Sommet européen: Theresa May met en garde contre la menace russe par-delà les frontières

Sommet européen: Theresa May met en garde contre la menace russe par-delà les frontières (2)
Sommet européen: Theresa May met en garde contre la menace russe par-delà les frontières (2) - © LUDOVIC MARIN - AFP

La Première ministre britannique Theresa May a mis en garde jeudi, à son arrivée au sommet européen de printemps à Bruxelles, contre une "menace russe qui ne connaît pas de frontières", et s'entretiendra de ce sujet en soirée avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

"L'incident de Salisbury fait partie d'un modèle d'agression russe contre l'Europe et ses voisins proches, des Balkans occidentaux au Moyen-Orient", a ajouté Mme May, évoquant l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille il y a deux semaines, un événement qui génère de fortes tensions entre les deux pays.

Persuadée que Moscou est bien derrière cet empoisonnement, Mme May ambitionne un fort soutien de ses homologues européens à l'occasion de leur réunion ces jeudi et vendredi à Bruxelles.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens devraient au minimum adopter en soirée une déclaration condamnant fermement l'agression de Salisbury et exprimant leur soutien aux Britanniques, mais en l'absence de preuves formelles, ils ne devraient pas opter dès ce soir pour de nouvelles sanctions contre Moscou.

Réaction groupée

Dans ce dossier, la Belgique plaide pour une réaction commune de l'ensemble de l'Union. "C'est une situation très délicate, qui nécessite une réaction intelligente et pratique. Le Royaume-Uni, même avec le Brexit, reste un partenaire important pour l'Europe et la Belgique, aussi dans le cadre de l'OTAN", a fait observer le Premier ministre Charles Michel à son arrivée.

Pour d'aucuns, l'empoisonnement de Salisbury pourrait sonner comme "un réveil", commente un diplomate européen, qui énumère la séquence constituée d'incursion russe dans l'espace aérien européen, et de soupçons de manipulation de campagnes électorales, avant l'affaire de Salisbury. "Si l'on additionne, il y a un problème. Comment réagir face à ce qui ressemble à du harcèlement, mais qui demeure toujours en dessous du seuil? La réponse sera-t-elle de type sécurité collective, ou chacun pour soi, avec le risque de jouer les uns contre les autres? ", demande ce diplomate.

Car les capitales européennes sont divisées sur l'attitude à adopter face à Moscou. Dans le camp des "durs", partisans du langage fort selon lequel il n'y a pas d'autre explication plausible que la responsabilité de la Russie, se retrouve notamment le président français Emmanuel Macron. Avec le président américain Donald Trump, ils ont réaffirmé mercredi "leur solidarité avec le Royaume-Uni après l'utilisation par la Russie d'armes chimiques contre des individus sur le sol britannique". Et "sont tombés d'accord sur la nécessité de prendre des mesure pour que Moscou rende des comptes", a indiqué l'exécutif américain.

La présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaité, est également sur cette ligne et a annoncé que le pays balte allait expulser des diplomates russes.

D'autres Etats ne sont pas sur cette position. La Grèce, l'Italie, Chypre et l'Autriche sont réticents à une escalade des tensions avec la Russie de Vladimir Poutine, réélu triomphalement dimanche pour un quatrième mandat.

"Nous devons exprimer notre solidarité avec la Grande-Bretagne, mais en même temps, il faut enquêter, nous devons être très responsables dans la gestion de cette affaire", a déclaré à son arrivée le Premier ministre grec Alexis Tsipras. "Nous sommes tous avec la Grande-Bretagne, mais je suis juriste de profession et donc je vais d'abord écouter Theresa May et ensuite en tirer les conclusions", a prudemment commenté le Premier ministre du Luxembourg Xavier Bettel.

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