Sommet UE: "un bon accord" pour A. Merkel, mais dans la douleur

Angela Merkel au sommet européen de Bruxelles sur la crise de la dette
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Angela Merkel au sommet européen de Bruxelles sur la crise de la dette - © GEORGES GOBET (belga)

Au terme d'une nuit de négociations, les 27 sont parvenus à un accord en demi-teinte sur le renforcement de la discipline budgétaire. Certes le veto britannique a pu être contourné, mais les institutions de l'Union en sortent affaiblies. Pour la chancelière allemande Angela Merkel toutefois, le sommet européen a abouti à un "bon résultat" qui doit permettre à l'euro de regagner sa "crédibilité".

"Nous sommes parvenus après de longues négociations à un bon résultat", a-t-elle dit à la presse à l'issue de la première journée du sommet de Bruxelles, où un accord de principe a été trouvé sur un net renforcement de la discipline budgétaire des pays de l'Union monétaire.

"Nous allons bâtir une union budgétaire pour l'euro qui sera en même temps une union de stabilité", a-t-elle ajouté.

"J'ai toujours dit qu'il fallait que les 17 Etats de la zone euro regagnent leur crédibilité et je pense qu'avec les décisions d'aujourd'hui il (l'euro) peut et va le faire", a estimé la chancelière allemande. José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy n'ont pas dit autre chose.

Divisée sur une révision des traités, l'Europe avancera sans le Royaume-Uni

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ne sont pas parvenus à se mettre d'accord, après une dizaine d'heures de négociations, sur une révision des traités européens permettant d'ancrer la discipline budgétaire.

Face à la résistance du Royaume-Uni et d'autres pays, comme la Hongrie, ils ont décidé vendredi à l'aube de conclure un nouveau traité limité aux 17 pays membres de la zone euro et à six autres Etats.

"Nous aurions préféré un accord à 27, cela n'a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques", a précisé le président français Nicolas sarkozy devant la presse. "Pour accepter une réforme des traités à 27, (le Premier britannique) David Cameron a demandé, ce que nous avons considéré tous comme inacceptable, un protocole dans le traité permettant d'exonérer le Royaume-Uni d'un certain nombre de règlementations sur les services financiers", a expliqué Nicolas Sarkozy.

"Ce que nous n'avons pas pu accepter, puisque nous considérons tout au contraire qu'une partie des ennuis du monde vient de la dérégulation du service financier", a poursuivi le chef de l'Etat français.

Renforcement de la discipline budgétaire

Confrontés au risque d'implosion de l'euro, les dirigeants européens cherchaient à rassurer les marchés et ramener ainsi leurs conditions d'emprunt à des niveaux soutenables. Emmenés par l'Allemagne, ils ont opté pour la voie d'un renforcement considérable de la discipline budgétaire, passant notamment par l'interdiction des déficits structurels supérieurs à 0,5% du PIB. Ce nouveau "pacte budgétaire" propose également d'inscrire dans les constitutions des Etats le principe de la "règle d'or", qui interdit de présenter des budgets en déséquilibre. Des sanctions seraient automatiquement mises en oeuvre dès que le déficit atteindrait 3%, mais une majorité des Etats pourrait éventuellement décider qu'il en irait autrement.

Mais plus que sur les objectifs, les débats des 27 ont porté sur la manière d'y parvenir. La révision des traités a provoqué d'intenses tensions avec le Royaume-Uni. Londres a refusé la conclusion d'un nouveau traité à 27, mais aussi le lancement formel d'une coopération renforcée. A défaut, les Européens ont opté pour une solution alambiquée, consistant à conclure entre les 17 pays de la zone euro, et avec six autres pays, un traité ad hoc, de type intergouvernemental. Hors du cadre communautaire, celui-ci pourra s'appuyer sur les institutions de l'Union.

Des sécurités prévues

Les dirigeants ont aussi évoqué les instruments de secours, dont la crédibilité est jugée essentielle pour rassurer les marchés. Si un financement monétaire des dettes par la Banque centrale n'est toujours pas à l'ordre du jour, ils ont prévu que la BCE jouerait un rôle accru de gestion en faveur de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF). Ils ont également décidé d'un renflouement du Fonds monétaire international (FMI) sur une base bilatérale afin de permettre au Fonds de soutenir en retour d'éventuels pays européens dans le besoin.

