Statut de Jérusalem: "C'est le dernier clou dans le cercueil du processus de paix"

Statut de Jérusalem: "C'est le dernier clou dans le cercueil du processus de paix"
Statut de Jérusalem: "C'est le dernier clou dans le cercueil du processus de paix" - © Tous droits réservés

En reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, le président américain Donald Trump a pris une décision en rupture spectaculaire avec la politique de ses prédécesseurs.

"Tous les présidents, quel que soit leur bord politique, qui n'avaient jamais franchi ce pas et accepté Jérusalem comme étant la capitale d'Israël, ni de déménager l'ambassade à Jérusalem", analyse le professeur de droit international à l'ULB François Dubuisson au micro de la Première.

Réagissant aux propos de l'ambassadrice d'Israël, qui a déclaré que la décision de Trump consacre un fait qui a 3.000 ans, François Dubuisson assure que "du point de vue du droit international, c'est une décision qui est totalement contraire à toute une série de textes que Madame l'Ambassadrice s'est bien gardée de mentionner". En effet, explique-t-il, "il y a toute une série de textes qui définissent assez clairement quel est le statut de Jérusalem".

La décision de Donald Trump contredit toute une série de textes internationaux

En prenant cette décision, Donald Trump "contredit toute une série de textes internationaux qui avait été acceptés par les États-Unis eux-mêmes, encore tout dernièrement par le président Obama avec la résolution 2334, qui disait très clairement qu'il fallait mettre fin à l'occupation, y compris à Jérusalem-Est (...) Donald Trump prend donc totalement le contre-pied à cet égard et ne fait qu'appuyer et renforcer la position israélienne qui est totalement intransigeante".

L'ambassadrice assure tout de même vouloir poursuivre le processus de paix pour "pouvoir négocier les frontières entre deux Etats". Mais François Dubuisson est sceptique. "Il faut quand même constater que le processus de paix était mort. La tentative d'Obama et de John Kerry a buté finalement sur l'intransigeance israélienne", explique-t-il. "On ne voit donc pas très bien déjà au départ ce qui aurait pu le relancer. Là, c'est le dernier clou dans le cercueil du processus de paix".

"Je suis très choqué de ce que j'ai entendu avec les arguments simplement religieux ou historiques. Jérusalem doit son existence à toute une série de textes internationaux. Ce sont les Nations unies qui ont accepté la création de l'État d'Israël, mais ce sont aussi les Nations unies qui ont indiqué que Jérusalem-Est était un territoire palestinien qui devait revenir à l'État palestinien", conclut François Dubuisson. 

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