Suspense en Israël: un gouvernement ou un retour aux urnes?

Avigdor Liberman, en face de Benjamin Netanyahou, lors d'une réunion du gouvernement israélien en 2018. Aujourd'hui, l'ancien ministre de la Défense bloque la formation d'une nouvelle coalition.
Avigdor Liberman, en face de Benjamin Netanyahou, lors d'une réunion du gouvernement israélien en 2018. Aujourd'hui, l'ancien ministre de la Défense bloque la formation d'une nouvelle coalition. - © AFP

La tension politique monte d’heure en heure, de minute en minute, en Israël. Le pays va-t-il se doter d’un nouveau gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou, retourner aux urnes ou le président Reuven Rivlin va-t-il reprendre la main ? L’échéance expire ce mercredi à minuit, heure locale (23 heures HB) pour le formateur Benjamin Netanyhaou.

Vainqueur des législatives du 9 avril, le Premier ministre sortant était en principe en mesure de former une majorité parlementaire rassemblant les partis de droite et d’extrême droite. Mais les négociations ont achoppé sur le vieil antagonisme entre les partis ultraorthodoxes juifs et les formations laïques.

En particulier, l’ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman, chef du parti nationaliste laïc Israël Beitenou, a posé une condition à sa participation au nouveau gouvernement : l’obligation pour les ultraorthodoxes de faire leur service militaire comme tous les jeunes Israéliens. L’exemption dont ils bénéficient actuellement est ressentie comme une injustice par des nombreux citoyens tenus eux de consacrer deux à trois années à l’armée.

Benjamin Netanyahou a eu beau multiplier les pressions sur Avigdor Lieberman, son ancien ministre et conseiller résiste. Le délai accordé à Benjamin Netanyahou est proche d’expirer. En principe, le chef de l’Etat, le président Reuven Rivlin, doit alors reprendre la main. Il pourrait par exemple demander au chef de l’opposition, l’ancien général Benny Gantz, de tenter à son tour de former un gouvernement. Et Benny Gantz pourrait proposer au Likoud de former un gouvernement d’union, mais sans Benjamin Netanyahou à sa tête.

Menace d’inculpations

Un scénario que l’ancien Premier ministre veut éviter à tout prix. Benjamin Netanyahou est sous la menace de trois inculpations pour corruption. Ses adversaires l’accusent de vouloir changer la loi pour obtenir une immunité et éviter les poursuites.

Benjamin Netanyahou a donc entamé une procédure pour couper l’herbe sous le pied du président. La Knesset, le Parlement, prépare un vote de dissolution pour convoquer de nouvelles élections d’ici la fin de l’été. Cela permettrait surtout de gagner du temps. Rien ne dit qu’un second scrutin en quelque mois changerait fondamentalement la distribution des cartes.

Situation tendue à la Knesset (parlement israélien) ce 27 mai

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