Succès en justice pour les "durs" de l'extrême droite allemande

La frange la plus radicale de l’extrême droite allemande a remporté vendredi un succès important en justice dans la bataille interne qui l’oppose depuis plusieurs mois au courant modéré autour du cap politique à suivre.

Un tribunal de Berlin a déclaré illégale l’exclusion décidée en mai par le bureau politique de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’une des figures de l’aile la plus dure du mouvement, Andreas Kalbitz, responsable du parti dans le Brandebourg, la région qui entoure Berlin.

Les juges ont estimé que l’intéressé pouvait réintégrer ses fonctions en attendant que l’instance de l’AfD prévue pour régler les litiges internes tranche sur le dossier.

Cette décision constitue un camouflet pour les tenants de l’aile dite modérée de l’AfD, réunis autour d’un de ses deux coprésidents, Jörg Meuthen, et qui s’efforcent de préserver une façade respectable au mouvement.

M. Meuthen est en effet à l’origine de l’exclusion du parti en mai de son rival Andreas Kalbitz, décision adoptée alors à une courte majorité du bureau politique.

M. Kalbitz se voit reprocher d’avoir dissimulé lors de son adhésion à l’AfD son appartenance passée à un groupuscule néonazi, les "Jeunesses patriotes".

Mais l’intéressé réfute cette accusation. Son renvoi a aggravé un conflit latent depuis plusieurs mois entre les deux grands courants du mouvement sur la marche politique à suivre, au point qu’un éclatement de l’AfD n’est plus exclu.

Une autre des figures de l’AfD, Alexander Gauland, a pris fait et cause pour l’aile la plus radicale et accusé M. Meuthen d’être à l’origine par son initiative de "tendance réelle à la décomposition" du parti.

Dans ce contexte, il n’est pas sûr que Jörg Meuthen puisse survivre longtemps à son poste. Son éviction précipiterait la victoire du camp des durs, regroupés autour du responsable du parti Björn Höcke, et de plus en plus dans le collimateur de la police.

Le Renseignement intérieur allemand a en effet placé l’aile la plus radicale de l’AfD sous surveillance, en l’accusant d’être un danger pour la démocratie par sa proximité avec la mouvance néonazie.

Cette mesure permet d’y infiltrer des informateurs ou de réaliser des écoutes.

Les autorités allemandes accusent ses sympathisants d’avoir par leur discours contribué à la résurgence dans le pays du terrorisme d’extrême droite.

L’AfD a en tout cas vu ses intentions de vote plonger ces dernières semaines atteignant seulement 8%, selon un récent sondage pour Bild am Sonntag, contre un score de 12,6% aux législatives de 2017.

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