Sommet européen : les 27 doivent se partager les efforts pour atteindre les objectifs climat de 2030

La lutte contre le réchauffement est au menu de la deuxième journée du sommet européen ce mardi 25 mai. Les chefs d’Etat et de gouvernement vont donner le coup d’envoi de discussions qui s’annoncent difficiles sur la répartition des efforts en vue d’atteindre les nouveaux objectifs climatiques de l’Union européenne.

Objectif 2030

L’Union européenne vise la neutralité climatique en 2050. Pour y arriver, elle a revu à la hausse son objectif intermédiaire 2030. Il y a un mois, les Etats membres, la Commission et le Parlement européen ont trouvé un accord politique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 10 ans, par rapport à 1990. Le précédent objectif était de 40%.

Cette ambition nouvelle implique une révision des objectifs contraignants que les Etats membres devront réaliser dans les secteurs non couverts par le marché carbone européen. Pour ça, il faut établir des critères de répartition. C’est ce débat que les chefs d’Etat et de gouvernement entament ce mardi.

Une répartition équitable

Ils ne partent pas d’une page blanche. Il existe déjà un règlement de répartition des efforts. Jusqu’ici, pour fixer les objectifs climatiques de chaque Etat membre, il existe un critère principal. C’est le PIB par habitant. Autrement dit, l’effort est calculé sur la base de la richesse du pays divisée par son nombre d’habitants.

Ce critère garantit l’équité et la solidarité entre les Etats membres. Les pays les plus riches ont des objectifs plus importants que ceux qui ont moins de moyens pour financer leur transition climatique.

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La Pologne dépend encore largement du charbon pour sa production d’électricité. © Photo by Janek SKARZYNSKI / AFP

Revoir la répartition

Il existe aussi un critère d’ajustement qui tient compte du rapport coût efficacité. Certains pays avec des revenus élevés voudraient que ce critère soit mieux valorisé. Une source européenne explique : "Dans le groupe des États membres, des sociétés occidentales plus riches et industrialisées, nous avons déjà fait des efforts pour nous rapprocher des objectifs climat de 2030. Il reste encore beaucoup à faire. Mais notre principal problème est que nous voulons une meilleure prise en compte du rapport coût-efficacité. Notre approche est basée sur le simple fait que lorsque vous êtes déjà à un niveau relativement élevé de mesures respectueuses du climat, chaque pourcentage supplémentaire pour réduire la production de CO2 coûte très cher ". Il appuie son argumentaire avec un exemple. " Je veux dire que si vous pouvez fermer quelques centrales au charbon (NDLR : comme c’est le cas de la Pologne, par exemple, pays encore très dépendant du charbon), vous avez des résultats rapides, assez rapides. Il faut bien sûr trouver des énergies alternatives, mais c’est assez rapide. Mais si vous n’avez plus, par exemple, de centrales au charbon, chaque pourcentage supplémentaire pour atteindre votre objectif de réduction d’émissions polluantes est assez coûteux."

Ce groupe de pays souhaite que ce rapport coût-efficacité soit pris en compte de manière importante au moment de partager les efforts entre les 27.

Plus de convergence aussi

Une autre revendication de ce groupe de pays est d’aller vers plus de convergence dans les objectifs nationaux. "Il y a un large écart entre un État membre, la Bulgarie, avec un objectif nominal de zéro pour cent, et 40% pour le Luxembourg. C’est un écart de 40% des efforts pour réduire le CO2. Nous voulons réduire considérablement cet écart. Nous voulons que les efforts soient répartis de manière plus égale entre les États membres."

Ce mardi matin, les uns et les autres exposeront une première fois leurs arguments. Les choses sérieuses commenceront vraiment à la mi-juillet quand la Commission européenne présentera son paquet pour ajuster les objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2030.

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