Soudan: le "responsable" de la dispersion sanglante du sit-in identifié

Les autorités soudanaises ont identifié le "responsable" de l'opération de dispersion d'un sit-in de manifestants qui a fait des dizaines de morts à Khartoum début juin, a affirmé jeudi un haut responsable.

Le 3 juin, des hommes armés en tenue militaire ont dispersé ce sit-in installé depuis début mai devant le QG de l'armée pour faire pression sur les militaires et réclamer un transfert du pouvoir aux civils après la destitution du président Omar el-Béchir.

Les Forces de soutien rapide (RSF) ont été accusées par les chefs de la contestation et des ONG d'être à l'origine du drame. Au moins 128 personnes ont péri dans la dispersion du sit-in et la répression qui s'est poursuivie les jours suivants, selon des médecins proches de la contestation. Les autorités ont fait état de 61 morts.

>>À lire aussi: Destitution du président, révolution, "opération de nettoyage": que se passe-t-il au Soudan?

>>À lire aussi: Entre patrouilles, mitrailleuses et répression sanglante, retour sur la crise au Soudan

Les autorités promettent "une enquête transparente"

Au pouvoir depuis la destitution de M. Béchir, le Conseil militaire de transition a regretté des "erreurs qui se sont produites" lors de la dispersion, tout en assurant ne pas l'avoir ordonnée et que l'objectif initial de l'opération était tout autre.

Le numéro deux du Conseil militaire de transition, le général Mohammed Hamdan Daglo, dit "Hemeidti", qui est à la tête des RSF, n'a pas identifié ce "responsable" en précisant qu'il ne voulait pas influer sur l'enquête, et il n'a pas non plus précisé s'il avait été arrêté.

Le général Daglo a ajouté que les auteurs de la dispersion, qu'ils soient "des membres des forces régulières ou des civils, seraient traduits en justice".

"L'enquête sera transparente et le procès public", a-t-il souligné devant un rassemblement de femmes soudanaises en soutien au Conseil militaire dans la capitale.

Les militaires ont mis sur pied une commission d'enquête dont les résultats n'ont pas encore été rendus publics.

Par le passé, le général Daglo avait assuré que le drame de la dispersion était un "piège" tendu aux RSF.

Un sit-in dispersé dans le sang et la terreur

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK