Somalie: les pirates libèrent l'Ariana et ses 24 marins

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Les pirates somaliens ont relâché jeudi le cargo grec Ariana contre le versement, selon eux, d'une rançon de 2,5 millions de dollars, mettant un terme à une captivité de sept mois marquée par l'épuisement moral et physique des 24 membres d'équipage ukrainiens.

L'Ariana, battant pavillon maltais, avait été capturé le 2 mai dans l'océan Indien, à 250 milles au sud-ouest des Seychelles, chargé de 10.000 tonnes de soja en route vers le Moyen-Orient.

Il était récemment au mouillage à Hobyo, un repaire de pirates sur la côte somalienne.

"Les marins ukrainiens sont libérés. Je félicite les 24 gars (de l'équipage), leurs familles et toute l'Ukraine pour cette victoire", a annoncé le président ukrainien Viktor Iouchtchenko dans un communiqué.

Une source au sein du renseignement ukrainien a précisé à l'AFP que le dernier groupe des pirates avait quitté le bateau vers 12h15 GMT. "En ce moment, des travaux sont en cours sur le navire pour mettre en marche son moteur", a-t-on ajouté de même source.

Mohamed Ilkaase, un membre du groupe de pirates qui détenait l'Ariana a confirmé que les derniers pirates avaient quitté le navire après avoir reçu la rançon.

"Le navire est entre nos mains depuis un certain temps maintenant et il y a eu des désaccords sur la rançon ces dernières semaines", a-t-il expliqué.

"Le cargo est libre à présent (...) Les sept derniers pirates sont à terre", a-t-il indiqué, précisant qu'un navire de guerre étranger se trouvait non loin pour escorter l'Ariana.

La compagnie propriétaire du cargo All Ocean Shipping, basée à Athènes, a confirmé le versement d'une rançon, sans toutefois en préciser le montant.

"Les pirates sont partis il y a 10 minutes et nous attendons qu'un navire militaire escorte notre vaisseau", a précisé à l'AFP son directeur, Spyros Minas.

Selon lui, l'Ariana "se rendra au port le plus proche qu'il pourra atteindre avec ce qu'il lui reste de carburant".

Fin novembre, un autre pirate avait annoncé la libération de l'Ariana contre 3,7 millions de dollars mais des désaccords de dernière minute avaient fait échouer la transaction.

Les familles des marins ukrainiens avaient supplié en octobre les preneurs d'otages et le propriétaire du bateau d'accélérer les négociations alors que les conditions de vie à bord étaient devenues très dures.

Selon Ricardo Blach, le capitaine d'un thonier espagnol libéré récemment et qui était monté à bord de l'Ariana durant sa captivité pour y fournir des vivres, des médicaments et du carburant, une fillette ukrainienne de 12 ans se trouve à bord avec sa mère Natalia Loss et son père chef machiniste.

Outre Natalia Loss, se trouve également à bord Larisa Salinska, cuisinière du cargo et femme d'un autre marin. Selon le capitaine du thonier espagnol Alakrana, cette dernière était enceinte et a perdu son enfant durant sa captivité.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP en mai, l'équipage de 24 Ukrainiens avait lancé un appel poignant de détresse.

"Nous sommes épuisés et désespérés", avait alors déclaré le capitaine Voronov, selon lequel une des femmes de l'équipage souffrait de graves problèmes gynécologiques avec risque d'infection généralisée.

Les pirates somaliens ont multiplié les attaques et prises de navires depuis début octobre, mettant à profit des conditions de navigation plus clémentes à la faveur de la fin de la mousson.

Ils détiennent un autre navire grec, un superpétrolier de 330 m de long, le Maran Centaurus, capturé le 29 novembre avec 16 Philippins, neuf Grecs, deux Ukrainiens et un Roumain à bord.


AFP

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