Sommet Kim-Poutine: "Ca complique la donne pour les Etats-Unis"

Sommet Kim-Poutine: "Ca complique la donne pour les Etats-Unis"
Sommet Kim-Poutine: "Ca complique la donne pour les Etats-Unis" - © ALEXANDER ZEMLIANICHENKO - AFP

Kim Jong-Un et Vladimir Poutine se sont rencontrés aujourd'hui pour la première fois, à Vladivostok. Au menu de leurs discussions: la dénucléarisation de la Corée du Nord, la politique américaine et les lourdes sanctions auxquelles Pyongyang est aujourd'hui soumise.

Cette rencontre était attendue depuis longtemps côté russe, pour démontrer que les Etats-Unis ne sont pas la seule puissance disposant de l'influence suffisante pour engager des négociations avec Pyongyang sur son programme nucléaire.

"C'est tout à fait logique dans la démarche de Kim Jong-Un", explique Bruno Hellendorff, spécialiste de la Corée du Nord et chercheur associé à l'Institut Egmond. "C'est dans l'intérêt de la Corée du Nord d'avoir un partenaire supplémentaire qui vienne consolider sa normalisation diplomatique".

Kim Jong-Un repart avec ce qu'il était venu chercher: une poignée de main avec M. Poutine devant les caméras du monde entier. "Ce sommet a été affaire de symbolique diplomatique plus que de coopération réelle, mais la réunion est en soi une victoire pour M. Kim", estime Shin Beom-chul, de l'Institut Asan des études politiques.

La dénucléarisation, le cœur du problème

Lors de cette rencontre, aucune déclaration commune n'a été signée. Car le problème reste le même: que recouvre le terme de "dénucléarisation"? Chacun a sa définition. Et sa méthode pour y arriver. "Pour les Etats-Unis, l'objectif c'est de ramener la Corée du Nord dans le rang, alors que celui de la Russie c'est intégrer la Corée du Nord à des négociations à long terme", analyse Bruno Hellendorf. "Les Russes adoptent une position qui est plus diplomatique et constructive, en amenant des garanties de sécurité à la Corée du Nord pour discuter plus sereinement. Les Etats-unis restent dans une perspective où la dénucléarisation reste une condition à une levée des sanctions et où la négociation est très très limitée".

Ce sommet est donc aussi un message adressé aux Américains. Il permet à la Corée du Nord d'exercer une forme de pression sur Washington, avec qui les négociations patinent. Le deuxième sommet Trump-Kim, à Hanoï, n'a abouti à aucun accord en février dernier. "Cette situation complique la donne pour les Américains, qui estiment qu'il faut une pression maximale sur Pyongyang pour atteindre leurs objectifs. Et cette pression, ils ne pourront l'exercer pleinement que s'ils peuvent être dans un partage de vues avec la Chine et la Russie... c'est précisément ce que tente d'éviter la Corée du Nord."

Russes et Américains ne sont effectivement pas d'accord sur tout. Le président russe s'est dit favorable comme les Etats-Unis à une "dénucléarisation totale" et jugé un règlement "possible", à condition de faire "des premiers pas" et d'offrir à Pyongyang des "garanties de sécurité et de souveraineté" de la communauté internationale. "Le plus important est de restaurer (...) la force du droit international et de revenir à une situation où le droit international, et non pas le droit du plus fort, détermine le cours des affaires dans le monde", a-t-il plaidé.

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d'une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l'ont accusée d'aider Pyongyang à les contourner.

Relations nombreuses

La Russie et la Corée du Nord ont une relation historique importante, et aujourd'hui encore, les liens entre les deux pays sont nombreux. "La Russie a proposé de fournir une centrale nucélaire à la Corée du Nord en échange de contreparties dans le dossier militaire. Elle la fournit aussi en pétrole, ou en accès à internet. Elle est mieux diosposée à l'égard de Pyongyang que les autres états de la région et des Etats-Unis".

Toast et rencontre entre V. Poutine et K. Jong-Un à Vladivostok (extrême est de la Russie):

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