Suède : l'enquête sur l'assassinat d'Olof Palme est terminée, le principal suspect est décédé

Le parquet suédois a clos l'enquête sur l'assassinat du Premier ministre Olof Palme en 1986. Stig Engström, décédé en 2000, est considéré comme le principal suspect, a-t-il indiqué ce mercredi.

Dirigeant social-démocrate charismatique, Olof Palme a été froidement abattu sur un trottoir gelé du centre de Stockholm le 28 février 1986, à l'âge de 59 ans, alors qu'il rentrait à pied du cinéma avec sa femme, sans gardes du corps. A cet instant, la Suède a "perdu son innocence", selon une expression populaire.

Son meurtrier avait réussi à prendre la fuite, emportant avec lui l'arme du crime. Des milliers de personnes ont été entendues, des dizaines d'autres ont revendiqué l'acte et le dossier occupe 250 mètres d'étagères.

Selon le tabloïd suédois Aftonbladet, les enquêteurs posséderaient désormais l'arme en question. Les experts et les médias suédois ont laissé entendre ces derniers mois que l'affaire allait probablement être classée car les principaux suspects cités dans les médias ces dernières années sont tous morts.

Témoignage fragilisé

Pour Krister Petersson, si le principal suspect dans l'affaire est aujourd'hui décédé, cela peut notamment justifier un abandon de l'enquête, car d'après la loi, une personne décédée ne peut pas être inculpée, avait-il expliqué en février.

Homonyme du magistrat en charge du dossier, Christer Pettersson, identifié par la femme d'Olof Palme, avait été déclaré coupable de l'assassinat en juillet 1989 avant d'être relaxé en appel quelques mois plus tard, pour insuffisance de preuves.

Son témoignage avait aussi été fragilisé par les conditions, entachées d'irrégularités, dans lesquelles il avait été recueilli. Il est mort en 2004.

"L'homme de Skandia"

Parmi les spéculations circulait aussi le nom de Stig Engström, également connu comme "l'homme de Skandia" et régulièrement apparu dans les médias. C'était un opposant aux idées de gauche d'Olof Palme.

Arrivé parmi les premiers sur les lieux du crime depuis la compagnie d'assurance Skandia où il était employé, les autorités l'ont interrogé en tant que témoin mais l'ont jugé peu fiable car changeant régulièrement de version. Il est mort en 2000.

Lisbeth Palme, la veuve du Premier ministre qui l'avait formellement reconnu, est elle décédée en 2018. Au fil des années, ont été également soupçonnés, entre autres, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), l'armée et la police suédoises ou les services secrets sud-africains - Olof Palme était très critique à l'égard de la politique d'apartheid du pays.

Stefan Lofven, Premier ministre suédois, en conférence de presse ce 10 juin à Stockholm (suédois):

Stefan Lofven, Premier ministre suédois: "Les coups de feu tirés sur Sveavagen dans la nuit de février 1986 ont depuis lors été une sorte de crise, une blessure, un mystère non résolu." - "Pour un pays, l'assassinat d'un premier ministre est un traumatisme national. J'espère que cette blessure peut maintenant guérir." - "Dans un état de droit, ce n'est pas le gouvernement qui annonce un verdict, ni le lieu pour le gouvernement de juger les conclusions des procureurs. Mais en tant qu'être humain, et en tant que chef du même parti qu'Olof Palme, je peux dire que c'est une journée pleine d'émotions."

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