Sommet social européen de Porto : des milliers de manifestants dans la rue pour davantage de concret

En marge d’un sommet européen où les Vingt-Sept se sont engagés à bâtir une Europe plus sociale, des milliers de manifestants, "au moins 3000" selon une source policière, ont défilé samedi à Porto, dans le nord du Portugal, pour dénoncer le chômage, la précarité ou les privatisations.

"S’ils ont des préoccupations sociales, ce n’est pas un sommet qu’il faut mais des actions concrètes sur le terrain. Les entreprises, on sait qu’elles n’ont pas de préoccupations sociales", a témoigné à l’AFP Telmo Silva.

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Manifestants à Porto, au Portugal, le 08 mai 2021 © MIGUEL RIOPA - AFP

Touché par le licenciement collectif de 150 salariés d’une importante raffinerie du pays qui a récemment cessé son activité, cet homme de 36 ans accuse son employeur depuis 15 ans, le groupe énergétique portugais Galp, de "profiter de la transition énergétique pour supprimer des emplois, réduire les salaires et retirer des droits".

Le Premier ministre portugais Antonio Costa, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, avait répété à l’envi que le sommet social de Porto devait précisément rassurer les Européens.


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Après une série de discussions avec des représentants des syndicats et du patronat vendredi, les dirigeants de l’UE ont approuvé samedi un "plan d’action" sur le dossier social que la Commission avait présenté début mars.

"Les travailleurs considèrent que les réponses nécessaires ne sont pas données. Il faut lutter contre cette politique de bas salaires, de précarité et de détérioration des services publics", a déclaré Isabel Camarinha, la secrétaire générale de la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP), qui a organisé la manifestation de samedi.

"Ce sommet européen est une déception. Il a débouché sur une série de bonnes intentions et pas une seule mesure concrète", a déclaré la cheffe de file du parti Bloc de gauche (gauche radicale), qui a rejoint le défilé après avoir tenu un contre-sommet avec d’autres dirigeants de la gauche antilibérale européenne.

L’idée d’une convergence vers le haut des salaires minimum dans l’UE a été un des sujets évoqués par les dirigeants réunis à Porto, mais aussi un de ceux qui se heurtent aux divisions entre pays européens.


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