Soudan du Sud: pour MSF, l'ONU néglige les réfugiés

Soudan du Sud: pour MSF, l'ONU néglige les réfugiés dans sa base de Juba
Soudan du Sud: pour MSF, l'ONU néglige les réfugiés dans sa base de Juba - © JM LOPEZ - BELGAIMAGE

"Scandalisée", l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) dénonce "l'indifférence" des responsables de l'ONU au Soudan du Sud à l'égard des conditions de vie des Sud-Soudanais réfugiés dans sa base de Juba. Le camp dans lequel ils vivent est inondé et les eaux contaminées les exposent constamment à des risques d'épidémies. Une situation qui leur est "potentiellement fatale", déplore MSF.

"Ces gens vivent dans des eaux de crue contaminées avec de la matière fécale", explique l'ONG, "scandalisée". "Aucune action n'a été prise pour améliorer (la base onusienne de) Tomping et ceci a de potentielles conséquences fatales".

MSF ajoute dans un communiqué qu'"au cours de premières pluies de la saison, 150 latrines se sont effondrées, se mélangeant avec l'eau accumulée. Les gens vivent dans des fosses naturelles de drainage, vu qu'il n'existe pas d'autre espace disponible et il y a une latrine pour 65 personnes".

Les diarrhées, les infections respiratoires et les maladies de peau représentent déjà plus de 60% des cas traités à sa clinique du camp, assure l'organisation de médecins. Dans la vidéo suivante, un coordinateur du projet MSF explique qu'il existe même "une possibilité d'épidémie de choléra" qui serait "dévastatrice dans un camp comme celui-ci".

Selon la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss), environ 21 000 personnes sont réfugiées dans ce camp de Tomping, près de l'aéroport de Juba, depuis que les combats y ont éclaté mi-décembre entre troupes rivales au sein de l'armée sud-soudanaise.

Les affrontements entre soldats loyaux au président Salva Kiir et ceux fidèles à son ancien vice-président Riek Machar, accompagnés de massacres ethniques, se sont ensuite propagés à l'intérieur du pays, chassant de chez eux plus d'un million de personnes dont environ 68 000 ont trouvé refuge dans les huit bases que compte l'ONU au Soudan du Sud.

Si le calme est revenu à Juba, les réfugiés de Tomping refusent de quitter le camp souvent par peur de représailles de la part des soldats dinka - ethnie de Salva Kiir - qui tiennent la capitale.

"La décision de la Minuss de ne pas améliorer les conditions à Tomping est honteuse", a estimé Carolina Lopez, coordinatrice d'urgence de MSF, citée dans ce communiqué, rappelant que "les pluies, qui vont durer l'essentiel des six prochains mois, redoublent actuellement et si rien n'est fait, les conséquences déjà horribles pourraient être fatales".

MSF explique que les réfugiés de Tomping sont "entassés dans les parties basses de l'enceinte (de l'ONU), connues pour être inondables" et affirme que la demande "d'étendre le camp de Tomping vers des zones non inondées et disponibles, au moins en temps que mesure temporaire pour sauver des vies, a été inexplicablement refusée".

Avec agences

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