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont également chargé le trio formé par José-Manuel Barroso, Herman van Rompuy et Jean-Claude Juncker de poursuivre leurs travaux sur "l'intégration fiscale et la mutuellisation", autrement dit sur l'éventualité de créer des euro-obligations, un dispositif auquel l'Allemagne est radicalement opposée alors que d'autres pays réclament sa création. Ils devront faire rapport de leurs travaux en juin 2012.

Une première pour Elio Di Rupo

Pour son baptême du feu européen, Elio Di Rupo aura été confronté à une négociation ardue et complexe avec ses collègues des 27. Au sortir des tractations, vers 5h30 vendredi matin, il était néanmoins souriant. "Quand je négocie, il me faut quelques nuits, sans quoi je ne suis pas heureux", a-t-il plaisanté avec les quelques journalistes encore présents sur place.

La Belgique a accepté la nouvelle rigueur qu'imposera le nouveau traité. "Dans la mesure où nous assumons nos responsabilités, les nouvelles règles sont celles que nous nous appliquons à nous-mêmes", souligne-t-on dans le camp belge. Le gouvernement a en effet prévu de revenir à l'équilibre budgétaire en 2015. La Belgique se félicite par ailleurs d'avoir évité la création de nouvelles sanctions visant plus précisément certaines politiques socio-économiques.

04h55: David Cameron, dont le départ avait été annoncé, serait toujours en réunion

Selon certaines sources, David Cameron avait quitté la réunion, renforçant l'idée que l'option à 17 l'emporterait, faute d'accord des 27. Il n'en serait rien, selon un diplomate: David Cameron serait toujours avec ses homologues et la discussion à 27 se poursuivrait, déjouant les pronostics antérieurs sur une fin de session aux premières heures de vendredi.

03h55: blocage britannique

Annoncée pour 03 heures, la fin de cette première session nocturne ne semble pas pour tout de suite. Il semble qu'ayant engrangé des résultats quant au fond des mesures à prendre (un nouveau "pacte budgétaire" et des règles précises pour une gouvernance économique renforcée), les chefs d'Etat et de gouvernement bloquent à présent sur la forme: la Grande Bretagne refuserait l'idée d'un traité à 27. Dès lors, c'est sur l'hypothèse d'un traité à 17 qu'ils travailleraient actuellement. Même si d'autres Etats pourraient rejoindre les 17, pour les tenants d'une évolution dans le cadre communautaire, c'est un mauvais signe.

02h40: Les bourses asiatiques baissent à l'ouverture

La journée de vendredi pourrait être mauvaise sur les marchés, en l'absence d'orientation claire des chefs d'Etat et de gouvernement. L'indice Hang Seng de la bourse de Hong Kong est en baisse de plus de 2%

01h45: Fin du premier acte à 03 heures ?

Pour permettre aux chefs d'Etat et de gouvernement de signer le traité d'adhésion de la Croatie dans un état de relative fraîcheur, on annonce que les travaux seraient terminés vers 03 heures ce vendredi matin. Ils reprendraient dès lors vendredi en milieu de matinée.

Mais une autre information, recueillie auprès des responsables des délégations, signale que les chauffeurs ont été priés de rester disponibles jusqu'à 5 heures, tandis que les responsables de sécurité sont priés de prolonger les réservations d'hôtel jusqu'à dimanche, signe d'un possible prolongement inhabituellement long du sommet. A confirmer.

00h55: Sinon, on parle aussi d'autre chose

L'octroi du statut de candidat pour la Serbie est reporté en mars prochain, dit-on. Et en juin de la même année, on entamera les négociations en vue de l'adhésion du Monténégro. Pour rappel, le traité d'adhésion de la Croatie sera, lui, signé vendredi.

Le Conseil veut également renforcer les sanctions contre l'Iran.

