Syrie: Damas et Alep, les deux fronts de combat

Destructions dans le quartier du Qaboun, au nord de Damas
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Destructions dans le quartier du Qaboun, au nord de Damas - © IBRAHIM AL-DIMASHKI/AFP

Des tirs nourris et des explosions retentissent depuis mardi soir à Damas dans plusieurs quartiers hostiles au régime du président Bachar al-Assad, ont indiqué mercredi une journaliste de l'AFP et des militants.

Mercredi à l'aube, une explosion et des tirs nourris ont été entendus dans la rue Bagdad, grande artère menant au centre-ville et à Bab Touma, quartier chrétien du centre de la capitale autrefois très prisé des touristes, selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain.

Selon les LCC, le grand quartier de Tadamoun, dans le sud de la capitale, a été visé par des tirs au mortier tôt mercredi matin.

"Jusque tard dans la soirée de mardi, des bruits d'explosions et de tirs sont entendus de manière intermittente dans plusieurs quartiers, notamment à Kafar Soussé (sud). Ils se sont intensifiés en soirée", a indiqué une journaliste de l'AFP.

Des accrochages limités à Damas avaient repris lundi notamment à Kafar Soussé (sud) après une attaque rebelle aux lance-roquettes RPG contre un barrage de l'armée.

Le front de Damas s'était calmé après que l'armée eut pris le dessus au terme d'une semaine d'affrontements inédits dans la capitale.

Pendant ce temps, Alep, la deuxième ville du pays, située au nord-ouest du territoire, est toujours en proie à des combats violents, une bataille jugée décisive qui pourrait durer "des semaines", d’après le quotidien Al-Watan proche du gouvernement, qui assure que "l'armée resserre l'étau sur les terroristes d'Alep".

Les forces armées ont bombardé pendant une grande partie de la nuit une région du nord-ouest de la ville, des tirs de mitrailleuse lourde ont été entendus et des tirs de roquettes Grad ont été signalés, selon un journaliste de l'AFP sur place.

La première offensive de l'armée le 28 juillet sur le quartier de Salaheddine, principal bastion rebelle dans le sud-ouest d'Alep, avait été repoussée par les insurgés.

Le sort d'Alep reste obscur

Les insurgés revendiquaient mardi plusieurs victoires dans la ville d'Alep, assurant s'être emparés de symboles du pouvoir et avoir tué 40 policiers, dont un général connu, selon eux, pour son engagement dans la répression de la révolte lancée en mars 2011.

Les rebelles ont déclaré que leur prochain objectif était la prise des sièges des services de renseignements à Alep."Le plus important, c'est la prise des sièges des moukhabarat (renseignements). Si ces sites tombent, la victoire sera possible", affirmait Abdel Nasser Ferzat, commandant de l'Armée syrienne libre (ASL).

Le journal Al-Watan évoque pour sa part ces attaques, en affirmant que "les forces de sécurité ont infligé de grandes pertes humaines dans les rangs des hommes armés qui avaient visé des bâtiments de sécurité et le siège du parti Baas".

Un correspondant de l'AFP a, par ailleurs, été témoin mardi de la prise spectaculaire par les rebelles d'un commissariat de Salhine, le plus important du sud d'Alep et dont le chef, un général connu pour sa participation à la répression, a été abattu par les insurgés.

De leur côté, les observateurs de l'ONU en Syrie ont affirmé que l'armée syrienne a eu recours à des avions de chasse pour tirer sur la ville d'Alep. Ils "ont vu hier un avion de chasse tirer" sur la deuxième ville de Syrie, a affirmé Sausan Ghosheh, la porte-parole de la mission d'observation de l'ONU.

Mardi, 154 personnes - dont 35 civils, 62 soldats et 27 rebelles- auraient été tuées dans les violences à travers le pays dont la moitié à Alep, d’après les informations données par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Al-Assad félicite l'armée, pendant que l'opposition se divise à nouveau

Dans une déclaration rapportée mercredi par le journal des forces armées syriennes, le président Bachar Al-Assad a estimé que la lutte entre l'armée syrienne et les rebelles était déterminante pour l'avenir de la Syrie et a félicité les militaires pour leur lutte contre ce qu'il a qualifié de "bandes terroristes criminelles". Il y déclare également que les militaires syriens ont fait preuve "d'une résolution et d'une conscience de fer en luttant contre les bandes criminelles terroristes ces derniers temps". "Vous êtes les représentants des valeurs du peuple " a-t-il aussi ajouté, dans son premier communiqué depuis la mort de quatre hauts dirigeants de la sécurité à Damas, il y a deux semaines.

Dans le camp de l'opposition, si les rebelles semblent marquer des points sur le plan militaire, leurs instances politiques ont à nouveau montré mardi leurs divisions. Au Caire, l'opposant Haytham al-Maleh, 81 ans, a annoncé avoir été chargé par une coalition de Syriens "indépendants" de former un gouvernement en exil qui sera basé au Caire, avant d'être aussitôt critiqué par le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Plus de 276 000 personnes ont quitté la Syrie depuis mars 2011, selon les Nations unies et plus 20.000 autres auraient péri dans les violences pendant cette période, d'après l'OSDH.

Avec AFP

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