Sommet de l'Otan à Bruxelles: Trump assure avoir de "très bonnes relations" avec Merkel (Vidéos)

Acrimonieux, difficile, imprévisible: le sommet de l'Otan qui s'ouvre ce mercredi à Bruxelles est, comme prévu, suite aux déclarations de Donald Trump, invité par les Européens à "mieux considérer" ses alliés.

Le président américain Donald Trump a assuré avoir de "très bonnes relations" avec la chancelière allemande Angela Merkel au cours d'une rencontre bilatérale en marge du sommet.

"Nous discutons des dépenses militaires et de commerce. Nous avons de très bonnes relations", a soutenu Donald Trump devant la presse après avoir accusé quelques heures plus tôt l'Allemagne d'"enrichir la Russie" avec ses achats de gaz et de ne pas contribuer assez aux dépenses pour la défense.

Le président américain a assuré avoir abordé avec la chancelière les problèmes que lui pose Nord Stream 2, le projet de gazoduc dans la Baltique entre la Russie et l'Allemagne, mais il n'a pas donné de détails.

Angela Merkel s'est pour sa part déclarée satisfaite de cet échange de vues avec Donald Trump.

"Nous avons eu l'occasion d'échanger sur des questions telles que la migration et l'avenir de nos relations commerciales", a-t-elle dit.

"Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l'avenir", a assuré la chancelière.

L'Allemagne est totalement contrôlée par la Russie

Plus tôt dans la journée, le président américain avait lancé une violente attaque contre l'Allemagne. "Ils paient des milliards de dollars à la Russie et nous devons les défendre contre la Russie (...) Ce n'est pas normal", a-t-il martelé. "L'Allemagne est totalement contrôlée par la Russie", a répété le président américain. "Ils tirent 60% de leur énergie de la Russie. Je pense que c'est une très mauvaise chose pour l'Otan, qui ne devrait pas se produire", a-t-il poursuivi dans une diatribe contre l'Allemagne.

"J'espère que nous pourrons avoir pendant le sommet des discussions franches et honnêtes sur les désaccords et les divergences de vues, mais il est de mon devoir de réduire leur impact sur l'Otan afin que l'Alliance puisse demeurer la pierre angulaire de la sécurité transatlantique", avait tempéré Jens Stoltenberg.

"Nous pouvons mener nos propres politiques, nous pouvons prendre des décisions indépendantes", avait affirmé la chancelière allemande Angela Merkel, sans citer directement Donald Trump, à son arrivée à un sommet de l'Otan à Bruxelles.

"J'ai vécu, en personne, l'expérience d'une partie de l'Allemagne contrôlée par l'Union soviétique. Je suis très heureuse qu'aujourd'hui nous soyons unis dans la liberté (...) et que nous puissions donc également dire que nous pouvons prendre des décisions indépendantes", a déclaré Angela Merkel.

"Photo de famille" des dirigeant(e)s présent(e)s

Un comportement qui exaspère le Vieux continent

Le président des Etats-Unis a quitté Washington d'humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président Russe Vladimir Poutine à Helsinki pourrait être "plus facile" que le sommet de l'Otan. Ce comportement exaspère sur le Vieux continent.

Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l'a interpelé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l'a invité à "mieux considérer" ses alliés "car l'Amérique n'en a pas tant que ça".

Il lui a également rappelé que l'Europe avait été "la première à réagir" après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain.

"Discussions franches"

Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, est embarrassé par cette tension et n'a pas caché son appréhension sur le déroulement du sommet.

"Je ne serais pas surpris qu'il y ait des discussions vigoureuses, notamment sur les dépenses de défense", a-t-il reconnu mardi.

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d'Etats membres, dont l'Allemagne, le Canada, l'Italie la Belgique et l'Espagne sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère Donald Trump.

"Les pays de l'Otan doivent payer PLUS, les Etats-Unis doivent payer MOINS. Très injuste !", a-t-il tweeté avant son départ pour Bruxelles. "Ce n'est pas juste pour le contribuable américain".