00h00: Des brouillons de déclaration finale circulent

Même si certains ironisent sur le nombre de versions différentes déjà en circulation, des projets circulent, comme celui-ci, qui prévoit notamment que le Fonds de soutien, le FESF, pourrait fonctionner en parallèle au Mécanisme européen de solidarité plutôt que de s'effacer devant lui. Il prévoit également que le MES pourrait entrer en vigueur dès que 90% du capital sera souscrit; et il interviendra dès que 85% des voix le réclamera. Si cela passe, cela signifie qu'il ne faudra plus l'unanimité pour intervenir lorsqu'un Etat en difficulté fera appel au MES.

"Nous sommes d'accord aujourd'hui sur un nouveau "pacte budgétaire" et sur une coordination des politiques économiques significativement renforcée dans les domaines d'intérêt commun. Ceci requerra un "new deal" entre les pays membres de la zone euro qui devra s'inscrire dans des règles communes ambitieuses dans un nouveau cadre légal". 

En clair, les Etats devront inscrire dans leur constitution les principes de la "règle d'or" chère au couple franco-allemand. Mais la rigueur des principes est un peu atténuée dans le projet de texte: les sanctions automatiques tomberaient à partir de 3% de déficit, sauf si les Etats, à la majorité qualifiée, en décident autrement. Et un déficit de 0,5% serait acceptable. Selon le président du Conseil Herman Van Rompuy, tout cela est possible sans passer par une révision des traités. Mais France et Allemagne sont d'un avis contraire.

L'Allemagne, faut-il le souligner, continue de bloquer sur les compromis présentés, au milieu de la nuit. "Angela Merkel refuse toujours toute solidarité financière. Cette certitude que tout le monde se trompe à part elle fait peur, non ?", tweete le correspondant à Bruxelles de Libération, Jean Quatremer . L'attitude de l'Allemagne suscite bien des commentaires désabusés, mais aussi quelques traits d'humour...

23h00: Le dîner se prolonge

Des bribes d'information percolent. Dans la délégation belge, on ne se montre pas outre mesure optimiste: "ce qu'il y a sur la table avec la position commune franco-allemande, c'est le pire des deux modèles". L'ultra-rigorisme allemand d'un côté, le parti-pris intergouvernemental français de l'autre. La ligne rouge pour la Belgique: pas question de sortir du cadre institutionnel actuel. Modifier le traité actuel, d'accord, mais pas de nouveau traité qui serait une aventure institutionnelle. D'une autre source, on apprend toutefois qu'il y aurait presque un accord sur le "contenu", le fond des mesures de la future gouvernance économique. Mais l'enjeu reste de savoir dans quel cadre institutionnel ces mesures seraient transcrites. De toutes manières, dit-on, l'objectif reste de faire une déclaration avant l'ouverture des marchés: tout va bien, il reste dix petites heures...

20h45: Les demandes de David Cameron "pas insurmontables"

A sa demande semble-t-il, David Cameron a rencontré Mario Monti, le Président du conseil italien. L'Italie jugerait les demandes britanniques "pas insurmontables". Elles pourraient être rencontrées en modifiant seulement le protocole 12, sans devoir recourir à une révision du traité. Dans le même temps, la délégation italienne souligne que l'Allemagne est relativement isolée dans sa volonté de changer à tout prix le traité.

19h45: les réunions en petit comité ont débuté

Les Premiers ministres néerlandais, luxembourgeois et belge se sont brièvement réunis avant le dîner des chefs d'Etat. Si l'on ne sait pas ce qu'ils se sont dit, on en a au moins la trace photographique.

Le Premier luxembourgeois aura dû se couper en quatre pour être également présent à une réunion avec Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, José-Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.

Et le couple franco-allemand s'est ensuite retrouvé avec David Cameron. Déblocage ou simple prise de température ?

19h40: l'Espagnol Jose-Luis Zapatero arrive à son dernier sommet

Sommet particulier pour le bientôt ex-Premier ministre espagnol. Il passera le témoin à son successeur de droite, Mariano Rajoy, dans les prochains jours. Dès lors, il parlera ici à Bruxelles au nom de Mariano Rajoy.

19h35: Début d'isolement pour la Grande-Bretagne ?

