Syrie: l'ONU rencontre les responsables humanitaires sur place

Un char de l'armée syrienne patrouille dans les rues d'Alep
Un char de l'armée syrienne patrouille dans les rues d'Alep - © Youtube

La secrétaire générale adjointe des Nations unies aux Affaires humanitaires, Valérie Amos, est arrivée mardi en Syrie pour discuter "de la détérioration de la situation humanitaire" causée par les violences qui ravagent le pays depuis 17 mois. Parallèlement, l'Organisation de coopération islamique met la pression sur la Syrie.

 

Valérie Amos doit rencontrer des dirigeants gouvernementaux et des responsables humanitaires, dont le chef du Croissant rouge arabe syrien (Cras), ainsi que les familles affectées par le conflit, indique un communiqué du Bureau de la coordination de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha). Valérie Alos devrait également se rendre au Liban.

Ce déplacement "vise à attirer l'attention sur la détérioration de la situation en Syrie et examiner l'impact du conflit sur la population restée en Syrie ou qui a fui vers d'autres pays, dont le Liban", affirme le texte.

En Syrie, Mme Amos espère discuter des moyens "d'apporter de façon urgente des secours et réduire la souffrance des civils pris dans les combats,et rencontrer le Cras et les autres partenaires humanitaires".

Au Liban, où elle rencontrera des réfugiés, elle entend travailler avec le gouvernement et les agences humanitaires. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), plus 37.000 Syriens y ont trouvé refuge.

Les combats se poursuivent à Alep

Environ deux millions de personnes ont été affectées par la crise et plus d'un million sont des déplacés, affirme l'Ocha, alors que les combats continuent à Damas, Alep et d'autres régions.

"Des accrochages ont lieu dans les quartiers de Seif al-Dawla et deSalaheddine en même temps que des explosions sont entendues dans ces deux quartiers", a précisé l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, qui ajoute qu'un homme a été tué par un tir de sniper à Salaheddine. "Les quartiers de Sahour, Hanano et Chaar (est) étaient soumis à un pilonnage de la part de l'armée" a également ajouté l'OSDH.

L'armée syrienne est entrée lundi à Seif al-Dawla, un quartier tenu par les rebelles dans l'ouest d'Alep (nord), quelques jours après avoir repris un premier quartier aux mains des insurgés également dans l'ouest, celui de Salaheddine. Elle contrôle ce dernier en grande partie même s'il y a des poches de résistance.

Perquisitions à Damas

Au même moment, dans le centre de la capitale, l'armée syrienne poursuivait la campagne de perquisitions et d'arrestations entamée lundi. Dans la province de Damas, les habitants fuyaient la localité de Qaboun de peur d'une opération des forces armées qui ont pilonné dans la nuit de lundi à mardi les localités de Daraya et de Madamiya, toujours selon l'OSDH.

Un militaire dissident a été tué à Al-Tal, une localité qui a subi de gros dégâts et dont une partie de la population a fui, indique l'ONG.

Dans la province de Deraa, les forces armées encerclaient la localité de Tafs où elles tentent de pénétrer depuis plusieurs jours. Une femme a été tuée par le tir d'un sniper. Des roquettes sont tombées à Basra et Mzeireb.

Les tentatives diplomatiques

Les dirigeants du monde musulman se réunissent mardi soir dans la ville sainte de La Mecque pour mettre une pression symbolique sur le régime syrien qu'ils entendent suspendre de leur forum, l'Organisation de coopération islamique (OCI).

L'Arabie saoudite a pris l'initiative de ce sommet, une façon d'asseoir son leadership sur le monde musulman. Mais au regard des divisions entre les 57 pays de l'OCI, qui réunissent plus d'un milliard et demi d'habitants, le sommet ne peut avoir qu'une portée symbolique.

Lundi soir, la réunion ministérielle préparatoire au sommet a recommandé une suspension de la Syrie de l'OCI, mais les débats s'annoncent houleux, l'Iran, fidèle allié du régime de Bachar al-Assad, étant opposé à une telle mesure.

Parallèlement, Bouthaïna Chaaban, émissaire spécial du président syrien Bachar al-Assad, était attendue mardi en Chine, principal soutien avec la Russie du régime de Damas, pour discuter d'une "solution politique" au conflit en Syrie, a annoncé la presse officielle.

"La Chine souhaite également inviter des membres des groupes syriens de l'opposition", a déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Qin Gang, cité par l'agence officielle.

Plus de 21.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

W. F., avec agences

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