Sommet européen à Bruxelles: l'heure de vérité pour le plan de relance post-Covid 19

Les dirigeants des 27 pays de l’UE se retrouvent ce vendredi à Bruxelles pour un sommet sous haute tension, le premier en face-à-face depuis février. Ils vont devoir se mettre d’accord sur la répartition de 1800 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne post-Covid 19 et financer les politiques européennes des 7 prochaines années. Les négociations s’annoncent longues et difficiles.

Loin d’un accord

Angela Merkel, dont le pays préside l’Union depuis le 1er juillet, sera à la manœuvre pour défendre l’émission d’une dette commune au sein des 27 afin de lever 750 milliards d’euros pour soutenir les Etats les plus touchés par la pandémie.

Mais, on est encore loin d’un accord, confie une source européenne. Que ce soit sur la taille du paquet financier, sa composition, les conditions pour bénéficier des financements, les positions des Etats membres ne sont toujours pas alignées.

S’ils ne contestent pas le principe d’une relance, les Etats dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède et dans une moindre mesure la Finlande) ont soulevé de multiples objections sur les modalités du plan de soutien. Ils font pression pour réduire la voilure du budget, comme du plan de relance et préfèrent de loin les prêts remboursables aux subventions. En outre, ils réclament pour tout argent versé de solides réformes de la part des bénéficiaires.

Des exigences qui font bondir leurs voisins du Sud comme l'Italie et l'Espagne, les plus touchés par la pandémie, inquiets de se retrouver avec l'obligation de se soumettre à un programme imposé par d'autres, comme l'avait été la Grèce au plus fort de la crise de la zone euro, obligeant sa population à de douloureux sacrifices.

Le débat ne portera pas sur les seules questions soulevées par les frugaux. L'opposition de certains pays comme la Hongrie à des sanctions financières en cas d'atteinte généralisée à l'Etat de droit constitue un problème. 
 

Mark Rutte, l’homme à convaincre

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte est le leader des "frugaux". Il est celui qui exprime ses objections avec le plus de vigueur. Ce sera donc l’homme à convaincre lors de ce sommet. "Cela va nécessiter un travail acharné", prévient Charles Michel, le président du conseil. Plusieurs leaders ont fait le voyage à La Haye ces derniers jours pour préparer le terrain. Ils se murmurent dans les couloirs des institutions que les discussions pourraient durer tout le week-end.

Un test pour le président du Conseil, Charles Michel

Ce sommet européen sera un nouveau test pour le président du Conseil européen, Charles Michel. Il lui a été reproché en février de ne pas avoir réussi à diviser les "frugaux" pour leur arracher un accord.

Charles Michel a réclamé du "courage politique" aux vingt-sept chefs d'État et de gouvernement qui se retrouvent à partir de ce vendredi à Bruxelles. "Ce n'est pas seulement une question d'argent, mais aussi d'avenir du projet européen et de son unité", a-t-il insisté. 

L'enjeu est de taille. Un accord sur l'émission d'une dette commune traduirait une solidarité renforcée entre les pays les plus fragiles et les plus forts et pour certains ferait date sur le chemin de la construction européenne. 

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