Syrie: dans la bataille d'Idleb, la Russie et la Turquie se font face

Alors que la situation devient intenable en Syrie, à Idleb, où se déroule l’offensive du régime de Bachar Al-Assad et où 900.000 personnes ont dû fuir dont 60% d’enfants, la Turquie et la Russie ne cessent de s’invectiver. Une preuve de pus, s’il en fallait, de l’escalade des violences sur le terrain.


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Deux militaires turcs abattus

Deux militaires turcs ont été tués et cinq blessés ce jeudi par une frappe aérienne dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a annoncé Ankara, accusant l’aviation du régime de Damas d’avoir mené le bombardement.

"Deux de nos frères d’armes sont tombés en martyrs et cinq ont été blessés dans une frappe aérienne dans la région d’Idleb", a déclaré le ministère turc de la Défense dans un communiqué, ajoutant qu’Ankara avait riposté par des bombardements.

Le ministère n’a pas précisé qui avait mené cette frappe, mais le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, a immédiatement accusé le régime de Bachar al-Assad d’être l’auteur de cette attaque.

"Le sang de nos martyrs ne restera pas sans vengeance", a-t-il déclaré sur Twitter.

Cet événement risque de renforcer encore les tensions déjà vives dans la région d’Idleb entre les forces turques et celles du régime de Damas, soutenues par Moscou.

Pourtant, Ankara insiste et affirme ne pas chercher à "affronter" Moscou comme l'a déclaré ce jeudi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar. "Nous n'avons aucune intention d'affronter la Russie", a déclaré le ministre à la chaîne CNN Turk, ajoutant que les discussions avec les responsables russes continueraient.

Pour Moscou, Ankara soutient "les terroristes"

La Turquie doit cesser son soutien aux "groupes terroristes" de la région syrienne d’Idleb, a indiqué ce jeudi le ministère russe de la Défense, ajoutant avoir mené des frappes contre les groupes armés soutenus par Ankara.

Dénonçant des frappes venues des positions turques qui ont blessé quatre soldats syriens, l’armée russe appelle dans son communiqué "la partie turque à cesser de soutenir les actions des groupes terroristes et de leur donner des armes".

Selon nos confrères de l’agence Reuters, la Turquie a fourni un appui aux rebelles syriens. Ils ont ainsi pu effectuer une brève percée à travers les lignes du régime de Damas. C’est en tout cas ce que rapporte le ministère russe de la Défense, cité par les agences de presse. L’armée syrienne a repoussé l’offensive après une intervention de l’aviation russe.

Escalade des violences

Depuis que des soldats turcs ont été tués début février par des bombardements d’artillerie du régime dans cette région, la situation n’a fait qu’empirer.

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a sommé les forces du régime syrien de se retirer de certaines positions à Idleb d’ici fin février, menaçant sinon de les y contraindre.

En dépit de leurs intérêts divergents, la Turquie et la Russie coopèrent depuis plusieurs années pour trouver une solution au conflit en Syrie qui, depuis 2011, a fait au moins 380.000 morts.


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Cependant, les deux pays ont eu plusieurs échanges musclés ces derniers jours.

La situation humanitaire à Idleb n’a fait qu’empirer depuis le déclenchement en décembre d’une offensive du régime, déterminé à reprendre ce dernier bastion rebelle dominé par des djihadistes.


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Selon l’ONU, environ 900.000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont fui les violences dans le nord-ouest de la Syrie depuis décembre.

Et si les Etats-Unis s'en mêlent? 

Ce jeudi dans la soirée, Ankara a annoncé que les Les Etats-Unis pourraient envoyer des missiles Patriot à la Turquie après la mort de soldats turcs, tués au cours d'attaques attribuées au régime syrien dans la région d'Idleb. "Il y a une menace de frappes aériennes, de missiles contre notre pays", a déclaré le ministre à la chaîne CNN Turk. "Il pourrait y avoir un soutien avec des Patriot", a-t-il ajouté, tout en excluant tout soutien au sol de troupes américaines.
 

Archive du 16/01/2020

Archive du 16/01/2020

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