Syrie: "hisser le drapeau du régime pour accéder aux convois humanitaires"

Illustration: le drapeau syrien
Illustration: le drapeau syrien - © LOUAI BESHARA

A Mouadamiyat al-Cham, une ville prise en otage par le régime depuis un an près de la capitale syrienne, l'acheminement de la nourriture a été autorisée seulement à deux conditions. Les habitants doivent hisser le drapeau national sur les points hauts de la ville - un outil qualifié d'"infâme" par la Coalition de l'opposition syrienne -, et les rebelles doivent déposer leurs armes lourdes.

"Le régime condamne son peuple à la famine", déplore la Coalition de l'opposition syrienne. Pour elle, le fait que le régime force les habitants de Mouadamiyat à brandir le drapeau national, "pour en échange autoriser (l'accès aux) convois humanitaires qui les empêcheront de mourir de faim ou de froid" est "l'outil le plus infâme qui puisse être utilisé par un régime oppressif".

Un responsable du Conseil local de la ville explique que la trêve est entrée en vigueur mercredi, grâce à la "bonne volonté" des habitants qui ont accepté les conditions du régime.

"La nourriture doit être acheminée vers la localité certainement jeudi. Si cela se passe bien alors nous rendrons nos armes lourdes mais l'armée du régime n'entrera pas dans notre ville", a-t-il ajouté.

Le son de cloche n'est pourtant pas le même dans les rangs du président syrien Bachar al-Assad, dont une source proche a confirmé la trêve mais n'a mentionné aucun retrait de l'armée. Au contraire, selon cette source, l'armée devra rentrer pour s'assurer que toutes les armes lourdes ont bien été remises.

"8000 personnes affamées"

Des militants déplorent depuis des mois la malnutrition qui sévit parmi les civils. Les enfants et les personnes âgées sont les plus touchés, dans cette ville assiégée et bombardée par le régime depuis un an, où il a interdit l'entrée de nourriture, d'essence et d'eau potable.

D'après un porte-parole du Conseil de la ville, "la plupart des leaders locaux étaient contre cet accord de trêve, mais il y a plus de 8000 personnes affamées ici, et personne ne nous aide".

G.R. avec agences

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