Somalie: les pirates libèrent le cargo grec et son équipage ukrainien

Le cargo grec MV Ariana et son équipage ukrainien ont été libérés jeudi contre une forte rançon plus de six mois après leur capture dans l'océan Indien, une prise d'otages marquée par l'épuisement moral et physique d'un équipage comprenant une fillette de 12 ans.

"A la suite d'intenses négociations ces quatre derniers jours, l'Ariana est libre après le versement de 3,7 millions de dollars", a annoncé à l'AFP un pirate somalien basé dans le village côtier d'Harardhere (300km au nord de Mogadiscio).

"Les propriétaires du bateau ont joué au plus fin pendant un certain temps sans comprendre le sérieux de la situation", a-t-il ajouté depuis Harardhere, l'un des repaires des pirates somaliens.

"Les pirates voulaient en fait 5 millions de dollars mais ils se sont mis d'accord sur ce montant", a expliqué à l'AFP un autre pirate, Abdi Mohamoud, qui ne fait pas partie du groupe des pirates de l'Ariana.

Le MV Ariana avait été capturé le 2 mai dans l'océan Indien, à 250 milles au sud-ouest des Seychelles, avec à son bord 10.000 tonnes de soja, alors qu'il faisait route vers le Moyen-Orient en provenance du Brésil.

Le bateau appartient à la compagnie maritime All Ocean Shipping, basée à Athènes et propriété d'un conglomérat britannique.

Fin octobre, les familles des marins ukrainiens avaient supplié les preneurs d'otages et le propriétaire du bateau d'accélérer les négociations alors que les conditions de vie à bord étaient devenues très dures.

Selon Ricardo Blach, le capitaine d'un thonier espagnol libéré récemment et qui était monté à bord de l'Ariana durant sa captivité pour y fournir des vivres, des médicaments et du carburant, une fillette ukrainienne de 12 ans se trouve à bord avec sa mère Natalia Loss et son père chef machiniste.

Outre Natalia Loss, se trouve également à bord Larisa Salinska, cuisinière du cargo et femme d'un autre marin. Selon le capitaine du thonier espagnol Alakrana, cette dernière était enceinte et a perdu son enfant au cours de la captivité.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP en mai, l'équipage de 24 Ukrainiens avait lancé un poignant appel de détresse.

"Nous sommes épuisés et désespérés", avait alors déclaré le capitaine Voronov, qui avait précisé que l'une des femmes de l'équipage souffrait de graves problèmes gynécologiques, avec un risque d'infection généralisée.

Au cours de cette même conversation, cette femme qui avait souhaité garder l'anonymat avait pu s'entretenir dans sa langue natale avec un médecin ukrainien basé à Nairobi. Ce dernier avait jugé qu'elle était "en danger de mort" et devait être immédiatement prise en charge.

Les pirates somaliens ont multiplié les attaques et les prises de navires depuis le début du mois d'octobre, mettant à profit des conditions de navigation plus clémentes à la faveur de la fin de la mousson.

Devant la concentration de navires de guerre étrangers dans le golfe d'Aden, ils ont étendu leur rayon d'action et concentré leurs abordages très loin de leurs côtes, à proximité de l'archipel des Seychelles.

Une frégate grecque de l'opération antipiraterie européenne Atalante a ainsi intercepté mercredi neuf pirates présumés après une attaque avortée contre un cargo français au nord-est des Seychelles. Les neuf hommes ont été désarmés puis libérés.

Jeudi, les eurodéputés se sont prononcés pour une extension de la zone d'opération d'Atalante vers le sud, en direction des Seychelles, à condition toutefois qu'elle n'affecte pas la mission première de protection des convois du Programme alimentaire mondial (PAM) destinés à la Somalie.


AFP

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