Sofagate: Charles Michel et Ursula von der Leyen à la recherche d'un modus vivendi

C'est aujourd'hui, à 17h, que le président du Conseil Européen, Charles Michel et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen se rencontrent pour la première fois depuis le clash protocolaire d'Ankara. Mme von der Leyen a poursuivi son voyage en Jordanie, puis a passé quelques jours de vacances chez elle avant de reprendre le travail.

La rencontre entre les deux dirigeants européens était prévue de longue date, en vérité, elle est coutumière et hebdomadaire. L'occasion pour eux de faire en sorte que l'incident protocolaire qui a laissé la présidente de la Commission en retrait par rapport au président du Conseil et au président turc ne se reproduise plus. L'affront a donné l'occasion à certains commentateurs de taxer l'ancien premier ministre belge de misogynie, ce dont il s'est défendu. 


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Divergences de vues entre conseil et commission

Bien au-delà du symbolique ou du protocolaire, le "Sofagate"  révèle une divergence entre les deux institutions européennes sur l'interprétation à donner aux traités fondateurs de l'Union. Ces derniers indiquent que pour les missions dans le cadre de la politique extérieure et de sécurité commune (PESC), c'est bien le président du Conseil européen qui assure la représentation extérieure de l'Union. Mais ils affirment aussi que c'est la Commission qui assure cette représentation extérieure hors PESC.

À ceci s'ajoutent des textes interinstitutionnels réglant la préséance. Vu les divergences d'interprétation, le chef de cabinet d'Ursula von der Leyen, l'Allemand Bjoern Seibert, a écrit à son homologue du Conseil, le Belge Frédéric Bernard, pour lui faire part de sa lecture des textes.

Eric Mamer, le porte-parole en chef de la commission a indiqué:

La présidente ne revendique rien de plus que ce qu'il y a dans les traités, elle n'a aucunement la volonté de parler à la place du président du Conseil pour les questions de politique extérieure et de sécurité commune.

Le porte-parole en chef a jouté "qu'il est important de clarifier une fois pour toutes l'organisation de ces missions".

 

Un piège de la Turquie

Le secrétaire français aux affaires européennes, Clément Beaune a une lecture quelque peu plus sévère du fameux "sofagate": il lit l'évènement comme un "affront de la part de la Turquie" à l'égard de la présidente de la commission européenne. Il a ajouté dans l'émission "Le Grand Jury" de RTL/Le Figaro/LCI: 

Il faut remettre l'église au milieu du village. Le problème dans cette affaire ce n'est pas l'Europe, c'est la Turquie.

On murmure dans les couloirs européens que le parlement va demander aux deux protagonistes européens du "Sofagate" de présenter leur solution destinée à ce que ce genre de couac protocolaire ne se présente plus à l'avenir. 


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