Sommet européen : les opinions des 27 sur le plan de relance "diamétralement opposées", reprise des discussions ce samedi

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l’UE ont interrompu leur sommet vendredi peu avant minuit (vers 23h40 heure belge), selon le porte-parole du président du Conseil européen Charles Michel.

Les dirigeants se retrouveront samedi à partir de 11h00 pour continuer leurs discussions sur le cadre budgétaire 2021-2027 de l’Union ainsi que le fonds de relance proposé par la Commission pour tenter de relever l’économie des pays les plus touchés par la crise du coronavirus.

Les discussions se poursuivront donc ce week-end et la tâche ne sera pas aisée si l’on en croit le Premier ministre tchèque Andrej Babis. Après plusieurs heures de discussions ce vendredi, il a déploré que les opinions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Bruxelles pour tenter de se mettre d’accord sur le plan de relance européen, divergent diamétralement.

Je n’ai pas le sentiment que nous nous rapprochons d’un accord. J’ai plutôt le sentiment inverse.

Deux séances de discussions "approfondies" ont rassemblé vendredi en journée les 27 chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’UE, qui se sont ensuite octroyé une pause de 18h00 à 21h00 environ. Cette interruption des "plénières" a permis différentes réunions en petits groupes, dont des entretiens de Charles Michel avec le Néerlandais Mark Rutte ainsi que les poids lourds Merkel et Macron.

Mais du côté de la République tchèque, l’optimisme n’est pas au rendez-vous. "Les opinions sur la dimension du fonds de relance sont diamétralement opposées", a déclaré Andrej Babis, s’adressant à la presse lors d’une pause dans les discussions. "Pour le moment, je n’ai pas le sentiment que nous nous rapprochons d’un accord. J’ai plutôt le sentiment inverse", a-t-il ajouté.

Il y aura de nouvelles propositions dans la nuit

Le chancelier autrichien s’est quant à lui dit hostile au projet tel qu’il est aujourd’hui. "Notre exigence centrale la plus importante est qu’il n’y ait pas de mutualisation de la dette à long terme […], mais que ce qui est décidé ici reste ponctuel", a déclaré Sebastian Kurz au micro de la chaîne publique autrichienne, après s’être entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. "Il y aura de nouvelles propositions dans la nuit. Il y a une dynamique en notre faveur", a-t-il ajouté.

A son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron avait parlé d’un "moment de vérité et d’ambition pour l’Europe". "Je suis confiant mais prudent", a-t-il ajouté. "Nous ferons tout pour qu’un accord soit trouvé."

"Si nous faisons les choses correctement, nous pourrons ressortir de cette crise plus forts", a pour sa part déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Négociations difficiles

Angela Merkel a dit quant à elle s’attendre à des négociations "très, très difficiles" en raison des divergences persistantes.


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"Ce qui est en jeu, ce sont les principes d’unité et de solidarité européens", a résumé le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. "Des compromis seront peut-être nécessaires mais nous devons être certains de parvenir à une solution ambitieuse."

Pays-Bas et Hongrie posent leurs conditions

Les conditions posées par les Pays-Bas et la menace d’un veto hongrois pèsent sur les chances de parvenir à un accord sur un fonds de relance doté de 750 milliards d’euros (composé de 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions), en complément du budget pluriannuel commun qui serait porté à 1100 milliards d’euros sur sept ans (2021-27).

D’après l’Elysée, la France pourrait obtenir une subvention européenne de près de 40 milliards d’euros qui permettrait de financer son propre plan de relance national de 100 milliards.

Mark Rutte "pas optimiste"

A l’orée du sommet prévu pour durer deux jours, mais qui pourrait déborder sur la journée de dimanche, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s’est dit "pas optimiste", alors que son pays réclame que les Etats membres bénéficiant du plan de relance acceptent en échange de réformer leur marché du travail et leur système de retraite, notamment.

Un sommet européen dans des conditions particulières

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La première ministre belge Sophie Wilmes porte un masque à son arrivée au sommet de l’UE, le vendredi 17 juillet 2020, au siège de l’Union européenne à Bruxelles. © Belga

A Bruxelles, les 27 dirigeants masqués, qui se sont parfois salués par un contact du coude, sont réunis dans une salle équipée et désinfectée au cœur d’un complexe européen où les journalistes sont absents.

Les enjeux sont grands pour des économies européennes très affectées par une crise profonde, notamment synonyme de chômage, qui pourrait déboucher sur un automne de colère dans les opinions publiques.

Le risque est grand pour la poursuite de l’intégration européenne, déjà fragilisée par la saga du Brexit et diverses querelles récentes, financières et migratoires notamment.

"Tout le monde sait que l’automne sera difficile", a déclaré un haut fonctionnaire d’un Etat de l’UE. "Ce serait vraiment bien pour l’Europe d’envoyer un signal à tous que nous sommes unis."

Les explications d’Annick Capelle dans le JT du 17/07/2020

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