Alors qu'arrive le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, le débat semble déjà se cristalliser autour du cas britannique. David Cameron s'est mis d'emblée dans une position délicate en menaçant d'exercer son veto si des modifications du traité ne prenaient pas en compte les exigences britanniques. Mais comme beaucoup de pays semblent s'aligner sur la volonté du couple franco-allemand, on pourrait se diriger non vers un nouveau traité réduit aux Etats membres de la zone euro, mais à un nouveau traité à 26... La Grande-Bretagne serait ainsi isolée.

19h00: dans l'expectative, les marchés marquent le pas

Les bourses européennes ont nettement reculé jeudi après que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi eut une nouvelle fois exclu la possibilité d'intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats. 

Alors que s'ouvre le délicat sommet européen en soirée à Bruxelles, Paris perdait à la clôture 2,53%, Madrid 2,12% et Francfort 2,0%.

Milan accusait davantage le coup avec un perte de 4,29% alors que Londres limitait quelque peu les frais à -1,14%. De son côté, le BEL 20 perdait 1,94%.

18h50: Des rumeurs prennent leur envol...

Pour la Première ministre danoise, l'un des plus récents chef de gouvernement en Europe, il est important que l'Europe reste unie à 27. Elle a également estimé que le changement des traités pouvait constituer une partie de la solution, mais non la solution.

Selon certaines informations, il y aurait une réunion des 17 membres de l'euroland dans la soirée. Des rumeurs font par ailleurs état (déjà) d'un prolongement du sommet. Un signe: les badges d'accréditation sont prolongés au-delà du 9... Une autre rumeur fait état (déjà) de la nécessité de convoquer bientôt un nouveau sommet. Wait and see...

18h25: Angela Merkel a dit quelques mots en arrivant au Juste Lipse

Les acteurs se mettent en place pour cette soirée cruciale pour l'avenir de l'Union européenne. Malgré les critiques, la chancelière a répété le credo qu'elle professe depuis plusieurs jours avec son homologue français: "que cela soit à 17 pays de l'eurozone ou à 17 + X membres, nous devons trouver une solution".
Peu de temps après, le Premier ministre britannique David Cameron est arrivé à son tour. "La stabilité de la zone euro est importante, a-t-il dit, mais nous devons aussi protéger les intérêts britanniques".

18h10: le président français Nicolas Sarkozy arrive à son tour

Sans faire aucune déclaration, le président français Nicolas Sarkozy est entré dans le "Consilium". Il se trouvait ce matin encore à Marseille, pour un congrès du Parti populaire européen où il a retrouvé Angela Merkel et d'autres dirigeants européens, comme le tout nouveau Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy.

17h57: Elio Di Rupo arrive au Juste Lipse pour son premier Conseil

Le fraîchement émoulu Premier ministre belge, Elio Di Rupo, est arrivé au Juste Lipse pour prendre part à son premier Conseil européen. "L'esprit européen doit prévaloir, il faut de la solidarité entre Etats membres et entre les citoyens", a-t-il déclaré, en néerlandais puis en français, juste avant d'entrer dans le bâtiment, pour une réunion trilatérale des pays du Bénélux.
retransmise sur grand écran dans l'Atrium occupé par la presse, l'arrivée au Juste Lipse d'un premier ministre de plein exercice après 540 jours de crise a suscité une salve d'applaudissements.

17h00: les fédéralistes européens dénoncent les "bricolages" de "Merkozy"

Le groupe Spinelli, qui réunit des fédéralistes européens de renom, a vigoureusement jeudi les "bricolages" de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy.

Ils proposent un plan alternatif, basé notamment sur le recours à la Banque centrale et sur un contrôle démocratique accru, à travers le Parlement européen.
     
Le groupe Spinelli, qui compte dans ses rangs les Belges Guy Verhofstadt et Isabelle Durant, dénonce "le coup de chef d'Etat" orchestré par le duo franco-allemand, qui tente d'ancrer dans les traités l'interdiction des déficits et l'obligation de réduire les dettes.
    
La modification des traités est, selon les fédéralistes, un "bricolage" qui ne permettra pas de surmonter la crise financière, d'autant plus que l'Europe s'est déjà dotée de règles pour accroître la discipline budgétaire.
     
"Est-ce qu'on a pour seul horizon un renforcement presque irrationnel de la règle ?" a lancé lors d'une conférence de presse la Française Sylvie Goulard, membre du groupe Spinelli, en référence à l'insistance allemande sur
la rigueur.
     
