Soudan: "plus de 30 morts" dans la dispersion des manifestants

Les forces soudanaises sont violemment intervenues lundi contre les manifestants qui campent depuis des semaines dans le centre de la capitale Khartoum. Selon un nouveau bilan des médecins, il y aurait "plus de 30 morts". 

Des chaînes de télévisions ont diffusé en direct des scènes de chaos. On voit des manifestants prendre la fuite ou évacuer des blessés tandis qu'une fumée noire s'élève des tentes qu'ils avaient installées sur la place, apparemment incendiées par les forces de l'ordre, et que des coups de feu retentissent.

"Les manifestants qui participaient à un sit-in devant le commandement général de l'armée sont menacés de massacre dans cette tentative déloyale de disperser leur rassemblement", a dénoncé dans un communiqué le principal groupe représentant les manifestants, annonçant la rupture des discussions et de "tout contact" avec les militaires.

Discussions dans l’impasse

Le Conseil militaire de transition, qui a pris le pouvoir en avril après avoir destitué le président Omar el Béchir, affirme pour sa part que les forces de sécurité s'en sont pris à des "criminels" dans un secteur adjacent. "Certains de ces éléments ont fui vers le site des manifestants et ont provoqué ce chaos", a expliqué le porte-parole.

Cet accès de violence survient alors que les discussions entre les manifestants, qui réclament la restitution du pouvoir aux civils, et la junte militaire sont dans l'impasse. Le CMT a proposé aux manifestants de former un gouvernement mais exige de conserver une autorité supérieure durant une période de transition.

Réaction immédiate de l'ONU...

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné l'usage excessif de la force par les autorités soudanaises contre les manifestants et a appelé à une enquête indépendante après une violente dispersion de manifestations ayant fait au moins 13 morts à Khartoum.

M. Guterres s'est dit "alarmé", dans un communiqué, par les informations signalant que les forces de sécurité soudanaises avaient ouvert le feu à l'intérieur d'un hôpital. "Ce qui est clair pour nous c'est qu'il y a eu un usage excessif de la force par les forces de sécurité sur des civils. Des gens sont morts. Des personnes ont été blessées", a déclaré le porte-parole du patron de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Dans un communiqué séparé, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a également déploré "l'usage excessif de la force", notamment de tirs à "balles réelles", sur les manifestants.

"J'exhorte les forces de sécurité à mettre fin immédiatement à ces attaques et à garantir à tous un accès sûr et sans entrave aux soins médicaux", a demandé Michelle Bachelet.

Le chef de l'ONU a aussi réitéré son appel à des négociations pour relancer le transfert pacifique du pouvoir à un gouvernement civil

.. et des Etats-Unis

Les Etats-Unis ont également condamné cette répression "brutale" et ont estimé que de meilleures relations avec Washington dépendraient des progrès vers la formation d'un gouvernement civil. 

"C'était une attaque brutale et coordonnée, menée par la milice de la Force de soutien rapide qui rappelle certains des pires crimes du régime" d'Omar el-Béchir, a tweeté Tibor Nagy, secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique. 
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK