Sortie des Etats-Unis de l'Accord de Paris: les condamnations affluent

Sortie de
Sortie de - © SAUL LOEB - AFP

Alors que le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de l'Accord de Paris sur le climat, les réactions ont été nombreuses, à l'instar du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui a affirmé vendredi qu'il n'y aurait pas de "retour en arrière" sur l'accord de Paris sur le climat, à l'ouverture d'un sommet UE-Chine à Bruxelles.

"Il n'y a pas de marche arrière sur la transition énergétique. Il n'y a pas de retour en arrière sur l'accord de Paris", a déclaré Jean-Claude Juncker au lendemain du retrait des Etats-Unis annoncé par le président Donald Trump.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui aussi réagi à l'annonce de la décision de Donald Trump. "On ne peut pas arrêter" la lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il prévenu , appelant tous les pays à "rester engagés" dans les accords de Pari

"Le changement climatique est indéniable et constitue l'une des plus fortes menaces au monde actuellement et pour le futur de notre planète. Et d'un autre côté, on ne peut pas arrêter l'action concernant le climat et j'appelle les pays du monde entier à garder le cap, à rester engagés dans les accords de Paris au profit de nous tous", a déclaré Antonio Guterres à des journalistes en marge du Forum international de Saint-Pétersbourg.

"Make our planet great again"

Même son de cloche chez les responsables européens. Rome, Paris et Berlin le crient haut et fort, ils ne renégocieront pas l'accord de la COP21. La chancelière allemande Angela Merkel regrette le choix du président Trump et s'est dite "plus déterminée que jamais" à agir pour le climat. "Cette décision ne peut et ne va pas arrêter ceux d'entre nous qui estimons avoir le devoir de protéger la planète", a dit la chancelière allemande à Berlin. "Nous sommes plus déterminés que jamais en Allemagne, en Europe et dans le monde à rassembler toutes nos forces" pour faire face au défi climatique, a-t-elle ajouté.

En france, le président Emmanuel Macron, dont la sortie a été pour le moins remarquée, a rapidement pris position Le nouveau locataire de l'Elysée a appelé les chercheurs et scientifiques à venir en France pour poursuivre leur travail: "À tous les scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs, je dis ‘venez et travaillez ici avec nous’. Vous devez rester confiants, nous allons réussir, car nous sommes entièrement impliqués, car où que nous vivions, qui que nous soyons, nous partageons tous la même responsabilité: "Make our planet great again". Plusieurs membres de son gouvernement comme son Premier-ministre Edouard Philippe ou son ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, pour qui le choix de Trump va entraîner "des renforcement d'alliances" proportionnés à "la gifle" reçue dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La Première ministre britannique Theresa May a elle aussi réagi et s'est dit déçue de la décision du président américain. "L'accord de Paris fournit le cadre global approprié pour protéger la prospérité et la sécurité des générations futures, tout en assurant l'accessibilité de l'énergie pour nos citoyens et nos entreprises "

En Belgique aussi, les voix se sont élevées. Pour le Premier ministre Charles Michel, cette décision irresponsable porte atteinte à la parole donnée. "On ne va pas danser quand monsieur Trump siffle. L'accord de Paris n'est pas renégociable", a-t-il fait savoir à la RTBF.

De son côté, le président du parti socialiste Elio Di Rupo estime pour sa part que ce retrait est une erreur de jugement et un très mauvais signal. "Ce serait une erreur de baisser les bras. Il importe que tous les autres pays signataires de l'Accord de Paris poursuivent et augmentent leurs efforts pour lutter contre le réchauffement. L'UE doit retrouver un rôle de pionnier et travailler avec tous les pays, dont la Chine, le Canada, l'Inde ou l'Afrique du Sud", a argumenté Elio Di Rupo.

Terminator, Bloomberg, Di Caprio

Certaines personnalités comme Arnold Schwarzenegger ont également vivement réagi à la décision de Trump de faire sortir les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Habitué aux vidéos postées sur Facebook dans lesquelles il critique vivement Donald Trump depuis que ce dernier avait décidé de se présenter à la présidentielle, l'ancien gouverneur de Californie n'a pas changé de modus operandi. Ainsi, il est passé par le réseau de Mark Zuckerberg dénoncer le choix du président des Etats-Unis.

"Un homme ne peut pas détruire nos progrès. Un homme ne peut pas arrêter notre révolution de l'énergie propre, commence-t-il. Un homme ne peut pas retourner dans le passé. Il n'y a que moi qui peut faire ça", glisse-t-il. Un clin d'oeil à son personnage de Terminator qu'il a incarné plusieurs fois au cinéma.

Autre star hollywoodienne à avoir rapidement réagi, Léonardo Di Caprio. Pour l'acteur, qui s'est exprimé sur Instagram, la décision de Trump est un gros pas en arrière et une "décision décourageante pour tous ceux qui cherchent un leadership dans la lutte contre le réchauffement climatique".

Une publication partagée par Leonardo DiCaprio (@leonardodicaprio) le

De son côté, le milliardaire américain Michael Bloomberg a promis d'apporter 15 millions de dollars (13,4 millions d'euros) pour soutenir les efforts des Nations unies contre le changement climatique. L'objectif est d'appuyer les opérations du secrétariat de la Convention climat de l'ONU (CCNUCC), "dont celles pour aider les pays à mettre en place leurs engagements dans le cadre de l'accord climat de Paris de 2015", a fait savoir dans un communiqué jeudi soir la fondation Bloomberg Philanthropies de l'ancien maire de New York, devenu envoyé spécial de l'ONU pour les villes et les changements climatiques. "Les Américains ne se retirent pas de l'accord climat de Paris", selon Michael Bloomberg. "C'est l'inverse, nous allons de l'avant"

"Absurde" pour le Vatican

Le chancelier Marcelo Sanchez Sorondo de l'Académie pontificale des sciences a qualifié la décision du président américain Donald Trump de retirer son pays de l'accord sur le climat de Paris d'"absurde", rapporte vendredi le site flamand Kerknet.

Selon le chancelier Sanchez Sorondo, le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris représente "une catastrophe pour tout le monde". Il soupçonne l'influence de l'industrie pétrolière d'avoir motivé cette décision "absurde". Donald Trump avait déjà affirmé que l'accord sur le climat était nuisible pour l'économie américaine.

Le GIEC compte sur les villes et le privé

L'impact de la décision américaine de se retirer de l'accord de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre "n'est pas encore clair". L'application des engagements dépend aussi de villes et du secteur privé, a insisté vendredi à Genève un porte-parole du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

"L'accord de Paris va continuer", a dit devant la presse Jonathan Lynn. Mais "nous avons besoin de la science plus que jamais pour informer les responsables politiques", alors que l'impact humain sur le réchauffement climatique a été prouvé.

Une sortie américaine va prendre au moins trois ans, a rappelé le porte-parole. Selon certaines études, ce départ pourrait être responsable d'une hausse supplémentaire de 0,3 degré à l'horizon 2100, a rappelé de son côté un responsable de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir