Sommet européen: les 27 ont échangé des idées pour trouver des idées

Chaque dirigeant européen est venu mercredi soir à Bruxelles avec ses suggestions pour relancer la croissance en Europe car, désormais, tous sont d’accord pour dire que, certes il faut continuer sur le chemin de la rigueur budgétaire, mais il faut aussi favoriser la croissance et l’emploi, et rapidement.

Rapidement à l’échelle européenne, ça veut dire qu’il faudra encore que l’idée fasse son chemin et qu’un consensus soit dégagé à 27. Ce sera la tâche du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, idéalement pour le sommet de juin.

Une tâche difficile car il devra composer avec de nombreuses propositions et des avis contrastés, à commencer sur les euro-obligations qui devraient permettre de mutualiser les dettes. Le président est bien conscient de la difficulté: "Nous ne devons pas faire la faute que nous avons faite lors du lancement de l'euro. On a fait une union monétaire, mais on traîne toujours les erreurs de construction", explique-t-il à la VRT. Avant d'émettre des obligations, un renforcement de l'union est nécessaire, dit Herman Van Rompuy.

Une majorité d’Etats membres sont favorables à leur création, comme la France, l’Italie ou la Belgique. Mais cinq pays restent réticents, au premier rang desquels l’Allemagne. Herman Van Rompuy insiste cependant: il n'y a pas eu de dispute à ce sujet.

Herman Van Rompuy devra trouver également un terrain d’entente sur d’autres propositions, comme la création d’une taxe sur les transactions financières ou la hausse du capital de la Banque Européenne d’Investissement.

Mercredi soir, outre le débat sur la croissance, les 27 ont réaffirmé que la place de la Grèce était dans la zone euro mais qu’Athènes devait respecter ses engagements.

Les 27 ont assuré à Athènes que des fonds structurels européens seraient mobilisés pour relancer la croissance et l’emploi, un message qui se voulait rassurant avant les législatives du 17 juin prochain.

Ce qu'en a pensé Elio Di Rupo

Concernant les euro-obligations, Elio Di Rupo, le Premier ministre, est "pour" mais demande des explications claires.

"Il y a une insistance d’un nombre important de pays, il y a encore 5 pays qui sont totalement opposés, mais il y a surtout une demande d’explications concrètes, parce que personne n’imagine solidariser toutes les dettes de tous les pays. Il s’agit plus de faire une solidarité qui permettrait d’abaisser des taux d’intérêts excessifs dans un certain nombre de pays, sans que ces taux d’intérêts ne deviennent trop élevés pour d’autres. Il y a une demande de très nombreux pays à la Commission pour qu’elle soit plus précise et plus concrète quant aux propositions."

Le Premier ministre belge estime que la présence de François Hollande est un "plus". "Oui, ça change indéniablement même si, reconnaissons-le, certains pays, comme la Belgique, demandaient déjà au mois de décembre qu’à côté de la rigueur budgétaire, il fallait de la relance. Mais lui-même l’a indiqué : la relance va de pair avec la rigueur budgétaire, donc ce ne sont pas deux concepts antagonistes, ce sont des concepts complémentaires."

Africa Gordillo

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