SpaceX décolle ce dimanche pour un vol historique, mais que vont faire les astronautes dans l’ISS ?

Dans la nuit de samedi à dimanche, SpaceX lancera son tout premier vol commercial depuis Cap Canaveral en Floride.

Si cette annonce peut paraître anodine, c’est pourtant un moment historique, une nouvelle page de l’histoire aérospatiale qui s’ouvre, celle du transport habité privé.

Ce vol marque également le retour de la NASA aux vols habités depuis le dernier vol de la navette spatiale Atlantis (qui clôturait 35 vols) le 21 juillet 2011.

Une équipe Nippo-Américaine

Ce voyage spatial qui porte le nom de Crew-1 aura pour but d’atteindre la station spatiale internationale qui gravite à 400 kilomètres au-dessus de la terre, il faudra voler durant 8 heures.

Dans la capsule Crew Dragon, ils seront 4 astronautes : Victor Glover, Michael Hopkins et Shannon Walker sont des Américains qui représentent la NASA. Le dernier membre est Soichi Noguchi, un Japonais dépendant de la Jaxa, L’Agence d’exploration aérospatiale japonaise.

Durant le vol, Glover pilotera le Crew Dragon, nommé Resilience, et Hopkins en sera le commandant. Walker et Noguchi seront les spécialistes de la mission.

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Les 4 astronautes décolleront dans la nuit de samedi à dimanche. © AFP

Il sera 1h49 en Belgique quand la fusée décollera du pied de tir historique de Cap Canaveral.

Initialement prévu le 23 octobre dernier, ce lancement avait été reporté à cause d’une anomalie détectée sur un lanceur Falcon 9. Le 2 octobre, un lancement a en effet été annulé 2 secondes avant son décollage en raison d’une augmentation inattendue de la pression dans un générateur de gaz d’un moteur.

Pas une première

Mais si ce vol est possible, c’est également grâce au vol d’essai effectué en mai dernier. A son bord, Bob Behnken et Doug Hurley étaient les deux premiers passagers de SpaceX. Après avoir passé 2 mois dans l’espace, ils sont revenus sur terre à bord de la capsule Crew Dragon.

Que fait-on dans l’ISS ?

Cette fois-ci, les astronautes partent pour 6 mois de mission dans la station spatiale internationale au cours de laquelle plusieurs sorties dans l’espace sont prévues.

Si de nombreuses personnes estiment ces voyages spatiaux comme des gouffres économiques, il y a pourtant de réels buts à envoyer des hommes et des femmes dans l’espace.

Dans l’ISS, les astronautes travaillent 50% du temps sur des expériences qui ne pourraient pas être effectuées sur terre. Les propriétés physiques de l’espace permettent d’étudier des réactions différentes.


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Lors de son voyage dans l’espace en 2017, l’astronaute français Thomas Pesquet avait notamment étudié la physique des fluides ou encore la science des matériaux.

Mais l’une des missions principales est de découvrir les réactions du corps dans ce milieu. On s’est notamment rendu compte que lors d’un séjour de 6 mois dans l’espace, sur les artères, c’est comme si on prenait 20 ans.

On étudie donc l’aspect physique du corps, mais aussi les réactions du cerveau dans un milieu qu’il ne connaît pas pour mieux comprendre ses réactions.

Mars en ligne de mire

Toutes ces analyses sur les réactions du corps ont un but précis, préparer les missions futures en découvrant nos limites. Et désormais, c’est le voyage vers Mars qui est le prochain objectif.

Dans une vidéo du CNES, Thomas Pesquet qui décollera avec SpaceX en 2021 expliquait que "dans l’espace, on flotte toute la journée. On est obligés de faire 2h30 de sport par jour pour limiter la perte osseuse et la perte musculaire".

On étudie donc aujourd’hui le corps pour voir s’il sera capable de tenir un si long voyage que celui qui mène vers Mars. Entre le trajet aller-retour et le travail sur place, les astronautes seraient en orbite pendant près de 3 ans. Il est donc important de savoir si les os humains seront capables de conserver leurs propriétés dans un milieu où ils ne servent quasiment à rien.

Prochaine mission en mars 2021

Aujourd’hui, en plus de l’aspect scientifique cette mission est véritable signe de partenariat privilégie entre SpaceX et la NASA. Il permet également aux Américains d’à nouveau décoller depuis leur sol, eux qui dépendaient auparavant de la Russie et du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

L’agence fondée par Elon Musk est considérée comme l’un des prestataires les plus fiables de l’agence spatiale américaine. Les premiers liens remontent d’ailleurs à 2012 lorsque SpaceX a lancé ses premiers vols de ravitaillement de la station spatiale avec la version cargo de Dragon.

Le flux de décollages va d’ailleurs s’intensifier puisque 7 missions habitées et cargo vont voir le jour dans les 15 prochains mois. " A chaque fois que nous lancerons un Drago, il y en aura deux autres dans l’espace en simultané, pour des périodes prolongées" a détaillé Benji Reed, responsable des vols habités chez SpaceX.

La prochaine mission habitée est programmée en mars 2021. Elle sera habitée par deux Américains, un Japonais et le Français Thomas Pasquet.

ISS : 20 ans de présence habitée dans la station spaciale (JT du 01/11/2020)

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