A brève échéance, le groupe Spinelli préconise d'accompagner la discipline budgétaire de mesures de crise et de relance. Les fédéralistes veulent notamment mutualiser toute les dettes européennes sous le seuil de 60% du PIB et faire appel à la Banque centrale pour aider les pays en difficulté.
     
A plus long terme, ils sont eux aussi favorables à une modification des traités européens, mais le travail de réécriture devrait impliquer toute les composantes de la société à travers une Convention.

16h45: l'Espagne pour une révision des traités

Le Premier ministre espagnol désigné, Mariano Rajoy, s'est prononcé jeudi pour une modification des traités européens si cela s'avère nécessaire pour parvenir à une plus grande rigueur budgétaire et pour éviter que la crise ne se répète.

16h00: José Manuel Barroso pose ses conditions à la révision des traités

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a posé ses conditions jeudi à une révision du traité de l'UE.

"Nous devons être ouverts à une révision du traité si nos Etats membres peuvent garantir qu'ils sont en mesure d'approuver et de faire ratifier les modifications dans le traité", a déclaré José Manuel Barroso.
  
"Une révision de traité, c'est toujours un processus complexe (...). Nous pouvons soutenir cet effort s'il est vraiment nécessaire pour aller plus loin", a-t-il dit, avant de détailler les conditions d'une révision.
  
"Il est essentiel de garantir dans une révision du traité le rôle de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne, de la Cour européenne de justice et du Parlement européen. Une Europe plus forte, c'est une Europe qui a besoin d'institutions plus fortes", a-t-il affirmé.
 
"Nous pouvons dire oui à une révision si c'est pour assurer que l'euro est irréversible, si c'est pour aller vers plus d'intégration européenne et non pas une fragmentation du marché, si c'est pour renforcer notre cohérence et notre unité et non pas pour créer de nouvelles lignes de fracture entre nous, si c'est pour renforcer notre union dans le respect de nos institutions communautaires", a-t-il ajouté.

15h45: la Roumanie opposée à plusieurs catégories d'Etats membres


La Roumanie "ne peut pas accepter une Union européenne avec deux catégories d'Etats membres", a affirmé le Premier ministre roumain Traian Basescu.
  
"N'importe quelle décision de la zone euro affecte la vie des citoyens roumains", a-t-il affirmé devant le congrès des partis européens de droite (PPE).

15h30: la Pologne opposée à une Europe à plusieurs vitesses
 
Le Premier ministre polonais Donald Tusk s'est dit opposé jeudi à une "Europe à plusieurs vitesses", affirmant que "l'Europe, c'est 27 Etats membres, pas 17 ou 17 plus", comme l'envisagent la France et l'Allemagne.
 
 "La crise scelle notre cercueil si nous choisissons d'aliéner l'Europe à 27", a déclaré Donald Tusk devant le congrès des partis européens de droite (PPE) à Marseille.

15h00 : Angela Merkel croit qu'une solution sera trouvée

Les Européens trouveront une solution à la crise de la zone euro au sommet européen de vendredi, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel lors du Congrès du PPE.

"Nous allons trouver de bonnes solutions. Je suis convaincue que nous allons trouver une solution à toutes les questions", a déclaré Angela Merkel devant le congrès des partis européens de droite, tout en reconnaissant que les débats "seront difficiles" au sommet européen.
  
"Je demande la compréhension de ceux qui n'ont pas l'euro. Nous devons exprimer un signe fort à l'extérieur. Les mots seuls ne suffisent pas, il nous faut plus de lien, il nous faut une modification des traités", a-t-elle plaidé.

15h00 : l'Irlande dément se préparer au retour à la livre

L'Irlande a démenti jeudi se préparer à un retour à la livre irlandaise, comme le suggérait le Wall Street Journal, et a souligné que le sauvetage de l'euro était dans l'intérêt du pays.

15h00 :
"La justification que sans intégration européenne ce serait la guerre" n'est plus d"actualité

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a reconnu qu'"on ne (pouvait) pas atteindre les générations actuelles" en défendant le projet européen au nom d'un idéal de paix, dans un discours prononcé à Berlin.
  
