Strasbourg: les premiers pas bien assurés des "nouveaux eurodéputés"

Deuxième semaine strasbourgeoise pour les élus européens de la nouvelle législature
Deuxième semaine strasbourgeoise pour les élus européens de la nouvelle législature - © RTBF / TN

A chaque élection, le parlement européen connait un taux de renouvellement très élevé, et celle du 25 mai 2014 n'a pas dérogé à la règle. Parmi les huit élus belges du collège francophone, quatre sont des "nouveaux élus", de même que l'unique élu germanophone. Nous avons suivi les premiers pas de deux de ces "petits nouveaux".

Le PS Hugues Bayet et le cdH Claude Rolin sont deux des quatre nouveaux eurodéputés belges francophones, avec Marie Arena, socialiste également, et Gérard Deprez, MR, pour qui le 25 mai dernier fut l'occasion d'un "retour" à ses anciennes amours. Le quatuor des "anciens" complète la délégation des Belges francophones. Au total, pour la Belgique, ils sont 21 à siéger parmi les 751 représentants des citoyens européens.

Bayet / Rolin : deux styles, deux approches de la fonction d'europarlementaire. Voici pour commencer leurs portraits croisés.

Premières impressions

Débarquer au parlement européen, que cela soit à Bruxelles ou à Strasbourg, c'est faire l'expérience d'un certain gigantisme. Il y a dans l'hémicycle dix fois plus d'élus qu'au parlement wallon; et si certaines têtes sont connues, rien de commun toutefois avec l'entre-soi qui peut parfois régner dans un parlement national ou régional. 

Etre élu au Parlement européen, ce n'est pas forcément un choix personnel. Pour Claude Rolin, cela ne fait pas de doute, l'Ardennais l'explique par un réel désir d'initier un changement de cap pour une Europe davantage sociale. Hugues Bayet, lui, ne tourne pas autour du pot : la stratégie de son parti a été pour beaucoup dans sa position en 3ème place sur la liste du PS. Avec à la clé une nouvelle ligne sur un CV déjà bien rempli; et sans doute une simple étape dans un plan de carrière qui ne se limite certainement pas à un aller-retour Strasbourg-Farciennes.

Tisser des relations

Ici peut-être plus qu'ailleurs, les relations tissées avec d'autres élus, selon des logiques nationales ou selon des affinités plus personnelles, ont une importance capitale. D'où l'intérêt de pouvoir s'appuyer sur des "anciens", ou de faire jouer son carnet d'adresse. A cet exercice, l'ancien syndicaliste habitué de toutes les négociations sociales belges ou européennes, n'est certainement pas le moins rompu. Unique représentant cdH au sein du groupe du PPE, le Parti populaire européen -si l'on excepte le germanophone Pascal Arimont, élu chrétien-démocrate- il doit s'imposer au sein d'un groupe marqué à droite alors qu'il incarne la tradition démocrate-chrétienne de centre-gauche.

Pour Hugues Bayet, la situation est un peu différente. Il peut compter sur une "délégation" socialiste forte de trois unités, dans laquelle Marc Tarabella, "l'ancien", joue le rôle de coordinateur. Nouvelle élue également, Marie Arena débarque toutefois avec une solide expérience ministérielle et parlementaire. Coïncidence : Hugues Bayet a travaillé dans les cabinets de l'une et de l'autre. Terrain de connaissances

Des priorités convergentes

A peine convalescente -et menacée de rechutes régulières- l'Europe tente de sortir de la crise avec des contingents de chômeurs qui ne diminuent pas. Dans certaines régions du sud de l'Union, le chômage des jeunes atteint parfois, voire dépasse les 50%. L'emploi sera donc au coeur de la législature, et toutes les institutions en feront leur priorité, au moins dans les discours. Au Parlement, avec beaucoup d'autres, Claude Rolin et Hugues Bayet disent vouloir prendre ces questions à bras-le-corps. Ils siégeront d'ailleurs dans les commissions parlementaires les plus directement concernées.

Un souci pour Claude Rolin : son groupe n'est pas précisément connu pour ses élans sociaux. Les débats qui ne manqueront pas de survenir sur les politiques d'austérité, les droits sociaux ou la libre-circulation pourraient donc l'amener à devoir défendre des positions contraires à ses principes. Sera-t-il loyal à son groupe ?

Un pour tous, tous pour Juncker

C'était bien sûr le fait marquant de cette seconde session de la nouvelle législature : le parlement européen devait se prononcer sur le choix de l'ancien Premier-ministre Jean-Claude Juncker comme futur président de la Commission européenne. Cherchant une vaste majorité parlementaire l'homme a prononcé dans l'hémicycle strasbourgeois un discours dans lequel beaucoup de parlementaires pouvaient se retrouver. Et les Belges l'ont majoritairement soutenu.

A l'issue du vote, Claude Rolin se disait "convaincu", et Hugues Bayet se montrait "relativement satisfait"...

"Quelque-chose d'un peu monstrueux"

Le mot de la fin à Claude Rolin, qui au terme de cette semaine strasbourgeoise se dit satisfait des éléments déjà engrangés, au rang desquels bien sûr l'élection de Jean-Claude Juncker. Il a "le sentiment d'avoir démarré sur de bonne bases", Mais il faut trouver ses marques, dit-il, dans cette enceinte qui incarne la voix des 500 millions de citoyens européens. 

Thomas Nagant depuis Strasbourg (@thomasnagant)

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