Syrie: Damas bombardée pour la première fois, L. Brahimi à Pékin

Dans une rue d'Alep
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Dans une rue d'Alep - © PHILIPPE DESMAZES (AFP)

Damas a été la cible mardi, pour la première fois depuis le début du conflit il y a 19 mois, d'un raid d'un chasseur-bombardier contre un quartier rebelle de la capitale, qui connaît une recrudescence de violences avec l'assassinat d'un général de l'armée de l'air.

Le médiateur international Lakhdar Brahimi a déclaré mercredi espérer un "rôle actif de la Chine" pour trouver une solution au conflit en Syrie.

Après s'être rendu à Moscou, l'émissaire international est à Pékin, qui depuis 19 mois refuse d'endosser les appels internationaux à exercer davantage de pressions sur le régime du président syrien Bachar al-Assad.

De son côté, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a rejeté l'appel de son homologue russe Sergueï Lavrov aux pays de la région à ouvrir un dialogue avec le président Assad. Le Qatar, un des bailleurs de fonds et d'armes des insurgés, a accusé le régime syrien de mener une "guerre d'extermination" contre son peuple.

"Pour la première fois, la capitale a été la cible d'un chasseur-bombardier qui a largué mardi après-midi quatre bombes sur le quartier de Jobar, dans l'est de Damas", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette organisation basée en Grande-Bretagne s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays.

Le bruit, terrifiant, a été entendu dans toute la ville, selon la journaliste de l'AFP à Damas.

Jusqu'à présent, le régime n'utilisait que les hélicoptères pour mitrailler certains quartiers de la capitale.

Les bombardements continuent aussi ailleurs

Les appareils militaires et l'artillerie ont également bombardé Douma, une localité rebelle au nord de la capitale, faisant au moins 18 morts dont quatre femmes et cinq enfants, selon l'OSDH.

Et un nouveau raid aérien sur Maaret al-Noomane, une ville stratégique sur la route entre Damas et Alep, a coûté la vie à quatre enfants et trois civils.

Au moment où hélicoptères et avions de combat sont devenus la principale arme du régime, le général Abdallah Mahmoud al-Khalidi, membre du commandement général de l'armée de l'air, a été assassiné dans le nord de Damas.

L'homme, "un des meilleurs experts en matière d'aviation militaire en Syrie", selon la chaîne officielle syrienne, a été tué lundi par balle par des "terroristes", selon l'agence officielle Sana. Damas qualifie de "terroristes" les opposants et rebelles combattant le régime.

L'Armée syrienne libre (ASL) a revendiqué dans un communiqué sur Facebook le meurtre de cet officier "chargé de l'entraînement de l'armée de l'air", en même temps que celui d'un sergent-chef des redoutables services de renseignements de l'armée de l'air.

Ce meurtre est survenu le jour où l'aviation syrienne avait mené les bombardements les plus violents depuis son entrée en action l'été dernier, avec plus de 60 raids au cours de la journée de lundi.

Guerre civile ou d'extermination

Toujours à Damas, des affrontements ont opposé des rebelles à des Palestiniens pro-régime épaulés par l'armée régulière à Yarmouk, camp de réfugiés dans le sud de la capitale, où vivent quelque 148 500 Palestiniens, ont indiqué une ONG et des militants anti-Bachar.

Il y a en Syrie environ 510 000 réfugiés enregistrés à l'UNRWA, l'agence des Nations-Unies chargée des réfugiés palestiniens.

Dans le reste du pays, armée et rebelles s'affrontaient à Homs et dans la localité voisine de Rastane, assiégée depuis des mois par l'armée régulière, ainsi qu'à Alep, la métropole du nord.

Les violences ont fait 123 morts dont 57 civils mardi à travers la Syrie, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Lundi, Lakhadar Brahimi, médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, a reconnu que la situation ne faisait qu'empirer, estimant: "si ce n'est pas une guerre civile, je ne sais pas ce que c'est".

Le Premier ministre du Qatar, Hamad Ben Jassem Al-Thani, a estimé que la Syrie traversait une "guerre d'extermination" contre le peuple syrien "avec un permis de tuer en premier lieu du gouvernement syrien, mais en deuxième lieu de la communauté internationale", paralysée par ses divisions.

A Moscou puis à Pékin, Lakhdar Brahimi tentait une nouvelle fois de convaincre les dirigeants de lever leur opposition à une action du Conseil de sécurité.

AFP

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