"La justification (pour le projet européen) que sans intégration européenne ce serait la guerre, que l'union garantit la paix (...), on ne peut pas atteindre les générations actuelles avec cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence sur la sécurité européenne.

14h45 : la BCE appelle les Etats à ramener la confiance

La Banque centrale européenne (BCE) va lancer deux opérations de prêt sur 36 mois en faveur des banques, à taux fixe et montant illimité, pour améliorer leur accès aux liquidités et donc assurer le bon fonctionnement de l'économie en zone euro.

La Banque centrale européenne a revu en forte baisse sa prévision de croissance en zone euro l'an prochain, à 0,3% contre 1,3% espéré jusqu'ici, à cause essentiellement "de la forte incertitude liée à la crise de la dette", a
également annoncé jeudi son président Mario Draghi lors d'une conférence de presse.
  
Pour cette année, la BCE a maintenu sa prévision de 1,6%, et elle a livré une première attente pour 2013, en l'occurence une croissance de 1,3% en zone euro. En matière d'inflation, l'institution attend une accalmie progressive, avec un taux prévu à 2,7% cette année, 2% en 2012 puis 1,5% en 2013.

Mario Draghi a également appelé les Etats à faire le maximum pour ramener la confiance.Il a réclamé que le fonds de secours FESF soit opérationnel le plus vite possible, a exclu la possibilité d'intervenir davantage sur le marché
de la dette publique comme le réclament certains Etats, notamment la France, soulignant une nouvelle fois que les achats qu'effectue déjà la BCE sont "limités" et "temporaires".

14h30 : la Commission conteste la décision de S&P


La Commission européenne a contesté le bien-fondé de la décision de Standard&Poor's de placer la note de toute l'Union européenne sous surveillance négative, conséquence de l'avertissement lancé cette semaine par cette agence de notation à 15 pays de la zone euro.
 
La note de l'UE, actuellement triple A, pourrait être abaissée d'un cran si la note des Etats les mieux notés de la zone euro était dégradée, a souligné le porte-parole. Or, "la qualité d'émetteur de l'UE devrait être attribuée en fonction de ses propres mérites, qui découlent du statut spécial du budget européen et de ses ressources", a estimé le porte-parole du commissaire européen, Olli Rehn.

14h15: Nicolas Sarkozy s'exprime depuis la réunion du PPE à Marseille

Nicolas Sarkozy a estimé jeudi que "jamais le risque d'explosion de l'Europe n'a été aussi grand" et que les Européens n'avaient que "quelques semaines" pour prendre les décisions nécessaires pour sortir de la crise.
 
Le président français a estimé qu'il fallait un accord vendredi, qu'il n'y aurait pas de seconde chance.

13h45: la BCE abaisse son principal taux directeur


La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi son principal taux directeur à 1%, contre 1,25% précédemment, prenant en compte la dégradation continue de la conjoncture en zone euro, en pleine crise de la dette souveraine.

13h30: la Suède n'est pas pour une révision des traités

"Des changements légaux aux traités qui pourraient prendre du temps sont peut-être nécessaires, mais je ne crois pas que ce soit la solution que les marchés attendent", a ainsi jugé le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays n'est pas membre de la zone euro.
  
"Les marchés veulent savoir si nos pare-feu ont une puissance suffisante et si nous faisons suffisamment pour accroître la discipline budgétaire et les réformes dans les pays qui ont le plus de problèmes. Ce sont là les solutions", a-t-il précisé, sans fermer complètement la porte à un changement de traité.

13h00 : vers une solution par le FMI ?

La zone euro devrait probablement se mettre d'accord pour prêter 150 milliards d'euros au Fonds monétaire international (FMI) via des prêts bilatéraux émis par ses banques centrales, a annoncé un haut responsable de la zone euro.

La possibilité de prêts bilatéraux au FMI a été présentée comme une manière de doter l'institution de Washington de
suffisamment de fonds pour renflouer les pays de la zone euro en difficulté. Cela permettrait de contourner les règles du mandat de la BCE, qui excluent tout prêt direct aux Etats.

