Syrie: la répression fait 16 morts, le régime sous pression diplomatique

Photo transmise par l'agence de presse syrienne Sana du président syrien Bachar al-Assad (d) lors d'une émission télévisée à Damas le 30 octobre 2011
2 images
Photo transmise par l'agence de presse syrienne Sana du président syrien Bachar al-Assad (d) lors d'une émission télévisée à Damas le 30 octobre 2011 - ©

La répression des manifestations contre le régime a fait seize nouvelles victimes civiles jeudi. C'est ce qu'affirme l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Alors que la contestation se poursuit à travers la Syrie mais est continuellement écrasée par le régime, les initiatives diplomatiques se multiplient pour faire céder le clan al-Assad. Certains pays arabes ont offert l'asile au dictateur pour hâter sa démission.

Sur le front diplomatique, à l'ONU, la France et les Etats-Unis ont critiqué l'inaction du Conseil de sécurité. Les deux pays ont appelé tous les pays membres à remplir leurs responsabilités. La Russie et la Chine, deux membres permanents, sont toujours réticentes aux sanctions contre le régime syrien.

Pour sa part, le Conseil national syrien, qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a réclamé que le régime syrien soit poursuivi par la Cour pénale internationale, pour violations des droits de l'Homme et génocide. L'opposition syrienne a aussi appelé à soutenir les efforts de l'ONU, en vue d'assurer une protection à la population civile en Syrie, à Homs en particulier.

Sur le terrain, la répression se poursuit dans plusieurs villes de Syrie, notamment dans la capitale Damas, et à Homs, ville considérée comme le bastion de la contestation. Seize civils ont été tués, jeudi, selon des militants syriens des droits de l'homme.

Des dirigeants arabes offrent l'asile à Assad pour qu'il démissionne

Des dirigeants arabes ont indiqué en privé aux Etats-Unis qu'ils proposaient l'asile au président syrien Bachar al-Assad pour le convaincre de démissionner face à la contestation qui agite le pays, a indiqué mercredi au Sénat un responsable du département d'Etat.

"Bachar al-Assad est fini", a affirmé Jeffrey Feltman, le secrétaire d'Etat adjoint pour le Moyen-Orient devant une sous-commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

"Presque tous les dirigeants arabes disent la même chose : le régime d'Assad doit prendre fin. Le changement en Syrie est inévitable", a-t-il dit avant d'affirmer : "des dirigeants arabes ont déjà commencé à proposer l'asile à Assad afin de le pousser à partir dans le calme et rapidement".

Au cours de la même audition, Jeffrey Feltman a estimé que la contestation armée contre le régime du président Bachar al-Assad en Syrie était "contre-productive".

Jeffrey Feltman a précisé que les Etats-Unis avaient "encouragé" les opposants à rester pacifiques. "Nous pensons qu'à l'heure actuelle leur force réside dans les manifestations pacifiques", a-t-il dit en citant en exemple les commerçants syriens qui baissent leurs rideaux par solidarité avec le mouvement d'opposition. "Nous encourageons l'opposition, et nos alliés dans la région, à continuer de rejeter la violence. Ne pas faire cela, franchement, rendrait la répression brutale du régime plus facile", a ajouté M. Feltman.

"Bachar al-Assad détruit la Syrie et déstabilise la région"

Le diplomate américain qualifie une "résistance armée" en Syrie de "potentiellement désastreuse" pour les ennemis du régime.

"Bachar al-Assad détruit la Syrie et déstabilise la région", a également déclaré Jeffrey Feltman. "Notre message au président Assad est simple : démissionnez et laissez vos compatriotes entamer la transition vers la démocratie", a-t-il dit en précisant qu'avec les sanctions imposées contre Damas, "la Syrie est de plus en plus isolée".

Un autre responsable du département d'Etat, Luke Bronin, a ajouté que le message de Washington à Bachar al-Assad était le suivant: "La poursuite de la répression ne fera qu'accentuer votre isolement".

Interrogé sur les liens entre la Syrie et l'Iran, Jeffrey Feltman a confirmé que Téhéran fournissait son "expertise" et son "aide technique pour faire de mauvaises choses". Mais "en même temps, l'Iran est embarrassée" et consciente que Bacahr al-Assad pourrait "ne pas survivre". Selon lui, l'Iran doit "commencer à se positionner pour l'après-Bachar".

Parallèlement, à l'ONU, la Syrie a accusé mercredi les Etats-Unis de s'ingérer dans la crise qui agite le pays en conseillant aux Syriens de ne pas se rendre à la police malgré une promesse d'amnistie des autorités. "La république arabe de Syrie considère que par la déclaration du Département d'Etat, les Etats-Unis se sont directement impliqués dans les troubles violents en Syrie", a souligné une déclaration syrienne au Conseil de sécurité de l'ONU.

Plus de 3500 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des manifestations contre le président syrien Bachar al-Assad en mars. Les militants syriens opposés à Bachar el Assad avancent, quant à eux, un bilan de 4200 civils tués.

Nicolas Willems avec Ju. Vl. avec AFP
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK