Sommet européen: première passe d'armes à 27 sur le plan de relance historique de l'UE

Une photo montre un écran d'une vidéoconférence entre les membres du Conseil européen
Une photo montre un écran d'une vidéoconférence entre les membres du Conseil européen - © IAN LANGSDON - AFP

Les 27 chef d'Etat et de gouvernement se retrouvent ce vendredi en sommet virtuel pour lancer les tractations, aussi complexes qu'incertaines, sur un plan de relance post-coronavirus. Aucun accord n’est attendu pendant cette réunion. Elle doit avant tout permettre à chaque dirigeant européen de dévoiler ses objectifs et ses marges de négociation. L'adoption d'un tel plan de relance marquerait une étape historique dans la construction européenne.

Plan de relance européen 

La discussion portera sur la proposition de la Commission européenne d'un "instrument de relance" de 750 milliards d'euros pour relancer une économie durement affectée par la crise du coronavirus, un projet, largement inspiré de l'initiative d'Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron. 

Ce fonds complète une proposition révisée de budget de l'UE pour la période 2021-2027, de 1.100 milliards d'euros, sur laquelle les Etats membres doivent aussi s'entendre.

Les 750 milliards de la relance seraient empruntés au nom de l'UE sur les marchés financiers, engendrant une "dette commune européenne". Sur cette somme, 500 milliards seraient redistribués dans le cadre du budget de l'UE sous forme de subventions aux pays les plus touchés par le coronavirus, comme l'Espagne et l'Italie, et 250 milliards d'euros sous forme de prêts.

Un tour de chauffe indispensable 

"Ce sera un tour de chauffe, indispensable pour prendre la température", explique l'Elysée. En particulier celle des Pays-Bas, de l'Autriche, de la Suède et du Danemark, les quatre "frugaux", très réservés à l'égard de ce plan, qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud, plus fortement impactés par la crise. 

Dans sa "lettre d'invitation" au sommet, le président du Conseil européen, Charles Michel, estime qu'"un consensus se fait jour" sur la nécessité d'un tel plan et sur le fait qu'il devra "être financé par des emprunts" communs.

De nombreux obstacles à surmonter

Mais, les divergences restent nombreuses, qu'il s'agisse de son montant, de sa durée, de l'équilibre entre prêts et subventions, des critères de répartition des aides, ainsi que de la délicate question d'une "conditionnalité", c'est-à-dire la contrepartie (par exemple des réformes) réclamée à un Etat en échange de ces fonds.

Partisans d'une plus grande rigueur financière, les quatre "frugaux" réclament un niveau de dépense "proportionné", beaucoup moins élevé que les 750 milliards annoncés. Ils optent pour des prêts, que chaque Etat devra donc rembourser, plutôt que des subventions, dont les modalités de remboursement ne sont pas définies dans la proposition de la Commission.

Après ce premier tour de table, le président du Conseil européen, Charles Michel lancera des consultations en vue d'un ou deux nouveaux sommets en juillet à Bruxelles, physiques cette fois-ci.

Une rencontre réelle entre dirigeants avec ses pauses et ses apartés, est jugée indispensable pour arriver à un compromis sur une question aussi complexe, où l'unanimité est requise.


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