Soudan : début de l'audition de hauts gradés sur la répression de 2019 qui a provoqué une centaine de morts

Soudan : début de l’audition de hauts gradés sur la répression de 2019 qui a provoqué une centaine de morts
Soudan : début de l’audition de hauts gradés sur la répression de 2019 qui a provoqué une centaine de morts - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Un premier haut gradé de l’armée soudanaise a été interrogé lundi par la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la dispersion d’une manifestation pro-démocratie en juin 2019 ayant entraîné la mort d’une centaine de personnes.

"La première audition d’un militaire appartenant au Conseil militaire de transition (CMT) a eu lieu lundi", a indiqué mardi à l’AFP Nabil Adib, président de cette commission d’enquête, refusant de révéler l’identité de ce haut gradé et combien de militaires allaient être interrogés.


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M. Adib, avocat spécialisé dans les droits humains, a été nommé en octobre 2019 par le Premier ministre Abdallah Hamdok.

Le 3 juin 2019, près de deux mois après la chute de l’autocrate Omar el-Béchir par un soulèvement populaire inédit, des hommes armés en tenue militaire ont dispersé dans le sang un sit-in organisé par des manifestants devant le quartier général de l’armée à Khartoum.

Des "erreurs" qui ont provoqué un bain de sang

Le CMT, qui a succédé à Béchir, a regretté "des erreurs" après avoir demandé à ses commandants "un plan pour disperser" les manifestants.

"Tous les membres de ce que fut le CMT, aujourd’hui dissous, doivent se présenter devant cette commission d’enquête indépendante", a affirmé début décembre le conseiller média du général Abdel Fattah al-Burhane, commandant en chef de l’armée, dans des propos rapportés par l’agence officielle Suna.


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M. Burhane était le chef du CMT, dissous au moment de la création en août 2019 du Conseil de souveraineté, la plus haute instance de pouvoir au Soudan, qu’il préside depuis.

La répression du 3 juin est l’épisode le plus sanglant du mouvement de contestation du régime de l’ancien président Omar el-Béchir, qui a duré cinq mois et a fait plusieurs centaines de morts, selon divers bilans.

Un comité de médecins, proche des manifestants, a avancé un bilan pour cette journée-là de 127 morts mais les autorités ont parlé de seulement 71 tués.

Une première enquête en juin 2019, ordonnée par le Conseil militaire, a établi que des membres de Forces de soutien rapide (RSF), une organisation paramilitaire, étaient impliqués dans le bain de sang.

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