Syrie: des combattants étrangers soutiendraient le régime

Le pouvoir est détenu par la minorité chiite alaouite, au détriment des sunnites, majoritaires dans le pays.

Dans le camp de réfugiés de Zaatari, ils sont couchés à même le sol dans un hangar, les enfants épuisés dorment enroulés dans des couvertures grises; ils sont arrivés la veille en Jordanie. Ils ont fui la banlieue de Damas où la vie devenait insupportable comme l'explique le grand frère: "Ils ne peuvent pas sortir de la maison parce qu'il y a tout le temps des bombardements, des personnes viennent de se faire tuer par l'armée syrienne, ils ne pouvaient pas sortir pour ne rien faire là-bas, alors ils ont décidé de venir ici en Jordanie".

Leur quartier est toujours contrôlé par l'armée syrienne qui les menaçait parce qu'ils sont sunnites "L'armée, c'est des chiites, alors c'est pour ça qu'ils tuent les gens qui sont sunnites", dit-il. "Les chrétiens , les chiites là-bas ne se font pas tuer mais c'est juste les sunnites. L'armée sait où se trouvent les sunnites, ils ne disent pas que c'est parce que vous êtes sunnites que je vais te tuer mais il sait que cet homme-là est sunnite, c'est pour ça qu'ils le tuent".

La guerre en Syrie est en train de se muer en conflit de religion, et c'est Bachar el Assad qui attise les divisions, explique le jeune homme : "C'est pas nous qui faisons le racisme en Syrie", s'exclame-t-il. "C'est Bachar el Assad qui le fait, pour nous, la Syrie est pour tous les Syriens même si c'était sunnites, chiites ou bien alaouites, c'est pas notre problème, c'est Bachar el Assad qui fait le racisme là-bas".

Des aides étrangères au régime?

L'Iran et la Russie soutiennent le régime syrien, notamment par la fourniture d'armes. Mais y aurait il aussi des combattants étrangers sur le sol syrien, pour prêter main forte au régime de Bachar El Assad ? C'est ce qu'affirment en tout cas des réfugies syriens qui sont arrivés en Jordanie il y a 3 jours à peine.

Sadi a fui Dera il y a trois jours; la ville n'est plus qu'un champ de ruines, habité par des fantômes et défendue par des rebelles à bout de munitions. "La milice n'a pas suffisamment d'armes en plus, elle n'a pas de munitions. Alors comment, elle peut combattre?", se demande-t-il.

Il affirme avoir vu des soldats de Hezbollah libanais, des Iraniens, et même des Russes combattre sur le territoire syrien. "Ils nous bombardent, de l'air et de terre, des barils de TNT, des missiles", ajoute-t-il. "Toutes ces armes viennent de l'Iran, de la Russie et bien sûr du Hezbollah, il y a même des gens qui viennent tuer en Syrie".

"Je les ai vus avec les jumelles", dit Sadi. "Ils portent des tenues noires avec le drapeau du pays d'où ils viennent parce que quand les avions volent sur l'endroit, ils voient que c'est des Russes ou bien c'est des Hezbollahs, des Libanais ou bien c'est des Iraniens, pour ne pas bombarder".

La présence des passeurs d'armes iraniens, de combattants chiites libanais, a déjà été évoquée par certains services de renseignements. Mais si elle se confirme, cela prouve que le régime de Bachar Al-Assad dispose de puissants alliés, y compris sur le terrain et que le conflit risque de durer.

Avec Fr. Wallemacq

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