Syrie: la famine, nouvelle arme de guerre du régime

Un soldat loyaliste dans la ville de Homs
Un soldat loyaliste dans la ville de Homs - © SAM SKAINE - IMAGEGLOBE

En Syrie, dans certaines régions assiégées par les forces de Bachar al-Assad, les habitants sont privés de tout. L'aide humanitaire ne passe pas. Un million de civils sont piégés, et risquent de mourir de faim. Le régime syrien utilise à présent la famine comme arme de guerre.

Il y a eu les bombardements aériens, les missiles, les bombes à fragmentation, les armes chimiques.... Le régime syrien passe a présent à l'arme ultime, la faim.

Malgré les appels désespérés des agences humanitaires, l'aide ne passe pas, et dans certaines régions, les habitants en sont réduits à manger de l'herbe ou des feuilles, dernière étape avant une mort presque certaine.

A Damas, des soldats de Bachar al-Assad ont même une expression pour qualifier cette politique: "campagne famine jusqu’à la capitulation". Le régime durcit donc le blocus autour des quartiers sunnites, que ce soit àDamas ou Homs.

L'objectif semble être de vider ces quartiers de leurs habitants, quel qu'en soit le moyen, et le coût humain. Un journaliste de Reuters a été témoin de scènes prouvant cette politique du régime.

A un barrage, un adolescent qui transportait du pain a été arrêté par un soldat, qui refusaitde le laisser passer avec son sac. "Pas une miette ne passe", a affirmé le soldat, qui obéit visiblement à des ordres.

Certaines villes au nord de Damas sont en cours d'isolement. Aux barrages, les soldats laissent passer les fonctionnaires, et les enfants, mais pas leurs parents. Les voitures sont fouillées, et refoulées: impossible de faire rentrer du pain, du lait pour bébés ou des médicaments.

Dans les régions en état de siège, les médecins constatent des symptômes de malnutrition: déshydratation, ventre ballonné, amaigrissement des enfants...

La situation semble particulièrement critique a Mouadamya, une banlieue de Damas, complètement coupée du reste du monde depuis un an. Le quartier est détruit à90%, et 12 000 habitants risquent d'y mourir de faim. Les plus faiblesont déjà succombé.

L'ONU réclame l'ouverture de corridors humanitaires, sans succès. Le croissant Rouge a juste réussi a évacuer 5000 femmes et enfants de cette zone, les hommes y restent prisonniers, sans rien a manger.

Le blocus est devenu une arme de guerre. Pour l'ONU, un million de personnes sont en danger.

F. Wallemacq

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK