise en ligne par le réseau de militants de la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) a montré les corps de neuf hommes gisant au sol, ensanglantés et défigurés.

Selon l'OSDH et les militants sur place, le siège imposé par l'armée depuis plus de six mois aux derniers quartiers tenus par les rebelles a provoqué une grave crise humanitaire à Homs, ancien coeur industriel de la Syrie et surnommé par les militants anti-régime la "capitale de révolution".

A l'ouest de Homs, l'armée pilonnait la zone contrôlée par les rebelles autour du Crac des Chevaliers, forteresse croisée classée au patrimoine mondial par l'Unesco, selon l'OSDH.

Dans le nord-ouest du pays, les insurgés, en majorité des jihadistes, ont progressé dans le camp militaire de Hamidiyeh, à 2 km au sud de Wadi Deif, l'une des dernières bases militaires encore aux mains de l'armée dans la zone.

De violents combats ont fait dimanche sept morts parmi les insurgés, dont le chef d'un bataillon islamiste, tandis que l'aviation pilonnait deux villages proches de Wadi Deif, a indiqué l'OSDH.

Dans la même province d'Idleb, l'OSDH a rapporté que des rebelles avaient abattu un hélicoptère près de l'aéroport militaire de Taftanaz.

En outre, sept personnes ont péri dans un raid aérien dans la province de Hama (centre), selon l'OSDH, dont un couple et leur fillette.

De violents combats opposaient soldats, appuyés par l'aviation, et insurgés, notamment du Front jihadiste Al-Nosra, à Sfiré, une localité de la province d'Alep, où deux rebelles ont péri, dont l'un lors d'affrontements pour le contrôle de l'aéroport militaire de Menagh.

A Alep même, "huit civils ont été tués lorsqu'une roquette s'est abattue sur un marché".

Près de Damas, l'aviation menait, selon l'OSDH, des raids sur la ceinture est de la capitale, tandis que des renforts militaires affluaient vers Daraya (sud-ouest), dont l'armée tente de reprendre le contrôle.

Dans le sud de Damas, une voiture piégée a explosé dans le camp palestinien de Yarmouk, tuant une femme, selon l'OSDH.

Des combats avaient également lieu dans la province de Deraa (sud) où soldats et rebelles se disputent le contrôle de plusieurs points de passages mineurs le long de la frontière avec la Jordanie, contrôlée par le régime, selon l'OSDH.

Dans la province de Raqa (nord), les chasseurs-bombardiers ont largué leurs redoutables barils bourrés d'explosifs sur plusieurs localités, selon l'OSDH.

Dimanche, 44 personnes ont été tuées en Syrie, dont 27 civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui a recensé plus de 45.000 morts en 21 mois de violences.

Belga

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