Somalie: les pirates convoient un couple de Britanniques vers leurs côtes

Des pirates convoyaient mercredi vers les côtes somaliennes un couple de plaisanciers britanniques récemment capturés, leur dernière prise dans l'océan Indien où la force antipiraterie européenne Atalante a appréhendé sept bandits des mers.

"Nos hommes ont capturé un couple à bord d'un petit yacht, ce sont des ressortissants britanniques", a déclaré par téléphone à l'AFP Ahmed Sheikh, membre d'un groupe de pirates de la localité côtière d'Harardere (centre de la Somalie).

Les pirates avaient dit mardi ignorer la nationalité de leurs otages. Le Foreign Office a rapporté qu'il recherchait activement Paul Chandler, 58 ans, et son épouse Rachel, 55 ans, mais sans confirmer leur capture par des pirates.

"Nous sommes entrés en contact avec le voilier et tout le monde se porte bien. Le sort des otages sera discuté lorsque le bateau arrivera ici", a ajouté Ahmed Sheikh.

Les discussions sur "le sort des otages" porteront à n'en pas douter sur une demande de rançon et déjà les préparatifs étaient en cours à terre dans l'éventualité d'un accord financier.

Selon Ahmed Sheikh, environ 60 hommes armés ont afflué à Harardere depuis mardi dans le but de protéger les pirates et empêcher une intervention militaire étrangère.

Les gardes-côtes britanniques avaient annoncé mardi que la balise de détresse du Lynn Rival, le voilier des Chandler, avait été déclenchée vendredi à 22H00 GMT.

Le couple avait quitté l'archipel des Seychelles la veille et faisait route vers la Tanzanie.

"C'est réellement un choc", a déclaré à la BBC radio Jill Marshment, soeur de Paul Chandler.

"Ce sont des gens très sensés, je suis sûre qu'ils ont pris conseil. Malheureusement, ils n'ont pas été informés que des pirates pouvaient être dans les parages", a-t-elle estimé.

"Ils ont des ressources, ils vont se montrer courageux. Ce (la capture, ndlr) n'est pas confirmé à 100%, mais je pense que nous savons tous que c'est ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté.

Mardi, un autre pirate d'Harardere, Abdi Yare, avait fait part de son étonnement devant la présence de ce petit voilier dans une zone de l'océan Indien où de nombreuses attaques ont eu lieu ces dernières semaines: "C'est vraiment chanceux".

Depuis le début du mois d'octobre, les pirates ont multiplié les attaques au large des Seychelles, notamment contre des thoniers français et espagnols, mettant à profit la fin de la mousson et des conditions de navigation plus clémentes.

Une autre attaque dans cette zone a toutefois tourné court mardi, sept pirates ayant été arrêtés par un navire de guerre allemand de l'opération antipiraterie européenne Atalante, après avoir attaqué le thonier français Cap Saint Vincent.

Selon le récit de Jean-Yves Labbé, responsable de l'armement CMB de Concarneau, en Bretagne (ouest), les pirates à bord de deux embarcations rapides ont attaqué "en plein milieu de journée", contrairement à leur habitude de mener l'assaut au lever ou au coucher du soleil.

Des militaires français embarqués à bord ont tiré sur les pirates lorsque ceux-ci se sont approchés trop près du thonier, en dépit des tirs d'avertissement préalables.

Les pirates ont rebroussé chemin. Ils ont été ensuite capturés par une frégate allemande, après avoir été pris en chasse par un hélicoptère d'une frégate espagnole.

Le Cap Saint Vincent n'a essuyé aucun tir des pirates, a précisé M. Labbé.

"Ce qui devient assez pesant, c'est le nombre d'équipes de pirates en activité, assez impressionnant", a déclaré l'armateur.

"On ne peut plus considérer qu'il y a de zone sûre" pour les pêcheurs, a-t-il dit.

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