Strasbourg: des eurodéputés pressés de rentrer chez eux

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"Il y a des gens qui ont des avions à prendre" : c'est le cri d'un eurodéputé conservateur britannique jeudi midi, dernier jour de la petite semaine de session à Strasbourg, quand le débat semble s'éterniser... Pressé de rentrer chez lui, mais aussi de voter et de percevoir son indemnité du jeudi.

Relativement peu fournies au début du débat sur la pêche, les rangées de l'hémicycle ont commencé à se remplir à partir de midi de quelque 640 députés venus participer à la séance des votes de la mi-journée, consacrée à l'accord UE-USA sur le transfert des données bancaires des citoyens européen et au service diplomatique européen.

Il faut savoir que le versement des indemnités journalières est conditionné au registre de présences au moment des votes et on vote le jeudi en général à la mi-journée, mais parfois dans l'après-midi si les débats s'allongent.
Devant le vacarme provoqué par les députés venus voter, le commissaire au Commerce Karel De Gucht a renoncé à prendre la parole, tandis que sa collègue en charge de la Pêche Maria Damanaki a pris l'initiative d'abréger au maximum sa réponse aux députés.
"Il y a des gens qui ont des avions à prendre", a lancé l'eurodéputé conservateur britannique Robert Atkins, demandant "que quelqu'un maîtrise cela!". "Vous me faites honte, vous ne pensez qu'à une chose, c'est voter et rentrer chez vous!", s'est emporté l'auteur du rapport, le Français Alain Cadec (UMP). "Le comportement des parlementaires dans cet hémicycle est scandaleux, on ne verrait cela se produire dans aucun autre parlement au monde", s'est également emporté l'Irlandais Pat the Cope Gallagher.

Le jeudi, la session plénière mensuelle du Parlement européen dure officiellement jusqu'à 17h00. Mais la plupart des députés désertent Strasbourg dès la mi-journée. Majoritairement réticents à venir siéger dans la capitale alsacienne, les députés avaient déjà grignoté par le passé une journée à leurs sessions mensuelles, supprimant le vendredi.
L'organisation de "mini-plénières" à Bruxelles, où a lieu l'essentiel de leur travail en commissions, a encore accentué cette tendance.

Avec AFP

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