Steven Vanackere voit l'avenir de l'Egypte sans H. Moubarak

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Le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere observe que Hosni Moubarak ne fait sans doute pas partie de l'avenir de l'Egypte mais souhaite ne pas personnaliser la crise et préfère parler de démocratie.

Steven Vanackere a expliqué comment lundi, lors du Conseil européen des ministres des Affaires étrangères, il est intervenu pour modifier le texte du communiqué final préparé par les diplomates, qui s'adressait trop aux autorités égyptiennes, pour aussi parler au peuple. L'Union européenne "presse les autorités égyptiennes de mettre en place une transition ordonnée conduisant à un gouvernement large", qui puisse mener "un processus véritable de réformes démocratiques substantielles, dans le plein respect des droits humains, de l'Etat de droit et des libertés fondamentales", en vue de la tenue d'"élections libres et justes", dit ce texte.

Le pouvoir au peuple

Le chef de la diplomatie belge précise qu'il a fait acter qu'"il est important de parler de transition, mais il faut comprendre l'aspiration du peuple".

'"M. Moubarak peut choisir d'être partie de la solution ou du problème, pousuit le ministre belge, ce n'est pas la qualité de la personne mais celle du système démocratique qui compte, l'essentiel est de voir ce pays transiter vers la démocratie".

Steven Vanackere met en garde contre une arrogance européenne dans la politique extérieure : "Il faut cesser de faire semblant que c'est l'Union européenne qui décide qui doit diriger dans les autres pays".

"Peu de gens pensent que de façon structurelle M. Moubarak est l'avenir de l'Egypte, l'avenir sera vraisemblablement autre, même si l'identité du futur président n'importe pas, ce qui compte c'est que ce soit quelqu'un de vraiment démocratique", répète le ministre belge.

L'Europe et les équilibres au Proche-Orient

Faut-il craindre un scénario à l'iranienne ? C'est aussi la question qui se pose et que se pose sans doute Israël dont la diplomatie a invité les chancelleries européennes à  continuer à soutenir Hosni Moubarak qui joue un rôle important dans le processus de paix. "Question importante, répond Steven Vanackere, la stabilité de l'Egypte est pierre angulaire de la stabilité au Proche-Orient. Je sais qu'il y a des craintes, je crois qu'il faut avoir la lucidité de voir qu'au sein des Frères musulmans, il y a beaucoup de tendances. Tout peuple aspirant à la démocratie ne transforme pas cette aspiration en totalitarisme".

"La démocratie ne peut pas être considérée comme quelque chose de dangereux", conclut-il. Visiblement, Steven Vanackere ne suit pas le conseil de la diplomatie israélienne de continuer à soutenir Hosni Moubarak.

 

JFH

 

 

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