Sommet du G7 : la Russie insiste pour que la Chine soit aussi invitée

Sommet du G7 : la Russie insiste pour que la Chine soit aussi invitée
Sommet du G7 : la Russie insiste pour que la Chine soit aussi invitée - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

La Russie a insisté mardi pour que la Chine, sa voisine et alliée, participe elle aussi à un sommet élargi du G7, le groupe des sept économies les plus avancées de la planète, après l’invitation du président américain Donald Trump à son homologue russe Vladimir Poutine.

"Il n’est guère possible d’entreprendre des actions importantes au niveau mondial sans participation de la Chine", ont indiqué les Affaires étrangères russes dans une déclaration à la presse.

La présidence russe est d’accord avec M. Trump quand ce dernier affirme que le format actuel du G7 est dépassé, selon une porte-parole.

"Prendre des décisions sur la politique et l’économie mondiales dans le cadre d’un cercle exclusif de pays occidentaux est impossible", a-t-elle ajouté, citée par l’agence russe TASS.

Le G7, que président les Etats-Unis actuellement, comprend ce pays, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Italie et le Japon. La Russie a été membre de ce qui était alors appelé le G8, jusqu’à sa suspension décidée pour la sanctionner de l’annexion de la Crimée ukrainienne en 2014.

Après avoir essuyé samedi le refus de la chancelière allemande Angela Merkel de se rendre à Washington en juin pour ce sommet, pour cause de pandémie du coronavirus, Donald Trump, qui cherche à relancer l’économie et assurer sa réélection cette année, a reporté le sommet et proposé d’inviter la Russie, l’Australie, l’Inde et la Corée du Sud.

A la suite d’un entretien lundi entre MM Trump et Poutine, le Kremlin n’a pas précisé la réponse de M. Poutine, indiquant seulement la nécessité d’améliorer la confiance bilatérale sur les questions de sécurité. "L’importance de renforcer le dialogue russo-américain sur la stabilité stratégique et les mesures de confiance dans le domaine militaire a été notée", selon le Kremlin.

De son côté, le président du Brésil Jair Bolsonaro a affirmé avoir discuté lundi avec M. Trump de l’éventuelle participation de son pays à la réunion.

L’Union européenne, dont les présidents de la Commission et du Conseil représentent les autres États membres à ces sommets, ne s’est pas montrée enthousiaste face à l’initiative américaine. Elle a rappelé les conditions d’une participation de la Russie.

"La présidence du G7 a des prérogatives. Les Etats-Unis peuvent lancer des invitations ponctuelles, reflet des priorités, mais le changement du format n’est pas une prérogative de la présidence", a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

"Le changement du format, passé de G8 à G7, est le résultat d’un choix de la Russie", a rappelé M. Borrell. "La déclaration de la Haye en 2014 explique les circonstances du changement de format et précise les conditions pour un retour à l’ancien format du G8", a-t-il souligné. "Ce n’est pas le cas actuellement", a estimé Josep Borrell.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a exclu lundi toute participation de la Russie au prochain sommet.

Archives : Journal télévisé du 26/08/2019