Spring Break: quand la réalité du Coronavirus rappelle les fêtards à l'ordre

Spring Break: quand la réalité du Coronavirus rappelle les fêtards à l'ordre
Spring Break: quand la réalité du Coronavirus rappelle les fêtards à l'ordre - © Mike Ehrmann - AFP

Cette semaine, les étudiants américains ont encore rempli les plages et les boîtes de nuit de Floride et de Cancùn (Mexique), plus intéressés par la bière Corona que par le Coronavirus, en ignorant pendant des jours les consignes de précaution face à la pandémie. Jusqu'à ce que la réalité les rappelle à l'ordre.

Le "Spring Break", congé universitaire de printemps, est normalement le pic de la saison à Cancùn, des milliers d'étudiants viennent y faire la fête. Même si la situation pandémie fait que la plage est plus clairsemée, elle n'est toujours pas déserte : il y a encore des rassemblements, des touristes les uns à coté des autres sur le sable. Dans le centre-ville, le constat est le même: les touristes déambulent tranquillement. La deuxième économie d'Amérique latine, si dépendante du commerce et du tourisme, a du mal a réagir. "Ça n'a rien changé pour les vacances de printemps car les clubs sont pleins ces jours-ci et nous espérons qu'ils resteront plein, et qu'il y aura beaucoup de monde dans les hôtels", explique sans sourciller un employé d'un tour-opérateur sur place.

Pourtant dans la capitale Mexico, même s'il n'y pas de quarantaine ni de couvre-feu établis, des mesures ont été prises. Si certains citoyens se protègent, ils sont encore beaucoup trop nombreux à se côtoyer. Il faut dire que le président de la république lui-même ne montre pas vraiment l'exemple puisqu'il affirme avoir un bouclier protecteur contre le Coronavirus. Dans une conférence de presse devant une salle remplie de journalistes ne respectant pas la distance de sécurité, Andrés Manuel López Obrador a montré ses talismans: "Le cœur de Jésus est avec moi. Je n'ai pas d'ennemi, mais des adversaires. Et j'ai un rêve, que notre peuple ne souffre pas. Je veux que notre peuple soit heureux, heureux, heureux, heureux". Certains critiquent la résistance du président Andrés Manuel Lopez Obrador aux interdictions de voyager ou aux arrêts de travail.

Des jeunes vacanciers mis en garde

Aux Etat-Unis, cette semaine, les plages de Floride étaient encore pleines de monde, même si les autorités ont ordonné leur fermeture au coucher du soleil. "Si j'attrape le corona, tant pis! Je ne vais pas laisser ce truc m'empêcher de faire la fête", s'exclamait un jeune touriste. Les réseaux sociaux se sont enflammés contre l'inconscience de ces étudiants, qui postaient des photos de fêtes où le concept de "distance sociale" n'a manifestement pas été intégré. Même le président Donald Trump a mis en garde mercredi les jeunes vacanciers contre la dangerosité du virus. "On ne veut pas qu'ils se rassemblent, et je les vois le faire comme sur les plages ou dans les restaurants", a-t-il déploré.

La ville de Miami Beach a décidé que la fête était finie et pris des mesures, pas toujours suivies. "Vous n'êtes pas invincibles, a souligné mardi le maire Dan Gelber en s'adressant aux jeunes. Vous devez pensez à la personne à côté de vous et même à celles que vous ne connaissez pas. Vous devez arrêter ce type d'activités maintenant, ce n'est pas marrant et cela a des conséquences dévastatrices".

A Miami, les bars, boîtes de nuit et salles de sport ont fermé mardi à 23H00 jusqu'à nouvel ordre, les restaurants ne vendent plus que des plats à emporter et les rassemblements de plus de dix personnes sont désormais interdits dans les parcs et sur les plages.

Désormais, les Etats-Unis ont plus de cas (26.747) que l’Espagne (25.496) et deviennent le troisième pays le plus touché au monde. Ils comptent aussi 340 décès, avec les États de Washington et de New York comme épicentres (94 et 70 décès). Des chiffres qui vont peut-être faire réfléchir ceux qui veulent encore faire la fête sur la plage.

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