Syrie: après avoir été torturé, un opposant a été condamné à mort

Illustration: photo prise lors d'une manifestation d'opposants dans la province de Deraa
Illustration: photo prise lors d'une manifestation d'opposants dans la province de Deraa - © Archive AFP PHOTO / HO / SHAAM NEWS NETWORK

Mohammed Abdelmaoula al-Hariri, un militant de l'opposition a été condamné à mort par un tribunal militaire. C'est ce qu'annonce la ligue syrienne de défense des Droits de l'homme.

Selon cette organisation, Mohammed Abdelmaoula al-Hariri, un ingénieur de 37 ans, a été arrêté en avril après avoir accordé une interview à la chaîne de télévision qatarie al-Jazeera, une interview ou il avait dénoncé la situation humanitaire et  sécuritaire dans sa ville d'origine, Deraa. Il aurait été sauvagement torturé, aurait eu le dos cassé et ses bourreaux ont ensuite refusé qu'il soit soigné.

Il a été condamné à mort pour haute trahison et contacts avec des parties étrangères. Il se trouverait déjà dans une prison militaire en vue de son exécution. La Ligue syrienne des droits de l'Homme appelle les autorités à ne pas exécuter la sentence.

On en parle relativement peu, mais les arrestations arbitraires et le recours à la torture sont l'un des dispositifs essentiels de la répression du soulèvement qui déchire le pays depuis 14 mois. En mars, un rapport d'Amnesty international dénonçait un recours systématique à la torture et recensait 31 techniques de torture et de mauvais traitements, notamment celle consistant à suspendre le détenu sur un pneu et à le battre à coups de bâton ou de câbles.

Quant à la peine de mort, on en sait peu de choses, elle semble toujours d'application en Syrie. Héritage des années 1980 et du père de l'actuel président: appartenir au mouvement des Frères musulmans est passible de la peine de mort. En décembre, l'actuel président Bachar al-Assad a rallongé la liste : sont passibles de la peine capitale ceux qui fournissent des armes  aux  terroristes, donc aux groupes de la rébellion.

F. Nice

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