12h00 : les syndicats demandent plus de "social"

"Nous exigeons qu'une future révision des Traités se fasse en intégrant la dimension sociale", écrivent dans une tribune à paraître dans la presse européenne des leaders syndicaux espagnols (Ugnacio Fernández Toxo, CCOO, et Candido Mendez, UGT), allemand (Michael Sommer, DGB), italienne (Susanna Camusso, CGIL), français (Bernard Thibault, CGT, et François Chérèque, CFDT) et belges (Anne Demelenne, FGTB, et Claude Rolin, CSC).
  
"Nous avons besoin d'une clause générale de progrès social qui mette en place un 'plan de sauvetage social' qui mette l'Europe sur la voie du progrès social", ajoutent-ils.
 
Une "rupture de l'euro", préviennent-ils, pourrait "faire perdre tout sens, voire détruirait le projet européen lui-même qui constitue sans doute une des constructions politiques les plus importantes du XXe siècle".
  
"Face à ceux qui veulent changer les Traités uniquement pour renforcer le pacte de stabilité, nous considérons que leur modification, même limitée, ne peut avoir pour seuls objectifs d'exercer une pression constante sur les budgets nationaux et le renforcement de l'austérité", affirment-ils.

12h00: Standard and Poor's rassure

Standard and Poor's, qui a menacé lundi d'abaisser la note de 15 pays de la zone euro, n'envisage pas de scénario d'éclatement de l'union monétaire, a assuré jeudi le chef économiste Europe de l'agence de notation,
Jean-Michel Six rappelant que les deux hypothèses macroéconomiques retenues pour l'Europe en 2012 étaient appuyées sur un maintien de la zone euro.
  
Ces deux scénarios tablent respectivement sur un rebond après une récession technique et sur une récession plus sévère, avec une répartition des probabilités de 60% pour la premier et 40% pour le second, a-t-il rappelé.
 
11h00 : le Luxembourg tacle l'Allemagne

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a appelé ses partenaires à rendre leur aide aux pays de la zone euro "plus flexible et plus efficace", et l'Allemagne à cesser de s'ériger en modèle de vertu, dans un entretien publié
jeudi.

Il y a toujours eu en zone euro des pays aux finances plus équilibrées que l'Allemagne, a-t-il rappelé. "Il est donc étonnant que les Allemands pensent qu'ils sont les plus vertueux qui doivent payer pour les autres", a-t-il dit, "ce n'est pas vrai".

10h30 : sauver l'euro

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé les dirigeants de toute l'Union européenne à "tout faire pour garantir l'irréversibilité de l'euro", à son arrivée à une réunion des dirigeants du Parti populaire européen (PPE), la droite européenne.

Jeudi matin : pressions et tensions


La France fait monter la pression sur ses partenaires à quelques heures de l'ouverture du sommet. "L'euro peut exploser et l'Europe peut se défaire. Ça peut être une catastrophe non seulement pour l'Europe et la France mais pour le monde", a déclaré le ministre français chargé des Affaires européenne, Jean Leonetti, sur Canal+.

Le président de l'Eurogroupe, lui, a tenu à rassurer. "L'euro lui-même, en ce qui concerne sa valeur interne, en ce qui concerne le régime de change, n'est aucunement menacé", a-t-il dit sur France Info.

Mais il a également prévenu: il faut avancer, s'il le faut en laissant certains sur le côté. Jean Leonetti a tenu le même discours: "Si ça ne vous intéresse pas qu'on avance dans l'euro, on va vous tenir informé, on va vous respecter mais pour autant vous n'allez pas être dans la discussion".

Le Royaume-Uni notamment a demandé de nouveaux pouvoirs en échange de ce que la zone euro pourrait obtenir. "Plus les pays de la zone euro feront peser des demandes, plus nous en formulerons en retour", avait déclaré David Cameron. "Ce que nous voulons, particulièrement dans le domaine des services financiers dans lequel notre paysa un énorme intérêt, (c'est) de faire en sorte que nous ayons plus de pouvoirs, ici au Royaume-Uni, sur ces choses-là", avait-il ajouté.

Jean-Claude Juncker a déjà déclaré que c'était hors de question.

 

Ce qu'en dit la presse étrangère

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