Somalie: le thonier espagnol Alakrana et son équipage libérés

Le thonier espagnol Alakrana et ses 36 membres d'équipage, capturés début octobre au large des côtes somaliennes, ont été libérés mardi, contre une rançon de quatre millions de dollars selon les pirates somaliens qui les retenaient captifs.

"Je vais vous annoncer une très bonne nouvelle: l'Alakrana navigue librement vers des eaux plus sûres. Tous les membres d'équipage sont sains et saufs", a annoncé le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero lors d'une conférence de presse à Madrid.

L'Alakrana faisait route mardi vers les Secheylles où le thonier est attendu "jeudi en début de soirée", selon la présidence de l'archipel.

M. Zapatero n'a ni confirmé ni démenti le paiement d'une rançon: "Le gouvernement a fait ce qu'il avait à faire dans le cadre de la légalité et en coopérant avec l'armateur" de l'Alakrana, s'est-il borné à déclarer à ce sujet.

Plus tôt, l'un des responsables du groupe de pirates ayant capturé le navire avait affirmé à l'AFP qu'une rançon avait été versée en échange de sa libération.

"Quatre millions (de dollars) ont été versés pour la libération du navire espagnol et nous sommes sur le point de le libérer", avait déclaré par téléphone Said Abdulle depuis Harardhere, un village côtier où l'Alakrana était au mouillage, à 300 km au nord de Mogadiscio.

Intercepté le 2 octobre à plus de 550 km des côtes somaliennes, le thonier compte 36 membres d'équipage (16 Espagnols, 4 Ghanéens, 8 Indonésiens, 2 Ivoiriens, 2 Malgaches, trois Sénégalais, un Sécheyllois), selon l'armateur du navire, Echebastar Fleet, basé à Bermeo (Pays basque espagnol).

Outre une rançon de quatre millions de dollars, les pirates réclamaient la libération de deux des leurs détenus en Espagne.

Ces derniers, Abdu Willy et Raageggesey Adji Haman, soupçonnés d'avoir participé à l'attaque de l'Alakrana et arrêtés par la marine espagnole deux jours après sa capture, ont été renvoyés lundi devant le tribunal de l'Audience nationale où ils devront répondre de 36 délits.

Les autorités espagnoles n'ont pas caché ces derniers jours qu'elles cherchaient une solution juridique permettant l'expulsion rapide des deux pirates présumés vers la Somalie, où ils seraient censés purger leur peine.

Interrogé sur leur sort, M. Zapatero a simplement déclaré: "Nous ne devons pas préjuger de la situation parce qu'elle est entre les mains de la justice".

Leur devenir continue toutefois de faire l'objet d'une vive polémique sur l'opportunité de les avoir transférés en Espagne.

Un pirate interrogé par le quotidien espagnol El Mundo a assuré avoir reçu la "garantie" du gouvernement espagnol que les deux hommes seraient rapatriés après leur procès en Espagne.

La capture de l'Alakrana avait relancé la polémique en Espagne sur la sécurité des thoniers senneurs espagnols travaillant dans la zone.

Une cinquantaine de gardes privés, équipés de mitraillettes et de fusils à longue portée, ont depuis pris place à bord des thoniers espagnols.

Très actifs ces dernières semaines, les pirates somaliens ont par ailleurs ajouté une nouvelle prise à leur palmarès, en capturant lundi un chimiquier près des Seychelles, avec 28 marins nord-coréens à son bord.

Ce navire de plus de 22.000 tonneaux, le Theresa VIII, battant pavillon des îles Vierges et appartenant à un armement basé à Singapour, a été pris d'assaut par les pirates au nord-ouest des Seychelles, selon la flotte antipiraterie européenne Atalante.

Devant le déploiement dissuasif d'une vingtaine de navires de guerre étrangers dans le golfe d'Aden depuis plus d'un an, la quasi-totalité des dernières attaques ont été menées très loin des côtes, notamment au nord des Seychelles.

Les pirates n'ont toutefois pas complètement abandonné le golfe d'Aden où ils ont tenté lundi, sans succès, d'aborder un cargo ukrainien, le Lady Juliet qui disposait d'une escorte armée à son bord.


AFP

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