Steven Vanackere mesure la complexité du noeud chypriote

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Le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere, en visite officielle à Nicosie jeudi, a mesuré l'ampleur du différend opposant les communautés chypriotes grecque et turque.

Le ministre Belge se montre essentiellement soucieux de "maintenir en marche" le train des négociations qui ont repris depuis 2008 entre les deux parties.

Ayant quitté mardi soir les négociations de la préformation sur Bruxelles-Hal-Vilvorde pour une visite de trois jours à Athènes et Nicosie, Steven Vanackere a plongé jeudi dans la réalité chypriote en parcourant, sous l'oeil des Casques bleus de l'ONU, la zone-tampon inhabitée qui déchire de son aspect fantômatique le coeur de la capitale Nicosie, depuis 1974 et la prise du nord de l'île par la Turquie.

Le dossier chypriote revêt une importance particulière pour Ankara, sa résolution étant susceptible de faciliter le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union, dont Steven Vanackere est aussi en charge en tant que responsable de l'élargissement dans le cadre de la présidence belge de l'UE.

A son homologue chypriote grec Markos Kyprianou qu'il a rencontré jeudi, le ministre belge a souligné sa volonté de voir le train des négociations poursuivre sa route, alors que l'opinion publique chypriote grecque, qui bénéficie d'une économie relativement prospère, semble se satisfaire du quasi statu quo qu'elle connaît depuis plus de 35 ans.

Markos Kyprianou a témoigné de sa volonté de "trouver une solution", mais il faut aussi une réponse venant de l'autre côté, a-t-il ajouté, répétant toutefois son soutien à l'adhésion turque à l'UE.

Retour des réfugiés, restitution des propriétés, problèmes migratoires aux frontières de l'Union, sont autant de sujets sensibles qui n'augurent pas une résolution rapide du conflit, d'où la volonté de la Belgique de favoriser une évolution "pas à pas".

Comme à travers le soutien financier qu'elle apporte, ainsi que la communauté internationale, à l'initiative humanitaire sous l'égide de l'ONU d'un laboratoire d'identification des victimes chypriotes grecques et turques de 1964 (massacres communautaires) et 1974 (invasion turque du nord de l'île).

Dans cette bulle scientifique isolée aux confins des zones antagonistes travaillent chaque jour des analystes des deux communautés, afin d'identifier les restes humains et les restituer aux familles.

Mais cette initiative reste isolée, et les négociations piétinent. Après l'espoir qu'a suscité l'élection en 2008 du dirigeant chypriote grec Demetris Chrystofias, partisan de la réunification, l'élection l'année suivante du nationaliste chypriote turc Dervis Eroglu a été vue comme un frein potentiel.

"Mais qui sait, parfois un nationaliste peut se permettre des concessions qu'un modéré ne pourrait, politiquement, consentir", commentait malicieusement un diplomate belge. D'autant que la Turquie, soucieuse de faire bonne figure dans son dossier d'adhésion, espère avant la fin de l'année l'organisation d'une conférence onusienne sur le dossier chypriote.

Vendredi, Steven Vanackere rencontrera notamment le dirigeant chypriote grec Demetris Christofias avant de rentrer à Bruxelles et retrouver, sans doute, les négociations communautaires belges qu'il suit actuellement à distance.

Belga

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