Syrie: la coalition cible des raffineries détenues par l'EI et fait 30 morts

Membres des forces de l'ordre syriennes après la reprise de Jihar (près de Palmyre), au détriment du groupe EI
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Membres des forces de l'ordre syriennes après la reprise de Jihar (près de Palmyre), au détriment du groupe EI - © STR - BELGAIMAGE

Des frappes aériennes de la coalition internationale ont visé des raffineries tenues par le groupe terroriste Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie faisant au moins 30 morts, en majorité des jihadistes, a rapporté lundi une ONG. Un coup dur pour les islamistes qui tirent la plupart de leurs revenus de la production de pétrole. Dans le même temps, le général Dempsey (Etats-Unis) a assuré qu'intensifier les raids aériens de la coalition internationale serait une erreur.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les avions de la coalition ont lancé dimanche deux raids sur des installations pétrolières dans le nord-ouest de la province de Raqa, fief de l'EI.

Washington, soutenu par une coalition de nations arabes, avait élargi en septembre à la Syrie ses opérations aériennes contre l'EI qui avaient commencé en Irak.

Ces frappes ont notamment visé des raffineries et installations pétrolières tenues par l'EI qui, selon certaines estimations, gagnait plus d'un million de dollars par jour en ventes pétrolières en Syrie.

Selon des chiffres officiels, la production de pétrole en Syrie est tombée à 9329 barils/jour en 2014 contre 380 000 barils/jour avant le début de la guerre en mars 2011. Le pouvoir a perdu en 2013 l'essentiel de ses champs pétroliers, tombés aux mains de l'EI.

Dimanche aussi, des frappes de la coalition ont visé des positions du Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, dans la province d'Idleb (nord), tuant au moins neuf de ses membres, selon l'OSDH.

"Larguer un tapis de bombes sur l'Irak n'est pas la solution", selon le général Dempsey

Le général Martin Dempsey, le plus haut gradé américain, est arrivé lundi à Bagdad pour s'entretenir avec les responsables irakiens, une semaine après le lancement d'une vaste offensive pour reprendre Tikrit au groupe Etat islamique (EI). La plus grande offensive anti-EI à ce jour, menée par les forces pro-gouvernementales irakiennes.

Le général Dempsey a assuré qu'intensifier les raids aériens de la coalition internationale, dirigée par Washington, serait une erreur et a plaidé pour une "patience stratégique" dans la lutte contre l'EI en Irak et en Syrie. Selon lui, "larguer un tapis de bombes sur l'Irak n'est pas la solution".

Le militaire américain a aussi souligné que la fréquence des bombardements aériens dépendait des capacités de l'armée irakienne sur le terrain.

Des "crimes contre l'humanité"

Située à 160 km au nord de Bagdad, cette ville majoritairement arabe sunnite et région d'origine de l'ancien président irakien Saddam Hussein fait partie des vastes zones prises par le groupe jihadiste l'an dernier dans le nord et l'ouest de l'Irak.

L'ONU a dénoncé comme des "crimes contre l'humanité" les nombreuses atrocités (décapitations, exécutions, enlèvements, viols...) auxquelles ce groupe ultra-radical sunnite se livre sur les territoires sous son contrôle en Irak et en Syrie voisine.

Le groupe jihadiste a par ailleurs récemment procédé à la destruction d'une partie du riche patrimoine préislamique irakien, notamment la cité antique de Nimroud (nord), provoquant un tollé international, ou plus récemment, la cité de Khorsabad.

RTBF avec agences

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