Arrivées de Donald Trump et d'Angela Merkel:

Arrivée de Recep Tayyip Erdogan au sommet de l'OTAN:

"L'unité et la solidarité sont cruciales", estime Charles Michel

Le Premier ministre Charles Michel a estimé que le sommet de l'Otan sera d'une "importance cruciale" afin de maintenir "l'unité et la solidarité" dans l'Alliance, a-t-il indiqué mercredi lors de son arrivée au sommet de l'Otan.

L'unité entre alliés au sein de l'Otan a en effet été mise à mal, notamment à cause des demandes pressantes et virulentes du président américain Donald Trump d'augmenter les dépenses de défense chez les alliés européens.

La Belgique n'a pas atteint le seuil des 2% de PIB consacrés aux dépenses militaires, mais le Premier ministre assure toutefois que notre pays a arrêté de couper dans le budget de la défense. "Nous avons décidé d'arrêter de faire des coupes budgétaires dans la défense et de passer à une stratégie d'investissements", a indiqué Charles Michel dans une brève réaction. "Nous continuerons à le faire afin d'assurer la sécurité et la stabilité."

Charles Michel compare les membres de l'OTAN a une équipe de football

Trump se pose des questions sur l'indépendance énergétique de l'Allemagne

 Le président américain s'adresse à Jens Stoltenberg, le Secrétaire-général de l'OTAN.

Donald Trump : "L'Allemagne est complètement sous contrôle de la Russie. Parce que 60 à 70% de son énergie vient de la Russie et du nouveau pipeline. Vous me dites que c'est normal. Je ne le pense pas. Je crois que c'est une très mauvaise chose pour l'OTAN. Ca ne devrait pas arriver. Je pense qu'on doit en parler à l'Allemagne."

Traduction : "L'Allemagne est par exemple captive de la Russie. Parce qu'elle importe une grande partie de son énergie de la Russie. Donc nous sommes censés protéger l'Allemagne, mais elle prend son énergie de sa Russie. Expliquez ça. Expliquez ça !"

Avant Poutine

Le chef de l'Otan n'a pas voulu commenter l'hypothèse d'une annulation -- à la demande de Donald Trump -- de l'exercice Trident Juncture prévu à l'automne en Norvège et annoncé comme le plus important jamais réalisé par l'Otan depuis la fin de la Guerre froide. Au motif que cela pourrait être considéré comme une menace par la Russie et que cela va coûter très cher aux contribuables américains.

Le président américain a fait annuler pour cette raison des manœuvres militaires avec la Corée du sud après sa rencontre avec le président nord-coréen Kim Jong-un.

Mais M. Stoltenberg a confirmé que les Alliés souhaitaient avoir des éclaircissements sur les intentions de Donald Trump avant sa rencontre avec son homologue russe.

Il est important que l'Otan reste unie

"Il est absolument essentiel que le président Trump rencontre Vladimir Poutine. Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l'Otan et la Russie. Il est important que l'Otan reste unie", a-t-il insisté, avant un premier sommet bilatéral historique.

Toutefois, un retrait des Etats-Unis de Trident Juncture ne contraindrait pas nécessairement l'Otan à l'annuler", a expliqué à l'AFP une source militaire."Toutes les décisions qui seront souscrites durant le sommet visent à renforcer la capacité de dissuasion de l'Alliance", selon Jens Stoltenberg.

"Les Alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux Etats-Unis, mais parce que c'est dans leur intérêt", a-t-il plaidé.

Dans le cadre de l'initiative américaine "4x30", les membres de l'Otan vont s'engager à être en mesure en 2030 à déployer sous 30 jours 30 bataillons mécanisés, 30 escadrilles et 30 navires de combat pour pouvoir faire face à une opération militaire de la Russie, identifiée comme un potentiel agresseur.

"Nous avons augmenté la préparation de nos forces sur le flanc Est et nous prenons des décisions pour acheminer rapidement des renforts le cas échéant. Tout cela contribue à rendre notre dissuasion crédible", estime le secrétaire général de l'Alliance.

Donald Trump a rencontré Jens Stoltenberg, le Secrétaire-Général de l'OTAN, ce matin à Bruxelles (anglais):

Déclaration de Donald Tusk à propos du sommet de l'OTAN

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